Ce serait une histoire de vengeance. La femme déguisée en infirmière qui a poignardé mardi un médecin au CHU Henri-Mondor de Créteil l'aurait accusé "d'avoir tué son père" avant de l'agresser. Voilà ce qu'a affirmé mercredi à l'AFP Jean-Marc Devauchelle, représentant syndical Sud.
Un médecin poignardé à Créteil par une femme en tenue d'infirmière
Ce gastro-entérologue de 63 ans a été blessé de trois coups de couteau mardi après-midi. La femme qui l'a agressé aurait proféré des paroles de vengeance. Elle a pris la fuite.
Publié le 22/02/2011
"Elle est entrée dans son bureau et lui a dit : 'Vous avez tué mon père' avant de sortir un couteau de son sac et de se jeter sur lui", a déclaré cet homme, qui s'est entretenu avec le médecin dans la matinée. Une source judiciaire avait déjà annoncé mardi que des "paroles de vengeance" avaient été proférées par cette femme qui a réussi à prendre la fuite.
Chef du service de gastro-entérologie à Mondor, le professeur Jean-Charles Delchier a été frappé de trois coups de couteau mardi après-midi alors qu'il était dans son bureau. Il a dû subir une intervention chirurgicale mais était sur pied mercredi. "Son état, au lendemain de cette agression, n'inspire plus d'inquiétude. Il est prévu qu'il puisse sortir ce jour", a précisé la direction de l'hôpital.
"Ça peut arriver dans n'importe quel lieu de travail"
Selon le représentant syndical Sud, le Dr Delchier n'avait pas souvenir de l'avoir déjà rencontrée. "La femme lui a semblé déséquilibrée, pas dans son état normal. Elle avait une tenue d'infirmière et un sac de linge des hôpitaux de Paris", a poursuivi Jean-Marc Devauchelle, qui estime que des images de vidéo-surveillance pourraient être exploitées par les enquêteurs. L'examen des dossiers traités par le Dr Delchier devrait permettre de remonter facilement à la femme qui l'a agressé.
La direction a annoncé le renforcement du dispositif de sécurité et surveillance à l'hôpital. Selon une porte-parole, les rondes seront ainsi renforcées dans ce vaste établissement rendu célèbre par la première greffe du visage au monde en 2010, et dont une partie du personnel était mobilisée mardi contre un projet de restructuration des hôpitaux de Paris. "La communauté de Mondor est très choquée par ces événements", a souligné la direction, ajoutant qu'un accompagnement psychologique était mis en place dans le service d'hépato-gastro-entérologie. "C'est vrai que les gens sont choqués mais personne ne baisse les bras. Ça peut arriver dans n'importe quel lieu de travail", a commenté Augustin Mbala Samba, représentant CGT. La police judiciaire du Val-de-Marne est chargée de l'enquête.
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