En poursuivant votre navigation, vous acceptez l'utilisation de cookies à des fins statistiques et de personnalisation. En savoir plus
×
ARCHIVES

Article de Wikipedia supprimé : le ministère de l'Intérieur dément toute menace

par
le 07 avril 2013 à 13h00 , mis à jour le 07 avril 2013 à 13h34.
Temps de lecture
4min
Le logo de Wikipédia

Le logo de Wikipédia /

A lire aussi
Faits divers La Wikimedia Foundation a accusé samedi la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) d'avoir fait supprimer "sous la menace" un article de l'encyclopédie gratuite en ligne Wikipédia. Le ministère de l'Intérieur dément toute "menace".

La Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) a-t-elle fait supprimer "sous la menace" un article de l'encyclopédie gratuite en ligne Wikipédia, jugeant qu'il portait atteinte au secret de la défense nationale ?

Pour la Wikimedia Foundation, qui possède les serveurs hébergeant l'encyclopédie en ligne Wikipédia, cela ne fait aucune doute. Le ministère de l'Intérieur  a contesté dans la soirée auprès de l'AFP toute "menace". "Dans un état de droit, on ne peut pas assimiler à une menace l'engagement d'une procédure judiciaire" engagée sur un "passage qui pose problème à la sécurité nationale", relève-t-on place Beauvau.

L'article en question a pour sujet la station hertzienne militaire de Pierre-sur-Haute dont la notoriété sur le web était, jusqu'alors, proche de zéro.  L'histoire commence début mars.

Selon la Wikimedia fondation, organisation à but non lucratif qui héberge Wikipédia, la DCRI a réclamé la suppression de l'article en mars dernier. Motif invoqué ? L'article porte atteinte au secret de la défense nationale. Oui mais voilà, sur Rue89, Pierre-Carl Langlais, doctorant en sciences de l'information et de la communication, explique que la DCRI "agit en contradiction avec la loi française", et notamment l'article 413-9 du code pénal. Puisque, ajoute-t-il, "il n'est pas concevable d'exiger le retrait d'une information classifiée si l'on n'offre pas la preuve de sa classification". La Wikimedia fondation oppose donc un refus aux services de renseignement français.

"Stupeur face aux agissements" de la DCRI

Mais ceux-ci n'en restent pas là. La Wikimedia fondation affirme dans un communiqué diffusé en ligne qu'"insatisfaite de cette décision, la DCRI a convoqué dans ses locaux, ce jeudi 4 avril 2013, un contributeur bénévole de Wikipédia, faisant partie des personnes ayant accès aux outils pour supprimer des pages sur l'encyclopédie". "Ce bénévole a été contraint de supprimer devant les agents l'article incriminé, sous peine d'être placé sur le champ en garde à vue et mis en examen", ajoute le communiqué. Alors que "ce bénévole n'a aucun rapport avec l'article incriminé : il n'est pas l'auteur du contenu de l'article concerné, et a découvert son existence dans les locaux de la DCRI", poursuit le communiqué. Résultat, "Wikimédia France tient à signifier sa totale incompréhension et sa stupeur face aux agissements" de la DCRI.

Selon la version de l'Intérieur, "à la demande du parquet, sous le contrôle de l'autorité judiciaire" cette personne, après un refus initial de retirer l'article, "a été mise en garde contre le risque d'engagement de poursuites judiciaires" dont elle pourrait être l'objet "en tant que responsable juridique de Wikipedia France".
 

Conséquence de cette polémique, l'article qui existait depuis plusieurs années dans le plus complet anonymat, s'est offert une notoriété record.   En une journée samedi, la page a enregistré un nombre record de visites et vient d'être traduite en anglais. 

Commenter cet article

  • morob... : à romainyv : oui, mais là encore , vous êtes un rêveur...cette "égalité légale" n'arrivera jamais....je vous rappelle que pour raisons d'état on vous tue!!! alors...pour un simple article..."on".....ne va certainement pas mettre de gants!!

    Le 09/04/2013 à 07h52
  • morob... : à romainyv : vous vous attendiez à quoi? que le ministère de l'intérieur reconnaît avoir exercé des pressions? c'est comme si vous demandiez, il y a quelques temps, à cahuzac, de dire la vérité!!!

    Le 08/04/2013 à 07h59
  • romainyv : Sauf que ce n'est pas de cela dont il est question ici. La DCRI étant incapable de faire démontrer le caractère compromettant de l'article, elle décide donc d'ignorer le code pénal en faisant justice par ses propres moyens. La loi devrait d'appliquer à tous, citoyens comme agences gouvernementales.

    Le 08/04/2013 à 03h09
  • j.bon : Faut aller le chercher Cahuzac dans le sujet ! Vous n'avez rien contre sarkozy et wooerth tant qu'on y est !

    Le 07/04/2013 à 09h52
  • nossim : Quand des terroristes feront sauter des installation sensibles vous serez le premier a dire pourquoi la DCRI n'a rien fait. On peut pas les critiquer a raison quand ils n'arrêtent pas Merah mais dans le même temps les critiquer quand ils assurent la protection de nos installations sensibles. La démocratie ce n'est pas de tout dire si il y a des informations qui doivent rester confidentielles ce sont bien celles la.

    Le 07/04/2013 à 08h50
      Nous suivre :
      Extrait Sept à Huit. Sœur Christina : sur scène, "je me transforme"

      Extrait Sept à Huit. Sœur Christina : sur scène, "je me transforme"

      logAudience