Quoiqu'il en soit, dans l'entourage de la victime, c'est le désarroi. Les proches d'Anne Caudal ont annoncé qu'une marche silencieuse se tiendra vendredi soir à Ploërmel en son hommage et celui de son bébé. Le départ s'effectuera à 18 heures de la jardinerie du Lac, où elle travaillait, et se dirigera vers le lac au Duc de Taupont-Ploërmel.
Double vie
Reste désormais à faire avancer l'enquête et comprendre les circonstances d'un tel drame. Trois semaines après la disparition d'Anne Caudal, Christophe avait commencé à passer à des aveux partiels mercredi. Ce père de deux enfants, âgé de 42 ans, et son épouse du même âge avaient été placés en garde à vue mardi matin car "il y avait des points qui ne correspondaient pas" dans leurs déclarations, selon le parquet. L'épouse est passée aux aveux la première, ce qui a ensuite poussé le suspect principal "à commencer à reconnaître les faits", en invoquant une dispute qui aurait mal tourné, selon la même source. Dans la nuit de mardi à mercredi, cette femme a conduit les enquêteurs jusqu'au corps, dans un endroit isolé, à une quinzaine de km du domicile de la victime.
Elle est soupçonnée d'avoir aidé son mari à transporter le corps, retrouvé près d'une carrière désaffectée au lieu-dit Epron, à une quinzaine de kilomètres du lotissement de Bruz où Anne Caudal vivait avec son compagnon depuis le mois de mai. Christophe "partageait son temps entre ses deux foyers" selon des proportions variables, a précisé le parquet : une double vie entre sa future victime et son épouse, qui peut avoir été "l'élément déclencheur" d'une dispute qui a mal tourné, a relevé une source proche de l'enquête.
"Des gens simples"
Anne Caudal "a peut-être découvert qu'il continuait de mener une double vie, mal réagi au fait qu'il n'était pas prêt à vivre avec elle" en quittant son épouse. "Les choses semblaient compliquées au sein du couple. Il avait pris un avocat pour divorcer, mais ils vivaient toujours ensemble", selon la même source. Le corps de la jeune femme, tuée le 7 juillet, a été transporté avant que celui qui allait devenir le suspect du meurtre ne donne lui-même l'alerte, le 10 juillet, auprès des gendarmes. "Le lendemain, il a demandé à son épouse de l'aider à déplacer le corps, puis les jours suivants, à le porter à l'endroit où il a été découvert calciné", selon un communiqué mercredi du parquet.
Pour confondre le couple présenté comme des "gens simples", les enquêteurs de la section de recherche de Rennes ont bénéficié d'un témoignage déterminant, celui d'un autre couple qui a vu "un véhicule autour d'un étang" et relevé l'étrange ballet de ses occupants. Outre les interrogations et contradictions nées des premiers interrogatoires, des éléments matériels ont été retrouvés dans les véhicules du couple, notamment des traces ADN qui suggèrent qu'ils ont servi à transporter le corps. "L'affaire paraît bien calée", résume un enquêteur.








