La stèle installée par la CFDT devant l'usine ArcelorMittal de Gandrange (Moselle) pour rappeler les promesses sans suite faites par Nicolas Sarkozy pour le maintien de l'activité sur le site, a été arrachée et volée par des inconnus, a-t-on appris mercredi auprès du syndicat. © A.F.PLa stèle en granit gris, de 70 cm par 50 cm, avait été installée en 2009 après la fermeture de l'aciérie du site ArcelorMittal de Gandrange, qui avait mis au chômage quelque 600 métallurgistes. La CFDT y avait fait graver en lettres d'or la phrase : "Ici reposent les promesses de Nicolas Sarkozy faites le 4 février 2008 à Gandrange: Avec ou sans Mittal, l'Etat investira dans Gandrange". Un rappel de la visite très médiatisée que Nicolas Sarkozy avait faite dans l'aciérie mosellane au lendemain de son mariage avec Carla Bruni, et au cours de laquelle il s'était engagé devant quelque 400 sidérurgistes à faire prendre en charge par l'Etat "tout ou partie des investissements nécessaires" pour maintenir l'aciérie en activité. Cette stèle sur les "promesses non tenues" du chef de l'Etat est désormais manquante : elle a été arrachée et volée par des inconnus. Le vol, découvert mardi, a été annoncé mercredi par le syndicat.
"Cette plaque, c'était le caillou dans la chaussure de Sarkozy", a estimé Edouard Martin, membre CFDT du comité central d'entreprise d'ArcelorMittal. "Si elle a été volée, elle l'a probablement été par des gens à qui ce symbole posait des problèmes de conscience, a-t-il ajouté. A l'époque, elle nous avait coûté 700-800 euros. Nous la ferons refaire à l'identique". Pour Patrick Auzanneau, représentant de la CFDT d'ArcelorMittal au niveau national, "cette plaque embêtait beaucoup de monde. C'était devenu un lieu de pèlerinage. Il y a même Christine Boutin qui y avait déposé des fleurs".
"Les ouvriers (...) n'ont pas la mémoire courte"
Aurélie Filippetti, députée de la Moselle et membre de l'équipe de campagne du candidat du PS à la présidentielle François Hollande, s'est dite "choquée par le vol de la stèle de Gandrange". Dans un communiqué, elle a commenté : "Il semble que ce symbole de granit gris dérange. Les ouvriers de Moselle et de France n'ont pas la mémoire courte. Ils sauront se souvenir du manque d'ambition en matière de politique industrielle et des mensonges du président".
Selon des sources à la fédération de Moselle du Parti socialiste, François Hollande devait se faire photographier devant la stèle lors de son déplacement en Lorraine le 17 janvier. Ce point du programme n'a cependant pas été confirmé.
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