Ils ont provoqué des crevaisons et des chutes en chaîne dimanche sur la route du Tour de France. Des clous. Des clous de tapissier jetés sur le bitume aux abords du dernier col de la 14e étape Limoux-Foix. Qui les a répandus là, semant ainsi zizanie et colère ? Dimanche soir, le parquet de Foix a ouvert une enquête préliminaire pour "dégradations et mise en danger de la vie d'autrui".
Lundi, les enquêteurs examinaient les images TV et les vidéos amateurs pour débusquer les auteurs. Ils ont également saisi les clous retrouvés sur la route mais, passés de mains en mains, il est peu probable que des empreintes exploitables y soient prélevées, selon un gendarme. La vice-procureure de Foix a précisé que l'enquête devait déterminer si les clous avaient été placés "à un seul ou à plusieurs endroits" du parcours. Elle note que les crevaisons sont survenues dans la montée du Mur de Péguère, dans les Pyrénées ariégeoises, et dans la descente vers Foix. Les gendarmes ont également pris la déposition de plusieurs coureurs victimes des clous.
61 crevaisons
Selon la direction de la course, soixante-et-une crevaisons (dont 33 pour les coureurs) ont été constatées sur la course proprement dite, auxquelles s'ajoutent celles qui ont touché d'autres véhicules (suiveurs, médias, etc). La crevaison la plus spectaculaire a touché l'Australien Cadel Evans, le vainqueur du Tour 2011 qui a été retardé à trois reprises en l'espace de quelques kilomètres. (Lire : "Sanchez évite les clous et remporte la 14e étape").
L'enquête devra déterminer si le ou les auteurs des jets de clous avaient la volonté de blesser les coureurs, ce qui pourrait amener la justice à durcir l'intitulé des motifs de l'enquête, a indiqué la vice-procureure. Ce type d'incident, qui a émaillé les Tours de l'époque des "pionniers", s'est fait rare à l'époque moderne. En 1996, des clous avaient été jetés sur la route de Valence et avaient provoqué la panique dans les véhicules suivant la course.







