"Je suis le messager d'Allah", a lancé le 21 mars Mohamed Merah au officiers du Raid, pendant le siège de son domicile. Dans ce document consulté par l'AFP, le tueur au scooter, accusé de sept meurtres à Toulouse et Montauban, revendique clairement sa proximité avec les talibans.
"J'en ai pas tué assez", a aussi dit Mohamed Merah, qui évoque ses liens avec le milieu du grand banditisme pour trouver des fonds, lors des négociations menées avec les hommes du Raid et de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI). Le forcené évoque également les "repérages" qu'il avait faits à Toulouse et sa région avant les meurtres, selon le procès verbal dressé par un officier de police sur place.
"J'ai décidé de taper la France"
Début du siège à 3h12 : "Nous percevons en provenance de l'immeuble dans lequel se déroule l'intervention, des tirs d'armes à feu", raconte l'officier. Une heure plus tard, à 4H15, l'équipe du SRPJ se rapproche de celle du Raid "pour y constater tout élément pouvant intéresser l'enquête ainsi que les paroles outrageuses et menaçantes" que Mohamed Merah "prononce à leur encontre", ajoute-t-il.
A 4H20 : le chef du Raid fait savoir qu'ils "ont essuyé provenant de l'appartement de Merah des tirs" et qu'un de ses hommes est blessé au genou. L'officier retranscrit les déclarations de Mohamed Merah "les plus marquantes" : "J'en ai pas tué assez", "Je soutiens Al Qaida", "Je me suis engagé à intégrer les groupes de combat", "Je suis allé au Pakistan cet été", "J'ai décidé de taper la France", "Je suis allé en Algérie, Irak, Syrie", "Je vous ai tapé la France", "J'ai un 9mmn, un Uzi et un 45", "Arrête de me passer la pommade" , "Je suis le messager d'Allah, j'ai combattu pour Allah".
Les hommes du SRPJ, chargés de faire un rapport sans prendre part aux négociations, décident ensuite d'enregistrer, à l'aide d'un Iphone, les dialogues entre les policiers et Merah, tué dans l'assaut final le 22 mars. La transcription intégrale de ces enregistrements n'a pas encore été versée au dossier. "Une partie du dialogue est quasi inaudible et deux experts travaillent à la transcription", a indiqué à l'AFP une source proche de l'enquête.
Les trois juges chargés de l'enquête ont indiqué aux familles des victimes, reçues à tour de rôle depuis la mi-mai, qu'elles seraient versées au dossier en septembre, a précisé cette source.







