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Matchs truqués : l'image ternie du handball


le 01 octobre 2012 à 20h00
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4min
Nikola Karabatic of France celebrates after scoring during their men's preliminary round Group A handball match against Spain at the Beijing 2008 Olympic Games

Nikola Karabatic of France celebrates after scoring during their men's preliminary round Group A handball match against Spain at the Beijing 2008 Olympic Games August 16, 2008. REUTERS/Marcelo Del Pozo (CHINA) / Crédits : REUTERS

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Faits diversDeux titres olympiques et de champions d'Europe, quatre titres de champions du monde : depuis vingt ans, les handballeurs ont tout gagné et sont devenus le symbole d'une France qui gagne avec modestie. L'affaire des paris sportifs pourrait être un désastre pour leur image.

"Les Barjots", "les Bronzés", "les Costauds" et "les Experts", autant de qualificatifs qui ont fait entrer les handballeurs Français dans la légende du sport national. Car depuis vingt ans, ils ont tout gagné : deux titres olympiques, quatre titres de champions du monde, deux titres de champions d'Europe. Avec cette affaire de paris sportifs truqués, le réveil est donc d'autant plus dur (Lire notre article : Nikola Karabatic "en cause" pour 1.500 euros

Les handballeurs s'étaient déjà fait remarquer lors des derniers Jeux Olympiques. "Déjà le coup du plateau télé à Londres, ça faisait désordre", a rappellé l'ancien sélectionneur Daniel  Costantini en référence au démantèlement du plateau de L'Equipe TV par son successeur Claude Onesta, Nikola Karabatic et quelques autres champions olympiques au soir du sacre le 12 août dernier.

Un désastre en termes d'image

Claude Onesta a fini par s'excuser pour cet incident qui n'a finalement pas eu de conséquence grâce à la l'image positive d'un sport au sommet.  "Je pense que je ne serais plus là, moi, j'aurais dû démissionner", a seulement fait remarquer Didier Deschamps, le sélectionneur de l'équipe de France de football, quelques jours plus tard dans un entretien à L'Equipe.

Cette affaire de paris truqués est, elle, un désastre en termes d'image. "C'est une épreuve. On pouvait penser le hand à l'abri d'une affaire comme ça. La preuve que non", admet Joël Delplanque, le président de la Fédération française qui n'a cessé de mettre en avant ces dernières années les "valeurs" accompagnant les succès à répétition des Bleus. 

Le symbole d'une France qui gagne

Avec un salaire mensuel brut de 6.000 euros en moyenne en D1, le handballeur était érigé en contre-exemple des millionnaires du football.  D'autant que, même les rares exceptions qu'on pourrait rapprocher du "star système", comme Nikola Karabatic et son salaire annuel de 500.000 euros, restaient des personnages humbles et accessibles.

Habitués à prendre la pause sur le perron de l'Elysée, les "Experts" étaient devenus le symbole de la France qui gagne en toute modestie. "Le jour où on va perdre les valeurs, où le fric nous aura fait devenir con, on sera mort. Les discussions que j'ai avec mes deux sélectionneurs tournent toujours autour de : Comment garder les valeurs, comment rester nous-mêmes, rester humbles, au service du groupe?", expliquait le directeur technique national Philippe Bana à l'AFP en décembre.

"Nos valeurs, on ne les renie pas"

Relancé par l'AFP lundi, Philippe Bana a déclaré : "Nos valeurs, on ne les renie pas", tout en appelant à "arrêter les amalgames insupportables" et de confondre les errements présumés de quelques personnes avec un sport qui "fait jouer tous les samedis un demi-million de personnes et qui se porte bien".   "Il ne faut pas mettre tout le monde dans le même panier", a également déclaré à l'AFP Jérôme Fernandez, le capitaine de l'équipe de France, qui parle d'une "bêtise de quelques joueurs".

"Karabatic s'est comporté comme un petit con", fustige, lui, Daniel Constantini, ancien sélectionneur de l'équipe de France. "Ça reste des actes isolés et on saura montrer que le handball ce n'est absolument pas ça", a indiqué le directeur général de la Ligue, Etienne Capon. Mais M. Bana a convenu que l'"on est dans un monde où l'argent existe, où il y a des tentations et nous il faut qu'on se batte contre ça." 

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