En France environ 12.000 foyers restaient privés d'électricité mardi dans le Nord, suite aux chutes de neige de lundi, dont 4000 dans la Sambre-Avesnois et 8000 autour de la ville de Seclin. ERDF assurait que près de 8000 d'entre eux resteraient sans électricité mardi soir "principalement en raison des difficultés de réparation d'une ligne à haute tension gérée par RTE". La vigilance orange a été levée dans le département du Pas-de-Calais.
Inondations, effondrements, évacuations...
Les pompiers du Nord ont procédé à 500 interventions pour des courts-circuits sur la voie publique suite à des chutes de câbles, des effondrements de bâtiments, les inondations de locaux divers et des matériaux menaçant la voie publique comme des chutes d'arbres. Une soixantaine d'habitants des communes de Steenvorde et Esquelbecq (Nord) ont été évacuées lundi de chez elles et abritées dans les salles des fêtes de leurs villages respectifs, à la suite de l'inondation de leurs logements. Mardi matin, seule une dame âgée, isolée, qui se trouvait dans 1,5 m d'eau devait être secourue à l'aide d'une barque, dans la commune de Steenwerck (Nord). Les pompiers du Pas-de-Calais ont quant à eux effectué environ 170 interventions entre lundi matin et mardi. "Cela concernait principalement des caves et des rues inondées", a indiqué le centre opérationnel départemental d'incendie et de secours (Codis). "Mais il n'y a rien eu de spectaculaire, contrairement à ce que l'on craignait", ont ajouté les pompiers.
Dans la soirée, la préfecture enregistrait la décrut dans la région du Dunkerquois, notamment vers Saint-Jans-Cappelle, touché par les inondations. Et s'inquiétait de "l'effet des précipitations de demain [mercredi]". Une dizaine de routes étaient au moins partiellement coupées.
TGV : c'est reparti
Le trafic ferroviaire à grande vitesse, interrompu pendant plusieurs heures dans le Nord lundi à la suite d'importantes chutes de neige, est totalement rétabli depuis mardi à 5h30. Dans la région Ile-de-France, où l'interconnexion nord-sud avait été interrompue à la suite du malaise d'un passager, le trafic est également redevenu normal sur les lignes B et D. En revanche, une coupure persiste sur la ligne H entre Ermont et Pontoise, où le trafic est assuré par des bus. Les Thalys, Eurostar et TGV Nord avaient été stoppés lundi vers 16h00 à la suite de la chute d'un câble de haute tension qui avait provoqué la rupture d'une caténaire, au niveau de Seclin, au sud de Lille. Ils circulent normalement depuis le début de la matinée mais il y aura cependant encore "quelques retards pour trois TGV au départ de Lille", a précisé la SNCF. Selon la SNCF, quelque 7.000 cheminots ont été mobilisés dans le Nord-Pas-de-Calais et dans la région parisienne pour faire face à la situation dans la journée de lundi et la nuit suivante. Une centaine de trains et 40.000 voyageurs ont été retardés, selon la SNCF, qui a prévu des mesures "commerciales" pour dédommager les victimes. Le ministre des Transports, Thierry Mariani, a déclaré sur Europe 1 que tous les voyageurs dont le train avaitenregistré plus de quatre heures de retard se verraient rembourser leur billet à 100%.
Les naufragés de la gare du Nord
Environ 200 passagers ont passé la nuit de lundi à mardi dans des trains gare du Nord à Paris. "Deux jours pour aller aux sports d'hiver, c'est un peu long", ironisait mardi matin Michelle Dupont, 45 ans, qui a passé la nuit dans une rame chauffée, en gare du Nord, avec son mari. Partie la veille à 16H30 de Calais pour rejoindre Paris et la gare d'Austerlitz, elle devait ensuite prendre un train de nuit pour se rendre dans une station de ski des Hautes-Alpes. Mais son train Paris-Calais, immobilisé pendant de nombreuses heures à cause d'une panne d'alimentation liée aux intempéries, aura finalement mis 8h15 pour rejoindre la capitale. "On est arrivé à 1h30 du matin à Paris. En arrivant on nous a mis un train à disposition pour dormir et on nous a distribué une couverture et une boîte de nourriture", a-t-elle expliqué, avouant n'avoir "pas dormi beaucoup".
"On a mangé et tout le monde s'est vite assoupi", a-t-elle ajouté, précisant que les passagers ont dû quitter les trains vers 5h30 à cause du nettoyage. Au total, deux rames TGV doubles ont accueilli "200 personnes (qui) ont passé la nuit au chaud", a précisé Loïc Leuliette, directeur de la communication de la gare du Nord. Des chambres d'hotels ont été mises à disposition de certains passagers, notamment les familles avec enfants, mais "les capacités hôtelières du quartier ont rapidement été débordées", a-t-il indiqué. Sur toute la région, 5.000 rotations de taxi ont également été comptabilisées pour ramener les passagers les plus proches chez eux. Des voyageurs arrivés de Londres par Eurostar, avec également huit heures de retard, ont également pu rester dormir dans leur train, ont-ils expliqué.








