Image d'archives © DRMême si, pris dans son ensemble le niveau de délinquance chez les jeunes reste stable, il y a des faits qui choquent, comme la récente mort d'Agnès, adolescente de 13 ans violée et tuée à Chambon-sur-Lignon par un camarade de 17 ans, ou la mise en examen ce jeudi, dans les Yvelines, d'un garçon de seulement 11 ans pour le viol d'une enfant de six ans. Et il y a certains chiffres qui font froid dans le dos. Ainsi, Selon l'Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP), le viol est la première cause de condamnation de mineurs pour crimes. En 2010, sur les 5.388 viols de mineurs, 40,9% ont été commis par d'autres mineurs.
Condamnés dangereux : les maires ne seront pas prévenus
Lors de l'examen du projet de loi sur l'exécution des peines, les députés ont repoussé de justesse un amendement UMP qui permettait à un maire d'être informé de la présence de condamnés considérés comme dangereux et susceptibles de récidiver.
Publié le 12/01/2012
Projet de loi sur l'exécution des peines : un texte trop répressif ?
INTERVIEW - La loi sur l'exécution des peines, qui prévoit notamment la création de 20.000 places de prison supplémentaires, arrive ce mardi devant les députés. Pour l'Union syndicale des magistrats, cette loi donne, certes, plus de moyens, mais reste trop répressive.
Publié le 10/01/2012
Agnès: des obsèques dans l'intimité, le jour où elle aurait eu 14 ans
Quelques centaines de proches d'Agnès, dont de nombreux adolescents, le visage grave et une rose blanche à la main, ont assisté samedi à Paris aux obsèques de la jeune collégienne tuée il y a une semaine par un lycéen dans un internat de Haute-Loire.
Publié le 26/11/2011
Mis en examen à 11 ans pour le viol d'une fillette
Un garçon de 11 ans a été mis en examen jeudi à Versailles pour le viol d'une fillette de 6 ans, sa soeur de 12 ans pour complicité et leur mère de 45 ans pour "non dénonciation de crime".
Publié le 25/11/2011
Le viol, première cause de condamnation pour crimes chez les mineurs
Dans son rapport rendu public mardi, l'Observatoire de la délinquance et des réponses pénales note que bon nombre des 5000 agressions sexuelles en 2010 ont été commises par des mineurs. Quatre millions de vols ont aussi été recensés, près de trois fois plus que les chiffres officiels.
Publié le 22/11/2011
Toujours selon l'ONDRP, entre deux et cinq mineurs sont tués par d'autres mineurs tous les ans et 46% des vols avec violence commis en France en 2010 l'ont été par un mineur. Et les filles mineures y prennent de plus en plus part (+ 34% en cinq ans), bien qu'elles ne représentent que 3% des mis en cause en 2010. Le commissaire Arnaud Verhille, chef du service d'accueil et d'investigation de proximité du commissariat central du 18e arrondissement du Paris, répond aux questions de TF1 News.
TF1 News : Sur le terrain, faites-vous le même constat que ce que rapporte l'Observatoire national de la délinquance ?
Commissaire Arnaud Verhille : Mon constat est double, car paradoxal. Dans un premier temps, on note, d'une année sur l'autre, une certaine stabilité du nombre de mineurs impliqués dans la délinquance en générale. Ils représentent environ 20% des délinquants que l'on traite. Donc il faut faire attention à ne pas trop les stigmatiser.
Néanmoins, ce que l'on observe de plus en plus, c'est une disproportion totale entre le but poursuivi par le délinquant et la violence déployée pour l'atteindre. Concrètement, quand on veut arracher le téléphone portable des mains d'une femme d'une soixantaine d'années qui marche dans la rue et qu'on est trois ou quatre jeunes dans la force de l'âge en face, est-il nécessaire de la passer littéralement à tabac devant tout le monde avant de partir en courant ?
TF1 News : Dans quels types de faits sont-ils le plus impliqués et quel âge ont ces mineurs ?
A.V. : Les vols et les violences constituent le gros des affaires. Les agressions sexuelles viennent ensuite. La délinquance violente était jusque là plutôt concentrée sur la tranche des 16-18 ans. Mais maintenant, elle concerne beaucoup la tranche des 13-16 ans. En dessous de 13 ans, cela reste beaucoup plus rare.
TF1 News : Quand vous les avez devant vous, au commissariat, ces jeunes ont-ils conscience de la gravité de leur hyperviolence ?
A.V. : Vous touchez du doigt une difficulté majeure dans le cadre de nos auditions : que ce soit les policiers ou les psychologues on fait tous le constat d'une absence assez générale de représentation de la gravité de l'acte. Le respect de la personne ou des biens, ça ne leur parle pas. Ils ont un désir d'appropriation, donc ils l'exécutent, y compris de manière violente. La plupart sont dans un phénomène de bande ou de gang, ils s'inspirent des séries américaines pour se forger tout un imaginaire qui finit par les déconnecter de la société et les rendre totalement étrangers aux souffrances qu'une victime peut ressentir quand elle a été massacrée pour seulement 20 euros.
Ce n'est pas qu'ils n'ont pas de sentiment mais il y a derrière un problème de représentation d'une certaine morale que, normalement, l'on développe tous au sein de la famille. Et ce que l'on constate, c'est qu'il y a une carence parentale systématique derrière tout ça.
TF1 News : La déficit de l'autorité parentale, c'est le point commun de tous ces jeunes ?
A.V. : Pas seulement. Psychologues comme policiers, nous faisons un lien immédiat entre le niveau de violence exprimé par un mineur et son niveau de langage, c'est-à-dire sa capacité à exprimer les choses par des mots et donc à avoir une maturité intellectuelle. C'est assez flagrant. Cela fait que, pendant les auditions, le dialogue s'arrête souvent très vite. Ils sont méfiants de notre monde "construit", ils ont l'impression de ne pas être compris et sont du coup très agressifs.
Il peut s'agir de jeunes issus de l'immigration qui connaissent des problèmes d'insertion entre leur milieu familial, resté très traditionnel et, en même temps, la vie que l'on mène dans un pays comme le nôtre où il y a beaucoup de désir d'appropriation, ce qui entraîne des vols. Et il y a aussi beaucoup de mineurs auteurs d'agressions sexuelles qui vivent dans des structures familiales un peu anciennes, qui ont une représentation de la femme différente de la nôtre, où il y a parfois de la violence et où souvent, pour des questions de places ou d'habitudes, les frères et sœurs dorment ensemble par exemple. Tout cela se mélange dans leur esprit et produit de la délinquance ou de la violence sexuelle beaucoup plus tôt qu'auparavant.
TF1 News : Et comment expliquer l'augmentation de la délinquance chez les filles ?
A.V. : C'est une façon pour elles de s'intégrer dans les quartiers, dans les groupes de garçons, d'avoir les mêmes choses qu'eux...
TF1 News : Quelle(s) solution(s) faut-il adopter selon vous ?
A.V. : Beaucoup d'outils, y compris législatifs, existent aujourd'hui. Sont-ils vraiment adaptés à la violence que l'on décrit et au rajeunissement de la délinquance ? Ce qui est certain c'est, qu'à un moment donné, on ne peut pas faire l'économie d'extraire le mineur de son environnement et rétablir un peu d'autorité. Car tant qu'il sera confronté à des codes culturels parallèles, à des grands frères qui trafiquent et véhiculent des contre-valeurs ou à des parents qui ont des difficultés d'autorité, vous ne construirez rien avec ce mineur.

A lire
Liaisons, le magazine de la préfecture de police de Paris qui consacre son dernier numéro de l'année à la violence des jeunes (5 euros, en librairie)
Retour MYTF1
Condamnés dangereux : les maires ne seront pas prévenus
Chargement en cours...




