Après la hausse de 21% de la mortalité sur les routes en janvier, des résultats qu'il a lui-même jugés "préoccupants", Brice Hortefeux doit présenter ce jeudi "un plan de lutte contre l'insécurité routière". Dès mercredi soir la Ligue contre la violence routière et le professeur Claude Got avaient lié cette augmentation au débat en cours depuis quatre mois sur l'assouplissement du permis de conduire à points. Le Parlement a définitivement adopté dans la soirée le projet de loi sur la sécurité intérieure (Loppsi 2) avec un volet sur le permis à points. Il prévoit les dispositions suivantes: réduction à six mois (au lieu d'un an) du délai pour récupérer un point, et à deux ans (contre trois) celui de récupération de l'intégralité des points, sauf infractions et délits (conduite en état d'ivresse...) pour lesquels la règle reste inchangée; réduction du délai entre les stages (un tous les ans, contre un tous les deux ans) pour récupérer les points perdus.
Hausse de la mortalité sur les routes pour le 3e mois consécutif
308 personnes ont perdu la vie sur les routes de France métropolitaine en mars, soit une hausse de 2,7% par rapport à mars 2010, "du fait d'une forte hausse de la mortalité des usagers de deux-roues motorisés", a indiqué la Sécurité routière.
Publié le 11/04/2011
Plus de morts sur les routes en février
273 personnes sont mortes sur les routes de France le mois dernier. Il s'agit d'une hausse de 7,5% par rapport à février 2010. La hausse avait déjà été importante en janvier.
Publié le 09/03/2011
Tués sur les routes : Perrichon accuse les "politiques démagogues"
Le nombre des tués sur les routes a bondi de 21 % en janvier. Chantal Perrichon, présidente de la Ligue contre la violence routière en veut à Brice Hortefeux.
Publié le 09/02/2011
Morts sur les routes : des associations dénoncent
Le nombre des tués sur les routes a bondi de 21 % en janvier, suscitant l'indignation de défenseurs de la sécurité routière qui mettent en cause l'assouplissement du permis de conduire à points adopté mardi soir par le Parlement.
Publié le 09/02/2011
Ce jeudi, la Prévention Routière s'est émue de ces résultats "qui confirment malheureusement les conséquences que l'on pouvait prévoir" de ce débat. "Dans le passé, toutes les annonces d'assouplissement des contrôles et des sanctions se sont en effet irrémédiablement accompagnées d'une hausse de tués", relève l'association. L'exemple phare en la matière, c'est celui de 1988 : pour Claude Got, l'augmentation (27,04%) du nombre des tués en février de cette année était à relier à l'annonce d'une amnistie présidentielle prévue pour mai 1988. "L'usager réagit dans des délais très courts aux modifications de crédibilité de la réglementation", ajoute ce spécialiste de sécurité routière depuis 40 ans.
Le nombre de tués peut baisser... à quel prix ?
Des propos qui trouvent une confirmation dans l'attitude pour le moins ambigüe d'une majorité de Français par rapport au nombre de morts sur les routes. Un sondage Ipsos pour la Fondation Vinci Autoroutes montre que la plupart des Français pensent que ce nombre peut encore diminuer drastiquement dans les prochaines années ; mais seulement 5% des sondés disent n'avoir jamais de comportements dangereux au volant sur les longs trajets.
Dans le détail, selon ce sondage réalisé avant l'annonce de la hausse de la mortalité sur les routes en janvier, 55% des Français considèrent qu'après être passé au dessous des 4000 morts sur les routes en 2010, le nombre de tués en France "peut encore baisser de façon très importante dans les prochaines années". A l'inverse, 44% estiment qu'il "sera difficile de faire baisser beaucoup plus" ce chiffre, "la route étant nécessairement dangereuse". A 72%, ils pensent que la conduite sous l'emprise d'alcool ou de stupéfiants est la principale cause d'accidents mortels, devant la vitesse excessive (44%). L'alcool est effectivement la première cause de mortalité au volant. Le rôle de l'inattention (27%) et de la fatigue (18%) est lui sous-estimé, alors même que 62% des conducteurs disent avoir déjà rencontré des problèmes d'hypovigilance. Ainsi 34% ont déjà eu l'impression de s'assoupir quelques secondes au volant, 38% se sont déjà sentis "très fatigués" mais ont continué de rouler parce qu'ils y étaient "contraints". Si 74% estiment qu'il est "très dangereux" de conduire fatigué et qu'il "ne faut jamais le faire", 21% pensent que "c'est dangereux mais qu'on peut le faire si on est extrêmement prudent".
Sur les longs trajets d'au moins trois heures, seulement 5% des personnes affirment n'avoir jamais eu de comportements dangereux. Ainsi, 87% des sondés reconnaissent dépasser "fréquemment" de quelques km/heure la limitation de vitesse, 64% ne pas respecter les vitesses autorisées, 50% doubler sans clignotant. De même, 31% disent "fréquemment téléphoner" avec un kit main libres et 25% sans kit mains libres, 21% paramétrer leur GPS en roulant, et 12% envoyer des SMS et courriels en conduisant.
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