En poursuivant votre navigation, vous acceptez l'utilisation de cookies à des fins statistiques et de personnalisation. En savoir plus
×
ARCHIVES

Gendarmes tuées : le suspect voulait recommencer à zéro

Edité par
le 19 juin 2012 à 12h27 , mis à jour le 19 juin 2012 à 16h11.
Temps de lecture
4min
Le suspect des meurtres des deux gendarmes à Collobrières dans le Var se trouvait "dans un état alcoolisé" lors de son arrestation sur un parking non loin du lieu du crime

Le suspect des meurtres des deux gendarmes à Collobrières dans le Var se trouvait "dans un état alcoolisé" lors de son arrestation sur un parking non loin du lieu du crime / Crédits : AFP

A lire aussi
Faits diversCe colosse de 30 ans déjà connu de la justice a reconnu être l'auteur des coups de feu qui ont coûté la vie aux deux femmes gendarmes dimanche soir à Collobrières, dans le Var. Un hommage sera rendu aux deux militaires vendredi.

Le suspect va être déféré. L'homme, placé en garde à vue après la mort de deux femmes gendarmes dimanche soir à Collobrières (Var), a reconnu être l'auteur des coups de feu. Le tueur présumé et sa compagne devraient être déférés mardi en fin de journée.
 
Le scénario du drame. Les deux femmes étaient intervenues dimanche peu avant 23 heures pour régler un différend à la suite du vol d'un sac à main. Selon les premiers éléments de l'enquête, l'homme a tiré deux coups de feu sur Audrey Berthaut, avant de poursuivre sa collègue et de tirer six balles dans sa direction, a expliqué le procureur de la République de Toulon qui, dans ce second cas, a retenu "une volonté de donner la mort par préméditation". Pour commettre son crime, il s'est emparé de l'arme de service de sa première victime à l'issue d'une rixe. Il a ensuite subtilisé l'arme de la seconde, et s'est débarrassé des deux plus tard. "Il n'a pas expliqué les raisons précises qui l'ont poussé" à agir, a dit le procureur.
 
"Dans un état alcoolisé". Le suspect se trouvait "dans un état alcoolisé" lors de son arrestation vers 3 heures du matin sur un parking non loin du lieu du crime, au terme d'un quadrillage mené par les gendarmes dans le village bouclé. Il n'a opposé aucune résistance, a précisé le colonel Bitouzet, du groupement de gendarmerie du Var. Son taux d'alcoolémie, qui s'élevait à 0,23 mg par litre d'air, peut être estimé au double au moment des faits.
 
Un colosse déjà connu de la police. Agé de 30 ans, ce colosse d'1,80 m avait été condamné à plusieurs reprises depuis 2000 pour infraction à la législation sur les stupéfiants et vols, le meurtrier présumé était sorti de prison en septembre après six ans d'incarcération. La semaine dernière, il avait été condamné à six mois avec sursis-mise à l'épreuve pour violences sur sa mère. "Il devient fou quand il boit... Qu'ils l'amènent dans un hôpital psychiatrique, il est malade, il est malade", a témoigné celle-ci au micro d'Europe 1.

Un homme "incontrôlable". Son frère a décrit, devant des journalistes, un homme "incontrôlable", tombé en pleine "déchéance", malgré le soutien de sa famille. "Il n'y a rien à comprendre, c'est d'une stupidité, c'est aberrant", a-t-il déclaré. "Il était incontrôlable, psychologiquement abattu, il a tué les gendarmes mais il aurait pu tuer ma mère, ma soeur ou moi."  "C'est un garçon qui a fait pas mal d'années de prison, c'est la déchéance. Je parlais pas mal avec lui, j'essayais de le recadrer, j'essayais de l'avoir avec moi une bonne partie du temps quand il est sorti de prison pour le stabiliser", a raconté le frère du suspect.

Aucun dysfonctionnement, dit le ministère. Le ministère de la Justice n'ordonnera aucune inspection ou enquête administrative. "Il n'y a rien qui le justifie", a dit le porte-parole du ministère de la Justice. Le Front national et des groupements proches de la droite, comme l'Institut pour la justice, ont estimé qu'une faute avait été commise. La famille du meurtrier dit qu'il aurait du être interné en psychiatrie.
 
Celui qui voulait redémarrer sa vie à zéro. Il habitait depuis peu Collobrières, village de 2.000 habitants enclavé dans le massif des Maures, où réside sa tante, a ajouté le procureur, précisant que les enquêteurs examinaient d'autres cambriolages perpétrés dimanche pour déterminer s'il pouvait en être l'auteur. Une commerçante racontait lundi qu'un de ses amis avait pris en flagrant délit un cambrioleur à son domicile, lequel l'avait même mordu. Deux patrons de bars ont par ailleurs signalé qu'il était un gros joueur de jeux du hasard. "J'ai vu le gars avec le pistolet à la main, il était ivre, il divaguait", a relaté une voisine ayant assisté au drame. Reste enfin à déterminer le rôle de sa compagne d'une vingtaine d'années, également en garde à vue, qu'il connaissait de fraîche date.
 
Une première dans l'histoire de la gendarmerie. C'est la première fois dans l'histoire de la gendarmerie, où ce double meurtre a suscité une vive émotion, que deux femmes gendarmes sont tuées dans une même opération. Pour l'Union nationale du personnel en retraite de la gendarmerie, "cette tragédie met l'accent sur la nécessité de disposer des moyens suffisants pour assurer une surveillance continue sur toute l'étendue du territoire".
 
Un syndicat de police pour des peines planchers. Alliance (second syndicat de gardiens de la paix) a demandé mardi des "peines dissuasives" pour les "agresseurs et assassins" de policiers et de gendarmes posant à cet égard la question des "peines planchers". "La protection des serviteurs de l'Etat passe par la mise en place de peines dissuasives, d'une fermeté exemplaire et incompressibles (...) contre les agresseurs et assassins" de policiers et de gendarmes, écrit-il dans un communiqué.

 

Regardez le témoignage du frère du suspect :

Commenter cet article

      Nous suivre :
      Comment Valls utilise Fleur Pellerin pour éviter de poser seul avec Zahia

      Comment Valls utilise Fleur Pellerin pour éviter de poser seul avec Zahia

      logAudience