Le site Copwatch. © TF1/LCIClaude Guéant l'annonce dans les colonnes de La Voix du Nord : le ministre de l'Intérieur compte très prochainement "redemander" la fermeture du site internet de fichage des policiers Copwatch car "un site qui incite à la haine à l'égard des policiers est inacceptable".
La justice bloque Copwatch
Le tribunal des référés de Paris a ordonné vendredi aux fournisseurs français d'accès à internet de bloquer l'accès, à partir du territoire français, au site internet qui fiche policiers et gendarmes au nom de la lutte contre les "violences policières".
Publié le 14/10/2011
"Copwatch" : l'Intérieur multiplie les pressions
Après le dépôt de plaintes en diffamation contre le site Copwatch, qui donne des informations sur policiers et gendarmes, le ministère de l'Intérieur a déposé un référé d'heure à heure pour obtenir son blocage par les fournisseurs d'accès.
Publié le 07/10/2011
Bloqué en octobre 2011 après un référé du ministre de l'Intérieur, le site, qui revendique une lutte "par l'information contre les violences policières", a été réactivé mardi, à partir d'une nouvelle adresse. "Le ministère de l'Intérieur français a voulu nous interdire. Il a échoué", a-t-il annoncé, en promettant de lutter contre "la répression des forces de sécurité françaises". Une promesse qui a aussitôt suscité des réactions syndicales policières indignées. Alliance (second syndicat de gardiens de la paix), par la voix de son secrétaire général adjoint, Frédéric Lagache, a notamment évoqué une future sanction par les tribunaux à ses yeux "inéluctable".
Des pratiques nuisent à "la sécurité de policiers"
Le "copwatch" (littéralement, surveillance de flics) est une pratique lancée aux Etats-Unis par le mouvement des Black Panthers dans les années 60. Et elle est encore aujourd'hui bien implantée outre-Atlantique, notamment grâce au web. En France, le site Copwatch-Nord-Ile-de-France, avant son blocage sur décision de justice, avait publié des photos de policiers et de gendarmes, parfois leurs noms, en leur attribuant des propos et en portant sur eux des appréciations. Ainsi, un brigadier dont, selon Alliance, le nom était affiché sous sa photo, avait été qualifié de "stratège des guet-apens et chasses aux pauvres" qui "n'hésite pas à faire tabasser des personnes sur les marchés" et "les placer en garde à vue". Mais les informations diffusées sur le site avaient parfois aussi été tirées des pages personnelles des fonctionnaires laissées sur différents réseaux sociaux.
Pour Claude Guéant, de telles pratiques sont "extrêmement graves" car elles mettent "en cause la sécurité de policiers et de leurs familles au motif de dénonciations dont on ne sait pas sur quoi elles reposent". Le ministre ajoute dans La Voix du Nord que "pour veiller à la déontologie policière, il y a la justice, la hiérarchie, la commission nationale de déontologie de la police".
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