Il est 11h27 jeudi matin. Le calme observé depuis plusieurs heures a laissé place à une salve violente de détonations (VIDEO : rafales de tirs lors de l'assaut ). Pour les journalistes présents sur place, difficile d'en savoir plus à ce moment-là. Pendant près de cinq minutes, les témoins aux abords de l'immeuble où est retranché Mohamed Merah, assassin présumé de sept personnes dans la région toulousaine, entendent de nombreux échanges de coups de feu. Des rafales de tirs de plus en plus nourris, entre le suspect et les hommes du RAID. Un policier expérimenté confie d'ailleurs n'avoir "jamais vu un assaut de cette violence". Un peu plus d'une demi-heure plus tard, Claude Guéant confirme le décès de l'homme de 23 ans.
Les hommes du RAID se sont engagés dans une guerre d'usure avec celui qui est enfermé dans un appartement depuis mercredi à 3h10 (Revivre le minute par minute ici). Après un dernier contact par talkie-walkie vers 22h45, le profil de Mohamed Merah a changé. Le suspect qui souhaitait se rendre indique alors qu'il "ne se laisserait pas faire et que s'il était pris, il tuerait des policiers", rapporte le ministre de l'Intérieur. Les grenades lancées contre l'immeuble, comme une intimidation, vers 23h35, n'y changeront rien. Mohamed Merah fait alors le mort une partie de la nuit, insinuant le doute sur le fait qu'il soit encore en vie. Vers 11h jeudi, les hommes du RAID décident alors d'intervenir. Ils entrent dans l'appartement par la porte et les fenêtres, dont les volets ont été explosés dans la nuit avec une extrême prudence.
Ils progressent pièce par pièce, "pas à pas", raconte un policier. RAS dans le salon, dans la chambre et les toilettes. Mohamed Merah est terré dans la salle de bains. "Il ne bougeait pas. Il attendait. Il les a laissés approcher jusqu'à ce qu'ils soient tout près", précise Claude Guéant. Au moment où les hommes du RAID y font pénétrer une petite caméra thermique, le suspect sort de sa cachette et ouvre le feu "avec une extrême violence", "en arrosant à l'arme de guerre". En cinq minutes, près de 300 cartouches sont tirées. "A la fin, Mohamed Merah a sauté par la fenêtre avec une arme à la main en continuant à tirer. Il a été retrouvé mort au sol", ajoute le ministre de l'Intérieur. Mortellement "touché par des snipers" postés sur les toits des immeubles voisins selon une source policière. Information confirmée par le procureur de Paris qui a indiqué que le suspetc avait continué à tirer en sautant du balcon. Il est mort d'une balle dans la tête. Les hommes du RAID, toujours cagoulés, quittent les lieux à 12h45. Soit leur plus longue intervention depuis "Human Bomb" en 1993, où le forcené était resté retranché 46 heures.








