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Morgue de Lens : elles en appellent au ministre de la Justice


le 16 juillet 2012 à 16h58 , mis à jour le 16 juillet 2012 à 17h05.
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Faits divers18 familles sont engagées dans une procédure judiciaire contre deux médecins légistes, qu'ils accusent d'avoir traité les dépouilles de leurs proches comme des animaux et de leur avoir rendu des corps "non restaurés".

"On nous a rendu des carcasses sanguinolentes, des quartiers de viande dans des cercueils!", criait lundi dans un mégaphone, près du ministère de la Justice, Hervé Louvrié, à la pointe du combat contre les dysfonctionnements dans l'ancienne morgue de Lens (Pas-de-Calais).
 
Hervé Louvrié et Marie-Christiane Daugimond, présidente de "l'association des victimes des autopsies médico-légales irrespectueuses de la dignité humaine", en guerre elle contre l'institut médico-légal de Garches (Hauts-de-Seine), étaient venus crier leur colère et demander le soutien de la ministre de la Justice, Christiane Taubira.
 
Des pratiques douteuses de restauration des corps
 
Les manifestants n'étaient que deux, mais faisaient beaucoup de bruit, et leurs grandes photos en couleur suffisaient à soulever le coeur et l'indignation des passants. Ils disaient représenter dix-huit familles engagées dans une procédure judiciaire contre deux médecins légistes de l'ancien institut médico-légal de Lens, qu'ils accusent d'avoir traité les dépouilles de leurs proches comme des animaux et de leur avoir rendu des corps "non restaurés". "Il y a aussi eu des corps échangés, ou plutôt des morceaux de corps", a affirmé Hervé Louvrié.
 
Le 7 juin dernier, le tribunal correctionnel de Béthune (Pas-de-Calais) a coupé court à leur action, estimant qu'il y avait prescription. Ils ont fait appel. "Il ne peut pas y avoir prescription pour des centaines de cadavres !" s'est indigné Hervé Louvrié, qui dit vouloir rendre à son épouse, qui s'est suicidée en 2008, "la dignité qu'on lui a volée sur un étal de boucher".
 
L'institut médico-légal de Lens, mis en cause pour des pratiques douteuses de restauration des corps, avait été fermé à la fin décembre 2008, après une enquête administrative liée aux actions en justice engagées par Hervé Louvrié.

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