Renforts policiers en Isère : "le compte n'y est pas"

Par , le 05 août 2010 à 19h15 , mis à jour le 05 août 2010 à 19h28

Interview - - Pour le syndicat policier Unité SGP Police FO, majoritaire en Isère, les renforts policiers prévus à Grenoble sont largement insuffisants.

TF1 News : Quelques jours après les événements de Grenoble, des policiers ont à nouveau été victimes de tirs, l'un sur sa maison, près de Lyon, les autres  sur leurs véhicules à l'occasion de patrouilles à Auxerre et Villiers-le-Bel, sans qu'il y ait de blessés. La réponse politique du chef de l'Etat vous semble-t-elle adaptée ?  

Dossier
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Plus d'infos

Yannick Danio, délégué national du syndicat  Unité SGP Police FO :
la situation s'aggrave quasiment quotidiennement puisqu'aujourd'hui on n'hésite plus à tirer sur le domicile d'un policier. Des caps ont été franchis, depuis  un petit moment déjà. Il y a une banalisation de la violence dans la société. Violence dont les policiers sont les premières victimes puisqu'ils sont toujours en première ligne pour intervenir. Or, il continue d'y avoir un réel décalage entre le discours politique, et ce que nous vivons nous, policiers, sur la voie publique.  

On manque cruellement d'effectifs car non seulement le policier  doit être là pour réprimer mais aussi pour prévenir.  Cet aspect prévention a totalement disparu depuis presque dix ans maintenant. On ne cesse de le dire mais nous ne sommes pas entendus. Une bonne police de proximité est une source de renseignements importante. On n'aura jamais une police efficace sans cet aspect. Pour endiguer la violence, il faut des policiers en permanence sur la voie publique.

TF1 News : Pour Grenoble, le chef de l'Etat a toutefois annoncé l'envoi de renforts policiers et le ministre de l'Intérieur a mis en place ce jeudi un Groupement d'intervention régional. Cela semble aller dans le bon sens ?
Y.D. :
En 20 ans, l'agglomération  grenobloise s'est enrichie de 20 000 habitants et dans le même temps, la police a perdu 120 fonctionnaires. Ce prorata ne peut évidemment pas fonctionner. Pour faire à la situation actuelle, Grenoble a besoin de plus de policiers de terrain, de plus de policiers expérimentés. Or, quelques jours à peine après l'annonce par le chef de l'Etat de l'envoi de 30 policiers en renforts, ce qui n'est déjà pas assez, on s'est aperçu que sur la quarantaine promise, on compte nous envoyer 21 adjoints de sécurité (ADS). Or, les ADS qui n'ont qu'un rôle de supplétif, d'adjoint au gardien de la paix. Mieux encore, il se trouve que d'ici la fin de l'année 21 policiers de terrain vont quitter la circonscription, suite à des mutations ou des départs en retraite. Ils ne seront que 17 à être remplacés. Donc le compte n'y est vraiment pas. On reste dans la communication politique.
 
C'est un peu la même chose pour les groupes d'intervention régionaux. Les GIR permettent aux différentes administrations de travailler en commun  et c'est une très bonne chose. Ces structures, ce sont un peu les incorruptibles contre la criminalité qui génère beaucoup d'argent. Le problème, c'est qu'il faut leur donner les moyens de fonctionner. On nous promet que ce sera le cas pour Grenoble mais quand on regarde la politique des GIR menée jusque là, on peut en douter.
 
TF1 News : Concernant les suites de l'enquête sur le braquage du casino d'Uriage, les quatre suspects interpellés mercredi ont tous été relâchés sans qu'aucune charge ne soit retenue contre eux, c'est un échec ?
Y.D. :
Ce n'est pas un échec. Nous étions dans le cadre d'une procédure judiciaire placée sous la responsabilité d'un juge d'instruction. Ces personnes n'ont pas été prises au hasard. C'est parce qu'il y avait suffisamment de preuves pour estimer qu'elles auraient des éléments à nous donner pour permettre de procéder à l'interpellation du fugitif qui accompagnait le braqueur décédé, ainsi que des personnes ayant participé aux violences par la suite. Nous avons suffisamment dit que nous étions face à un réseau de criminalité organisé. Le braqueur et son complice ne sont pas des voleurs de mobylettes...
 
TF1 News : Quelle est ambiance au sein de la police à Grenoble aujourd'hui ?
Y.D. :
L'ambiance est particulièrement lourde parce qu'il y a eu un mort, le braqueur, le 16 juillet dernier et parce que depuis y a eu des menaces directes contre les policiers. Il faudra beaucoup de temps pour que cela revienne. Ce sont des images qui restent à jamais gravées.

Par Alexandra Guillet le 05 août 2010 à 19:15
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7 Commentaires

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  • elealouest, le 06/08/2010 à 18h09

    Que dire mis à part... excellent !!!

  • loupus22, le 06/08/2010 à 08h37

    Isatis 54.... Quelle belle preuve de considération pour les forces régaliennes qui, je vous le rappèle, font intégralement partie de notre mode constitutionnel. Il ne faudrait pas se tromper de cible, ni même faire de la simple polémique "pseudo politicienne". Vous ne semblez pas prendre la pleine mesure des problèmes liés à la restructuration et redéploiement des Forces de l'ordre. Ce n'est pas une question de travail "mal fait", mais une question de moyens, humains et matériels, et de volonté politique (Quelque soit le gouvernement en place). BOILEAU disait que "La critique est aisée, mais l'art est difficile..." Peut être avez-vous LA solution, dans ce cas, je vous encourage vivement à en faire part à votre député local qui s'empressera de faire suivre de telles propositions salvatrices. Mais peut-être faites-vous partie de l'innombrable pour qui il est plus facile de conspuer le système en place (Souvent les mêmes qui ne votent pas d'ailleurs...), plutôt que d'essayer d'avoir des apports positifs sur de réels problèmes.

  • elealouest, le 06/08/2010 à 06h44

    Isatis54, Les policiers, même sur le bord des autoroutes et cachés dans les champs de maïs avec leurs jumelles, font ce qui leur est demandé et à hauteur de leurs moyens. Pour ce qui est des commentaires provenant des internautes de gauche, de droite, et de l'extrême droite, il y en a ! Je trouve que, malgré le peu de moyens et d'effectif, notre pays est quand même sécurisé même s'il reste encore énormément à faire, surtout dans les banlieues !

  • humanoide56, le 06/08/2010 à 02h02

    C'est facile de retirer des agents de forces de l'ordre dans un secteur de l'opposition, en est -il de même à Neuilly ou Passy ?

  • buck.d, le 05/08/2010 à 23h37

    Les policiers se posent en victimes, car ils le sont! Lâchés par la droite et la gauche depuis toujours. Je trouve que les français ont une police qui fait un travail remarquable au regard de la considération de la population et des politiques.Si les policiers sont sur les bords des routes c'est parce qu'on leur demande. S'ils ne vont plus dans les "quartiers sensibles, c'est parce qu'on leur demande.Quand votre patron vous demande quelque chose vous le faite.Il faudrait simplement que les français arrêtent (en bon moutons qu'ils sont) de voter pour les mêmes lâchent qui nous gouvernent depuis des décennies.

  • dadeille, le 05/08/2010 à 19h56

    Il croyait quoi le super flic nouvellement nommé préfet, sans moyen il ne fera pas mieux que son prédécesseur, et aujourd'hui ce sont les moyens qui manquent.

  • isatis54, le 05/08/2010 à 19h45

    Que les policiers arrêtent de se poser en victimes, s'ils faisaient correctement leur travail leur effectif seraient suffisants, c'est l'ABC pour tous ceux qui travaillent. Mais une fois de plus les gauchistes de FO accusent les autres de leurs incompétences, il leur est plus facile d'aller mettre des PV sur les autoroutes. Étant de droite mes commentaires ne passent pas et cela est bien dommage que de ne donner la parole qu'aux ennemis de notre République, la presse ne se rend pas compte qui si cela continue elle sera censurée à son tour

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