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Piscine et enfant : "1/10e de seconde suffit pour qu'un drame arrive"

Alexandra Guillet par
le 05 juillet 2011 à 06h00 , mis à jour le 05 juillet 2011 à 16h20.
Temps de lecture
5min
[Expiré] piscine privée enfant

Crédits : AFP/ DEnis Charlet

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Faits diversInterview - Avec l'été, toutes les piscines fonctionnent dans les jardins, à la grande joie de nos bambins. Mais attention aux noyades. Quelles sont les précautions à prendre ? Quels sont les gestes qui sauvent ? Les réponses de la Croix Rouge.

L'été est là. Qui dit soleil, dit piscine. Et qui dit piscine, dit aussi danger. Chaque année, une centaine d'enfant meurent noyés, essentiellement au cours de l'été et dans leur maison. Le week-end dernier, un enfant de 2 ans est ainsi tombé dans la piscine familiale gonflable, à Trèbes, dans l'Aude alors que ses parents se trouvaient dans la maison. Il aurait escaladé le rebord de la piscine, remplie d'à peine 30 cm d'eau. Une semaine plus tôt, un bébé de 19 mois s'était noyé dans des circonstances analogues à Rabastens, dans le Tarn.

Pour que les vacances en famille autour de la piscine restent un moment de joie, TF1 News a demandé à la Croix Rouge de rappeler les conduites à tenir lorsque l'on a une piscine chez soi.
  
TF1 News : La noyade est-elle toujours la première cause de mortalité chez les enfants en bas âge ?
Christophe Talmet, responsable national de la formation pour les secours à la Croix rouge :
La noyade est effectivement la première cause de mortalité chez les enfants. Cela représente une centaine d'enfants chaque année. Cela arrive rarement en bord de mer, mais plutôt chez soi ou chez les amis qui ont une piscine dans le jardin. Le cas le plus classique d'accident, c'est le bébé qui, en se promenant pendant que les parents prennent l'apéritif entre eux, tombe dans la piscine. Un adulte, quand il boit la tasse, va avoir le réflexe de s'accrocher au bord de la piscine et de tousser.

Mais les tous jeunes enfants, eux, notamment ceux qui galopent encore à quatre pattes, n'ont pas les capacités physiques de se redresser, même si c'est dans une toute petite bassine. Le poids de sa tête est beaucoup plus lourd que le reste du corps et il n'aura pas la force de pousser sur ses bras pour se dégager. Il va alors vouloir crier et, en faisant cela, il va ouvrir la bouche et avaler l'eau. Cela va alors très vite et il meurt par asphyxie. L'autre cas classique, ce sont des gens qui pensent à mettre une bâche plastique sur la piscine, mais l'enfant va dessus et, sous son poids, la toile va s'enfoncer et l'eau monter progressivement par les côtés. L'enfant se retrouve alors piégé.

TF1 News  : Comment se prémunir au mieux des risques de noyade ?
C.T. :
En France, on a tendance à dire simplement à l'enfant : "attention c'est dangereux, ne le fais pas". Cela risque d'attiser la curiosité de l'enfant qui va vouloir aller voir de lui même pourquoi c'est interdit. C'est pourquoi dès que l'enfant est en âge de comprendre, vers 2-3 ans, il faut lui expliquer pourquoi la piscine peut être dangereuse. Il faut expliquer que si l'on va à la piscine, c'est de telle heure à telle heure, pour éviter les frustrations. Qu'il faut toujours mettre les bouées, ne pas courrir à côté, ne jamais y aller seul, nager de telle ou telle façon, etc... 

Après, s'il s'agit de petites piscines gonflables, il faut les vider de leur eau dès la fin de baignade. S'il s'agit de grandes piscines, en dure, la loi impose de mettre un grillage suffisamment haut tout autour, avec une porte fermée à clé. On peut aussi mettre des détecteurs qui déclenchent une alarme si quelqu'un tombe. Pour les piscines hors-sol, il faut enlever l'échelle. Mais rien ne remplacera la surveillance permanente d'un adulte. De la même façon que dans les centres de vacances il y a un maître-nageur pour surveiller, il faut, chez soi, désigner clairement à tour de rôle un adulte qui surveille la piscine. Car un dixième de seconde suffit pour qu'un drame arrive.

TF1 News : Si on voit un enfant dans l'eau, quels sont les gestes qui sauvent et que chacun devrait connaître ?
C.T.
: Quand on voit son enfant dans l'eau, la première chose à faire, même si c'est difficile, c'est de garder son calme, pour ne pas faire des gestes qui aggraverait la situation, et bien évidemment d'aller récupérer l'enfant. Deux situations se présentent alors. Soit il respire mal mais il est conscient. Il crie, il tousse. On va alors l'encourager à tousser et on va l'allonger sur le côté pour qu'il évacue l'eau. On appelle cela la position latérale de sécurité. Et on appelle les secours très vite car, comme il a de l'eau qui est entrée dans les poumons, l'enfant doit être examiné par les urgences.

Soit l'enfant est inconscient et alors on vérifie s'il respire. Pour cela, on essaie de sentir s'il y a un souffle ou de voir si son ventre bouge. Si on a un doute, on considère qu'il ne respire plus. On appelle le 15 et il va falloir lui souffler de l'air par la bouche et lui faire un massage cardiaque sans jamais s'arrêter jusqu'à temps que les secours arrivent. Ces gestes sont fondamentaux parce qu'ils peuvent sauver l'enfant, mais aussi limiter les éventuelles séquelles car le massage va permettre au sang de circuler et de continuer à irriguer cerveau. Chose très très importante avant de faire le bouche à bouche, il faut incliner la tête de l'enfant vers l'arrière, sinon sa langue va empêcher l'air de passer.

Pour les enfants de moins de un an : la tête étant petite, lors du bouche à bouche, l'adulte va en fait souffler en même temps dans le nez et la bouche du nourrisson. Et le massage cardiaque se fait très rapidement, avec deux doigts au milieu de la poitrine, entre les deux mamelons. Le rythme est le suivant : souffler 2 fois, masser 30 fois, souffler 2 fois, masser 30 fois etc....

Pour un enfant, il faut penser de la même manière à incliner la tête en arrière, il faut souffler 5 fois, comme pour un adulte, puis masser 30 fois, avec le talon de la main cette fois. Et on répète l'opération jusqu'à l'arrivée des secours. Pour repérer le cœur, on imagine une croix sur l'enfant, avec une diagonale qui part de l'épaule gauche vers les cotes à droite, et une autre qui part de l'épaule droite et qui va vers les cotes à gauche. Au milieu, là où les lignes se croisent, vous avez le cœur.

Tout cela c'est la théorie, le mieux c'est d'apprendre la pratique, car ce sont vraiment des gestes qui sauvent. Pendant l'été, la caravane de la Croix rouge va sillonner la France du 8 juillet au 21 août et faire 15 étapes. Tous les vacanciers sont invités à venir nous voir pour suivre une formation gratuite d'une demi-heure.  

La Croix Rouge a mis sur son site internet un dossier spécial sur les dangers de l'été, avec un volet spécial consacré à la noyade. Pour y accéder, cliquez ici.

Commenter cet article

  • pateau4 : Bonjour valeur10,exact !le grand-père que je suis à construit une piscine (12 x6) en 1970 ,mes enfants et mes petits-enfants s'y sont baignés certains y ont appris à nager ;sous la meilleure protection existante ;cela s'appelle des parents,présents dans l'eau ou à tout le moins sur le bord .

    Le 05/07/2011 à 17h54
  • mamietitine17 : Désolée de te décevoir ma grande, mais j'ai une piscine (coque) et toutes les formations du monde n'empêcheront pas l'accident, le mieux en tout cas pour mon mari c'est la surveillance sans relâche et nous sommes des grands parents donc pas d'enfants mais des petits enfants de temps en temps

    Le 05/07/2011 à 17h29
  • valeur10 : On parle des piscines, mais tout point d'eau peut-être dangereux. Dd'une façon générale, les petits enfants et enfants à bas âges sont à surveiller N'IMPORTE Où. en permamence de tous les dangers.

    Le 05/07/2011 à 16h10
  • debra33 : J'ai sauvé la vie d'un jeune homme entrain de se noyer il y 7 ans ... et j'ai remercié mon lyçée qui m'a permis de suivre l'AFPS et et SST quelques années auparavant ...

    Le 05/07/2011 à 15h12
  • mars1394 : Petit truc: J'ai une piscine gonflable mais quand même 50 cm d'eau. Plutot qu'une bache, j'ai installé dessus une vieille toile de tente. J'ai percé (laissé de larges lamelles de tissus pour fixer des caoutchouc au bon endroit et cela tout autour pour la fixer avec des piquets. (une bâche est souvent trop souple pour que les trous résistent). Des que la piscine est inutilisée je refixe cette bâche. Et malgré tout cela, je ne laisse pas le petit de 2 ans sans surveillance dans le jardin.

    Le 05/07/2011 à 14h30
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