© TF1 News / Steve MarquesLe sinistre a été provoqué par un feu de poubelle contre la façade arrière du bâitment. Une salle de prière musulmane a été partiellement incendiée tôt jeudi matin à Montbéliard (Doubs), un acte signé par un mystérieux groupuscule dénommé "Les échappées belles" et qui a été condamné par des responsables du culte musulman.
Tout un pan de mur a été incendié, sans se propager à l'ensemble du bâtiment, selon les pompiers. Le gérant du lieu de culte a découvert le sinistre en venant ouvrir la salle à 5 heures et a alerté les pompiers, a expliqué Oahi Gherabi, le président de la mosquée, qui avait déjà été visée par un incendie en octobre. Le responsable, qui a dénoncé un "acte lâche", "islamophobe" et "raciste", a déposé plainte. La cloison de la mosquée devait être réparée dans la matinée et les locaux sont en état de servir, selon une source policière. Sur place, les enquêteurs ont retrouvé des papiers portant la signature "Les échappées belles". On peut y lire "A bas l'injustice", "Que la police fasse son travail" et "On veut une justice juste", mais sans mentions à caractère raciste, a indiqué la procureure de Montbéliard. Cette signature n'est pas inconnue. Elle avait déjà été laissée sur une feuille portant l'inscription "Y en a marre des bougnoules qui nous agressent le samedi après-midi" après l'incendie début octobre d'un fourgon garé devant la mosquée, a-t-elle ajouté.
"Ca commence à aller très loin"
Une instruction judiciaire a été ouverte à la suite de ces incendies et de plusieurs autres sur des chantiers dans le secteur de Montbéliard, tous revendiqués par le groupe et avec la même écriture. "Les enquêteurs travaillent sur plusieurs hypothèses, dont celle d'un groupe désorganisé de filles. La seule inscription raciste retrouvée est celle de l'incendie du fourgon, les autres portent plutôt sur l'actualité, la justice ou la police", a expliqué la magistrate.
Outre le directeur de la mosquée visée, d'autres responsables musulmans ont condamné un acte "lâche et raciste". Le président de l'Observatoire de l'islamophobie, Abdallah Zekri, a appelé les pouvoirs publics "à prendre des mesures efficaces parce que cela commence à aller très, très loin". Selon lui, 24 lieux de culte musulman ont été dégradés en 2011, dont la mosquée de Saint-Amand-les-Eaux (Nord) recouverte de crois gammées dimanche, jour de l'Aïd al-Adha (fête du Sacrifice). Le recteur de la Grande mosquée de Paris, Dalil Boubakeur, a estimé pour sa part dans un communiqué que l'incendie "révèle un acharnement qui inquiète tous les musulmans de France". Le Conseil français du culte musulman (CFCM) a exprimé sa "profonde indignation et son inquiétude face à la recrudescence de ces actes islamophobes qui portent atteinte à la sécurité de lieux de prière et de recueillement".
Du côté des politiques, Martine Aubry, première secrétaire du Parti socialiste, a "condamné fermement" jeudi l'incendie, appelant à "refuser la banalisation du racisme".
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