Vague d'indignation après l'incendie de Charlie Hebdo

le 02 novembre 2011 à 09h18 , mis à jour le 02 novembre 2011 à 21h06

Les réactions se multiplient après la destruction des locaux du journal satirique. Copé dénonce un "attentat contre un journal", NKM fustige les "ennemis de la démocratie". Le président du CFCM "condamne fermement" tout en "étant vigilant sur l'origine de l'incendie".

Le siège de Charlie Hebdo incendié : les images des dégatsDécouvrez les images de l'intérieur de la rédaction de Charlie Hedbo, ravagée par un incendie mercredi matin. Une enquête est en cours pour déterminer les circonstances exactes de l'incendie. © LCI

  Les réactions pleuvait mercredi après-midi tandis que la rédaction de Charlie Hebdo était reçue dans les locaux de Libération après l'incendie criminel de son siège (lire notre article > Le siège de Charlie Hebdo détruit par un incendie criminel), pour discuter de son installation temporaire dans les murs et des moyens à mettre en oeuvre pour que l'hebdo paraisse la semaine prochaine (l'hebdomadaire satirique doit par ailleurs réaliser 4 pages, Une comprise, du quotidien de jeudi). Première personnalité politique à réagir, dès mercredi matin, l'ancienne ministre Christine Boutin, présidente du Parti chrétien-démocrate et candidate à la présidentielle, a condamné cet acte sur i-Télé. C'est là une attaque qui "manifeste un symptôme de violence", a-t-elle souligné, faisant valoir que "la liberté de la presse et d'expression sont importantes pour notre pays".
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Xavier Bertrand, le ministre du Travail et de la Santé, s'est déclaré pour sa part sur RTL "profondément choqué" (...) parce qu'un journal ce n'est pas une activité comme les autres, c'est la liberté d'expression". "Il est nécessaire que tous autant que nous sommes, quelles que soient nos sensibilités, nous condamnions avec la plus grande force ce qui n'est rien d'autre qu'un attentat contre un journal dans un pays qui doit incarner la liberté d'expression", a renchéri le patron de l'UMP, Jean-François Copé, sur Europe 1. "Les intimidations dont a fait l'objet Charlie Hebdo ces derniers jours et l'attaque de sa rédaction (...) sont intolérables", a affirmé le ministre de la Culture Frédéric Mitterrand, estimant qu'"il n'y a pas de démocratie sans irrévérence, sans parodie ou sans satire".

Nathalie Kosciusko-Morizet, la ministre de l'Ecologie, a estimé que ceux qui ont incendié les locaux de Charlie Hebdo et piraté son site internet sont des "ennemis de la démocratie". François Fillon a fait part de son "indignation" et a demandé au ministre de l'Intérieur que "toute la lumière soit faite" et que "les auteurs soient poursuivis". De son côté, Claude Guéant, qui s'est rendu sur place et a utilisé le mot "attentat",  a appelé "tous les Français à se sentir solidaires" de Charlie Hebdo, "un journal qui exprime par son existence et par sa façon d'être la liberté de la presse". L'équipe de campagne de Marine Le Pen affirme de son côté qu'il est "temps que les pouvoirs publics réagissent fermement" à cette nouvelle forme de "terrorisme".

"Tout à fait répugnant"

Mêmes dénonciations à gauche : "Si c'est un incendie volontaire, c'est tout à fait répugnant, je veux dire ma sympathie mon affection à l'équipe de Charlie Hebdo, je suis sûr que le journal va trouver la force en lui de rebondir", s'est indigné Jean-Luc Mélenchon, le candidat du Front de gauche à la présidentielle, sur Europe 1. François Hollande, le candidat socialiste à la présidentielle, a exprimé son "indignation" par un communiqué dans lequel il "adresse toute sa solidarité à ce journal, sa rédaction et ses lecteurs" tout en fustigeant, lui aussi, une "atteinte à la liberté de la presse". Le maire PS de Paris, Bertrand Delanoë, s'est dit "révolté" et a proposé d'apporter son aide pour que le journal satirique retrouve de nouveaux murs.

Du côté du monde du journalisme, le Syndicat Professionnel de la Presse Magazine d'Opinion (SPPMO) a dénoncé un "odieux attentat", fustigeant "une atteinte à la liberté de pensée". Quant à Nicolas Demorand, directeur de la rédaction de Libération, il a invité les journalistes de Charlie Hebdo à s'installer dans les locaux de son quotidien - invitation qu'ils ont acceptée. Le Nouvel Obs avait proposé, aussi sur twitter, de les héberger "par solidarité". "Ceux qui brûlent des journaux, brûlent la liberté et la démocratie", écrit Patrick Le Hyaric, directeur de l'Humanité, faisant part de la "solidarité active" de sa rédaction. Le philosophe Bernard-Henri Lévy estime que "ce n'est pas juste la liberté d'expression qui est en cause. C'est le droit au blasphème. C'est le droit imprescriptible de rire de toutes les religions". Et du côté des associations, Dominique Sopo, président de SOS Racisme, a voulu défendre "l'idée d'un droit au blasphème. Nous avons le droit dans un pays de liberté de la presse de dénoncer les dogmes de toutes les religions". Il s'est toutefois voulu prudent sur les responsabilités : "On ignore si c'est une provocation des intégristes islamistes ou des provocateurs d'extrême droite, l'enquête le dira".

Alors que le journal avait déjà reçu des menaces lors de la publication des caricatures de Mahomet en 2006, qui avait fait scandale, et avait de nouveau reçu des messages menaçants à propos de son numéro de cette semaine ayant intronisé Mahomet "rédacteur en chef" pour "fêter la victoire" du parti islamiste Ennahda en Tunisie, le président du Conseil français du culte musulman, Mohammed Moussaoui, a lui aussi "condamné fermement" l'incendie de Charlie Hebdo si son caractère criminel est confirmé. "Tout en étant vigilant sur l'origine de l'incendie", a souligné le président du CFCM. Il a par ailleurs jugé la Une de cette semaine, avec une caricature de Mahomet, moins "violente" que celles que l'hebdomadaire satirique avait publiées en 2006.

le 02 novembre 2011 à 09:18
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9 Commentaires

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  • zoroastran, le 03/11/2011 à 11h39

    Il devrait sortir en plus de Charlie Hebdo un hors série Charia Hebdo avec Mahomed genre The world seen by mahomed, deux ou trois fois par an xD

  • saneman, le 03/11/2011 à 07h39

    On n'entend pas Martine Aubry, bizarre, bizarre ..

  • 1peu2rififi, le 03/11/2011 à 03h11

    Arretez de victimiser votre egerie elle est partie chercher de l'argent pour sa campagne aux Etats Unis et si vous avez lu l'article,j'en doute,son equipe de campagne s'est prononcee.

  • 421123, le 03/11/2011 à 02h29

    La Démocratie n'est pas négociable!

  • dameiris, le 02/11/2011 à 18h12

    Première fois de ma vie que je mets de l'argent dans ce magazine.

  • jaidesdoutes, le 02/11/2011 à 16h13

    Et celle qui fera allègrement 20% aux prochaines élections? on a pas droit à son avis? les journalistes auraient ils trop peur des réponses??? curieusement on a rarement pour ne pas dire jamais son point de vu alors qu'elle a tant de verités a dire.

  • auero, le 02/11/2011 à 11h17

    C'est pas le tout de dire c'est des ennemis de la democratie ,il faut les retrouver rapidement et les faire payer tres cher !!!!

  • barbac56, le 02/11/2011 à 10h55

    Achetons tous ce N° pour soutenir la démocratie !

  • ophalos, le 02/11/2011 à 10h21

    Je suis scandalisée et pourtant Charly Hebdo n'est pas ma tasse de thé (pas thé Lipton que je n'achète plus) Voltaire est bafoué -

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