Il avait déjà annoncé son intention de poursuivre les autorités françaises pour la mort de son fils. C'est désormais officiel : le père de Mohamed Merah, l'homme qui a tué sept personnes en mars à Toulouse et Montauban en se réclamant d'Al Qaïda, a déposé plainte à Paris pour "meurtre avec une circonstance aggravante" par l'intermédiaire de deux avocates. "Cette plainte a été déposée contre 'X' formellement et vise ceux qui ont donné les ordres, notamment le chef de la police nationale", à savoir Frédéric Péchenard, a indiqué lundi Me Isabelle Coutant-Peyre.
Mohamed Merah a été tué dans son appartement de Toulouse lorsque le Raid a donné l'assaut après une nuit de siège. La plainte sera traitée par le parquet. S'il la classe sans suite, un juge d'instruction pourra être saisi.
Deux mystérieuses vidéos
Début avril déjà, une avocate algérienne mandatée par le père de Mohamed Merah avait affirmé détenir des preuves de "la liquidation" du tueur de Toulouse. L'avocate avait évoqué l'existence de "deux vidéos identiques de 20 minutes chacune dans lesquelles Mohamed Merah dit aux policiers pourquoi vous me tuez? (...) ‘je suis innocent'. Des personnes au coeur de l'événement, et qui voulaient que la vérité éclate, m'ont remis ces vidéos". Elle avait alors précisé qu'elle en réservait la "divulgation" à la justice française et avait insisté sur leur authenticité. Selon l'avocate, "Merah (Mohamed) a été manipulé et utilisé dans ces opérations par les services français et a ensuite été liquidé pour que la vérité ne voie pas le jour".
Evidemment, cette version des faits va complètement à l'encontre de celle des autorités françaises. Dès le lendemain de la mort de Mohamed Merah, le Raid avait affirmé avoir "donné sa chance jusqu'au bout" au tueur réfugié dans son appartement. "Si un assaut a été lancé, c'est par Merah", avait déclaré le chef de cette unité d'élite de la police, Amaury de Hauteclocque. Le chef du Raid avait aussi affirmé que Mohamed Merah lui avait dit, après avoir interrompu les négociations: "je suis un moudjahidine, je veux mourir les armes à la main, vous allez m'abattre et je suis très fier, très honoré de lutter contre le Raid, je vais essayer d'(en) tuer le plus possible". De son côté, le procureur de Paris, François Molins, avait déclaré le 22 mars que "les premières constatations (permettaient) de confirmer toute la détermination de Merah et sa volonté d'en découdre avec les forces de l'ordre, quelles qu'en soient les conséquences pour lui comme pour les policiers".









