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Médiator : deux informations judiciaires ouvertes

Edité par
le 18 février 2011 à 21h37 , mis à jour le 18 février 2011 à 21h43.
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3min
Mediator diabète

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Faits diversCe médicament du laboratoire Servier, présenté comme un antidiabétique mais parfois prescrit comme coupe-faim, aurait fait de 500 à 2.000 morts en France entre 1976 et 2009.

Des juges d'instruction parisiens vont être chargés de deux informations judiciaires pour "tromperie aggravée" et "homicides involontaires" dans l'affaire du Mediator, un anti-diabétique des laboratoires Servier qui pourrait être à l'origine de plusieurs centaines de décès. Le parquet de Paris avait déjà diligenté début janvier une enquête préliminaire confiée aux gendarmes de l'Office central de lutte contre les atteintes à l'environnement et à la santé publique (Oclaesp). Pour l'avocat du laboratoire Servier, Me Hervé Témime, le "parquet a tout à fait raison d'ouvrir ces informations". C'est une "décision tout à fait normale au service de la recherche de la vérité", a-t-il dit à France Info.
 
Le Mediator a été retiré du marché en novembre 2009 en raison des risques cardiaques encourus par les patients. Destiné aux diabétiques en surpoids, mais largement prescrit comme coupe-faim, il a causé 500 à 2.000 décès, selon plusieurs études. Plus de 300 plaintes ont été déposées à Paris dans ce dossier, auxquelles se sont jointes l'assurance-maladie, la Mutualité française, ainsi que l'association UFC Que Choisir.
 
Un procès pénal en septembre
 
La première enquête vise les chefs de "tromperie aggravée par la mise en danger de l'homme, ainsi que ceux d'ingérence et de prise illégale d'intérêt pour la période du 23 novembre 1973 (date de la demande d'autorisation de mise sur le marché) et jusqu'au 20 juillet 2010 (date du retrait effectif et définitif du marché)", a précisé le parquet dans un communiqué. La seconde information concerne des faits présumés "d'homicides involontaires par violation manifestement délibérée d'une obligation de sécurité ou de prudence imposée par la loi ou le règlement et de blessures involontaires aggravées ayant entraîné une incapacité", a précisé le parquet.
 
Le procureur de Paris, Jean-Claude Marin, avait toutefois pointé en janvier dans le cas de l'homicide involontaire la nécessité de prouver pour chaque cas le lien de causalité entre la maladie et la prise du médicament. Les juges disposeront des investigations menées par les gendarmes, qui ont déjà procédé à plusieurs auditions, dont celle d'Irène Frachon, la pneumologue à l'origine de la révélation du scandale. Ils se sont également fait remettre de nombreux documents par Servier.
 
Le groupe pharmaceutique et son fondateur, Jacques Servier, 88 ans, ont d'autres rendez-vous judiciaires dans cette affaire. Un premier procès pénal se tiendra fin septembre pour "tromperie aggravée" à Nanterre. Le groupe et son fondateur ont été cités à comparaître par des patients. Le groupe et son fondateur ont d'ores et déjà promis une dotation de 20 millions d'euros pour indemniser les victimes de ce scandale qui a ébranlé le système sanitaire français. Le ministre de la Santé, Xavier Bertrand, a estimé le 15 février que cette dotation n'était "qu'un début".

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