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Nonagénaire expulsée : "Elle a été déposée avec ses cartons et sa télé"

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le 08 janvier 2013 à 07h00 , mis à jour le 08 janvier 2013 à 08h48.
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3min
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Faits diversLa vieille dame expulsée de sa maison de retraite de Chaville pour 40.000 d'impayés se trouve désormais à l'hôpital privé d'Antony. Un de ses fils reconnaît au micro de RTL qu'une mésentente familiale pourrait être à l'origine du non-paiement des loyers.

Après avoir été expulsée à la veille du week-end de sa maison de retraite médicalisée de Chaville, dans les Hauts-de-Seine, pour aboutir aux urgences de l'hôpital de Châteaudun, Anne, 94 ans, a passé la nuit de lundi à mardi à l'hôpital privé d'Antony. C'est là qu'un de ses fils travaille, en tant que gynécologue. Elle devrait y rester quelques jours. Qu'arrivera-t-il ensuite ? Sans doute faudra-t-il trouver une autre maison de retraite. Celle de Chaville, après l'émotion suscitée par la situation de la vieille dame privée d'hébergement pour cause de loyers impayés, s'était empressée de proposer d'accueillir à nouveau son ex-pensionnaire, dont la chambre avait pourtant été réattribuée ; mais la famille d'Anne s'y est opposée.

Une enquête est désormais ouverte par l'Agence Régionale de Santé et devra établir comment la nonagénaire a pu se retrouver sans toit. La maison de retraite affirme qu'en près de deux ans, le prix de l'hébergement (de l'ordre de 124 euros) n'avait été pour ainsi dire jamais réglé, d'où une dette astronomique de 40.000 euros. Les proches de la vieille dame se veulent pour leur part très discrets. L'un de ses fils évoque au micro de RTL une mésentente familiale qui serait à l'origine du non-paiement des loyers. Ce qui, à ses yeux, n'excuse rien. "Ce que je reproche principalement à la villa Beausoleil, c'est d'avoir déposé ma mère avec ses cartons et sa télévision sans avoir prévenu la famille", a-t-il affirmé sur RTL. "Même s'il y a un différend financier qui existe certainement, elle n'avait pas à se comporter comme ça".

"Nous avons manqué à nos devoirs élémentaires"

La maison de retraite affirme pour sa part avoir tout fait pour débloquer la situation, avoir multiplié les relances auprès des enfants de sa pensionnaire, en vain. Un premier préavis avait été envoyé en recommandé fin novembre, suivi d'un courrier début janvier. L'établissement a également engagé une action auprès du juge des référés de Nanterre qui a ordonné le 31 octobre le paiement des arriérés. Sans effet. Jusqu'à ce vendredi où la maison de retraite avait décidé de transporter sa pensionnaire à Brou, dans l'Eure-et-Loir, où vit l'un de ses fils qui s'occupe administrativement de son dossier. Mais trouvant porte close, l'établissement avait décidé de la confier aux urgences de l'hôpital le plus proche.

"Une personne vulnérable a été expulsée sur décision du directeur à la veille d'un week-end, en période hivernale", a réagi la ministre chargée des Personnes âgées, Michèle Delaunay. "Tous les feux sont au rouge", a-t-elle estimé. "Elle a raison. Nous avons manqué à nos devoirs élémentaires", a platement reconnu l'un des responsables des maisons de retraite Villa Beausoleil, Richard Claverie. Mais la controverse est lancée : le Défenseur des droits, Dominique Baudis, condamnant "avec fermeté l'attitude la maison de retraite", a décidé de "s'auto-saisir de ce cas", tandis que le Parti communiste français (PCF) dénonçait "la loi du fric qui a primé sur le respect de la personne".

Pour l'heure, la vieille dame doit, à la demande de sa famille, subir un bilan de santé à l'hôpital privé d'Antony, "où elle est suivie médicalement depuis dix ans", comme le souligne le directeur général de l'établissement.

Commenter cet article

  • beetllejuice : Et les maisons de retraite ! Quand on sait que les fonds de pension investissent dans ce genre de structure, ce n'est pas par bonté d'âme, mais parce qu'il y a du pognon à faire. Et pas qu'un peu !

    Le 08/01/2013 à 15h46
  • heu_heu_ : Tout à fait d'accord avec vous

    Le 08/01/2013 à 13h48
  • heu_heu_ : Certes, mais ne faudrait-il pas plutôt s'indigner que la famille ne paye plus pour elle ? que ce soit 322 jours ou 730... aujourd'hui on trouve normal que les gens ne s'acquittent pas d'une dette... 322 jours sans payer et dire qu'ils n'ont pas été prévenu... un peu gros, non ? à moins qu'ils pensaient que leur grand mère était morte depuis 322 jours ...

    Le 08/01/2013 à 13h43
  • postagualen : Il y a faute de la maison de retraite mais que dire de l'abandon par ses enfants de leur mère. il est trop facile ensuite de mettre en cause une structure qui n'a pas reçu le moindre paiement de la part de ces fils indignes

    Le 08/01/2013 à 12h20
  • dom145 : Et c'est normal vu que c'est la loi qui l'a défini !!! Moi aussi, j'ai participé au paiement de la maison de retraite de ma grand-mère !!!

    Le 08/01/2013 à 10h00

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