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Quatre morts dans le crash au large de l'île de Saint-Martin

Laurent Deschamps par
le 05 mai 2012 à 19h48 , mis à jour le 05 mai 2012 à 22h35.
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4min
Un avion "Cheyenne III" en plein vol (archives)

Un avion "Cheyenne III" en plein vol (archives) / Crédits : DR

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Faits diversLe crash d'un bimoteur d'évacuation sanitaire de la compagnie TAI, tôt samedi au large de Saint-Martin, dans les Antilles, a fait 4 victimes. Un accident qui suscite la colère de certains membres du personnel médical, qui assurent avoir fait part de leurs doutes sur l'état des avions de cette compagnie.

L'accident s'est produit aux premières heures de samedi, peu avant trois heures du matin (heure locale, soit près de 9 heures en Métropole), au large de l'île franco-néerlandaise de Saint-Martin, à 250 km au nord de la Guadeloupe. Un avion d'évacuation sanitaire de la compagnie TAI (Transports Aériens Intercaraïbes) s'est abîmé en mer alors qu'il venait tout juste de décoller de l'aéroport de Grand Case, situé dans la partie française de l'île.

Outre son pilote, l'appareil, un Piper Cheyenne, transportait trois passagers : un patient, atteint d'une affection cardiaque, en cours de transfert vers l'hôpital de la Martinique, un médecin et une infirmière.  Selon la préfecture de Saint-Martin et de Saint-Barthélémy, jointe par TF1 News, l'épave a été localisée à 3 km des côtes et les équipes de secours dépêchées sur place ont pu rapidement entamer la récupération des débris de l'appareil.

Contacté par TF1 News en fin d'après-midi, le Préfet de Saint-Martin déclarait que les recherches étaient toujours en cours et refusait de se prononcer sur le sort des quatre disparus. Mais, "plusieurs heures après l'accident, alors que les opérations de repêchage de débris sur place bénéficient d'une mer calme , la probabilité de retrouver des survivants en gilet de sauvetage est malheureusement mince", précisait-il. En début de soirée, la confirmation du décès des quatre personnes à bord de l'avion est tombée par la voix du gouvernement : "L'avion comptait à son bord une équipe du Samu de la Martinique (...) Tous ont péri dans l'accident", indique le ministère de la Santé dans un communiqué. "Les circonstances et les causes exactes du drame restent pour le moment inconnues", ajoute le texte, qui précise qu'un accompagnement psychologique a immédiatement été mis en place au CHU de Fort-de- France pour les familles des victimes et les équipes médicales.

Défiance des services médicaux 

Au sein du personnel médical de Saint-Martin, on refuse de croire à la fatalité. Et certains estiment que le crash aurait pu être évité. Car depuis plusieurs mois, les médecins urgentistes de Saint-Martin s'inquiétaient de l'état des appareils de la compagnie TAI. Un médecin de Saint-Martin, contacté par TF1 News, évoque ainsi les nombreux problèmes techniques rencontrés par les avions de TAI. De fait, un article paru dans le Saint Martin's Week, un hebdomadaire francophone publié sur l'île, évoque la défiance des services médicaux de la partie française de Saint-Martin à l'encontre de la compagnie, seul prestataire autorisé à effectuer des évacuations sanitaires. Si aucun incident de vol n'est répertorié, il y est notamment fait état de conditions de transport déplorables : absence de climatisation et de lumière à bord, brancards posés à même le sol de la cabine... A tel point que les praticiens de l'hôpital de Saint-Martin avaient demandé la résiliation du contrat public qui les lie à la compagnie. A la préfecture de Saint-Martin et de Saint-Barthélémy, on se contente de souligner que la compagnie TAI intervient couramment lors d'évacuations sanitaires pour le compte de l'hôpital de Fort-de-France, et est aux normes européennes.

Un premier avion qui refuse de décoller

Pourtant, l'équipe médicale qui a disparu en mer samedi n'aurait pas dû, à l'origine, prendre un avion de la compagnie TAI. Car celle-ci assure des rotations depuis la partie française de l'île. Or le patient qui devait être évacué se trouvait dans la partie néerlandaise de Saint-Martin. Et l'équipe médicale censée le prendre en charge, venue pour cela en avion de Fort-de-France, s'était posée sur l'aéroport de Juliana, côté néerlandais. Mais leur appareil est tombé en panne et n'a jamais pu redécoller. Une information confirmée par le chef de cabinet de la préfecture de Saint-Martin auprès de TF1 News.

Pour procéder à l'évacuation du patient, il fallait un autre avion. Médecin, infirmier et patient ont alors dû gagner de toute urgence l'aéroport de Grand Case, situé dans la partie française de l'île. Et là, seuls les appareils de la compagnie TAI sont autorisés pour transporter des malades...

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