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DOSSIER : Affaire Merah

TF1 diffuse des extraits des conversations entre Merah et la police


le 08 juillet 2012 à 21h18 , mis à jour le 08 juillet 2012 à 23h43.
Temps de lecture
4min
Merah

Photo d'archives de Mohamed Merah. / Crédits : TF1/LCI

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Faits diversLes équipes de TF1 se sont procurées des extraits des discussions entre Mohamed Merah et les policiers lors des 32 heures du siège de son appartement toulousain qui s'est achevé par la mort du tueur au scooter. Manuel Valls a dit "regretter" cette diffusion. Les familles des victimes souhaitent empêcher la diffusion des extraits sur le net.

Les équipes de Sept à Huit de TF1 se sont procurées des extraits audio des discussions entre Mohamed Merah et les policiers pendant les 32 heures du siège de son appartement toulousain qui s'est achevé par la mort du tueur au scooter le 22 mars. Dans ces extraits, Merah affirme être prêt à poursuivre sa folie meurtrière, assure être en liens avec Al-Qaïda et le grand banditisme, et explique comment il a trompé la vigilance de la DCRI qui le surveillait.

"Je suis quelqu'un de déterminé, je n'ai pas fait ça pour me laisser faire attraper, t'as vu. Là, on négocie tu vois, on est en train de négocier, après, en dehors des négociations, n'oublie pas que j'ai les armes à la main, je sais ce qui va se passer, je sais comment vous opérez pour intervenir", dit-il au négociateur.

"Je sais que vous risquez de m'abattre, c'est un risque que je prends. Donc voilà, sachez qu'en face de vous, vous avez un homme qui n'a pas peur de la mort. Moi la mort, je l'aime comme vous vous aimez la vie", ajoute-t-il. 

Dans ces quatre heures et demi d'enregistrement, Merah fait part également de ses contacts avec "ses frères" d'Al-Qaïda au Pakistan, ses actions à venir mais aussi du style de vie qu'il avait adopté: "Ca fait partie de la ruse, tu vois", explique-t-il au négociateur.

Valls "regrette" la diffusion des enregistrements

Le ministre de l'Intérieur Manuel Valls a dit "regretté" la diffusion de ces enregistrements audio et s'est indigné de l'absence de précaution prise "pour respecter les familles des victimes", selon un communiqué lu à l'AFP.

"Le ministre précise enfin qu'un enregistrement des conversations a bien été réalisé par les services de police mais qu'il n'a jamais été rendu public. Il convient donc de s'interroger sur les moyens par lesquels le diffuseur a pu se procurer ledit enregistrement", selon le communiqué. 

Le ministère de l'Intérieur a également annoncé que l'Inspection générale de la police nationale (IGPN), la "police des polices", va mener une enquête administrative sur cette diffusion.  "Le Directeur général de la police nationale a saisi l'IGPN pour une enquête administrative", a indiqué l'Intérieur. 

Cette enquête administrative aura notamment pour objet de vérifier si ces enregistrements ont été fournis par des policiers. Pour l'heure, les victimes et leurs avocats n'ont pas eu accès à ces bandes.

Les familles des victimes veulent empêcher la diffusion sur le net

Les proches des victimes de Mohamed Merah vont saisir la justice en urgence pour obtenir l'interdiction de la diffusion sur internet des enregistrements des conversations entre le tueur au scooter et la police, a annoncé à l'AFP l'un de leurs avocats. "Les victimes sont scandalisées d'apprendre le contenu de ces négociations à la télévision. A ce rythme, ce sont les vidéos des tueries qui se retrouveront sur la toile et l'atteinte sera alors irrémédiable", a dit Me Samia Maktouf après la diffusion par TF1 des extraits audio des propos de Merah à la police lors du siège de son appartement les 21 et 22 mars.

"Nous allons demander au parquet, conjointement avec les autres parties civiles, d'enclencher une procédure d'urgence pour faire cesser la diffusion de ces enregistrements sur internet", a dit Me Maktouf. "Les familles des victimes ont l'impression que la justice ne va pas assez vite et, en même temps, prennent connaissance du déroulement de l'instruction par la télévision. Il s'agit d'une atteinte grave et manifeste au secret de l'instruction", a-t-elle ajouté.

"Un document à forte valeur d'information"

Nous avons agi en responsabilité" en diffusant un "document à forte valeur d'information", a assuré Emmanuel Chain, producteur de l'émission Sept à Huit sur TF1. "Nous avons beaucoup réfléchi, décidé de diffuser ce document qui a une forte valeur d'information (...) On apprend comment Merah s'est formé avec Al-Qaïda, sa détermination, on apprend beaucoup de choses, il a été très contextualisé", a déclaré Emmanuel Chain à la radio RTL.

"Nous l'avons fait en responsabilité, en pensant en permanence aussi à l'émotion que pourrait susciter sa diffusion auprès des familles de victimes et en décidant de ne pas diffuser tous les propos qui auraient pu heurter leur sensibilité", a assuré Emmanuel Chain. "L'enregistrement que nous avons dure plus de quatre heures, et nous avons décidé de ne diffuser que les extraits qui avaient valeur d'information", ajoute le producteur de Sept à Huit, estimant que c'est "un document qui apporte un éclairage important, intéressant, sur une affaire qui a beaucoup marqué les esprits".

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