Incendie au niveau d'un transformateur dans la centrale nucléaire du Tricastin (2 juillet 2011) © www.ledauphine.comOfficiellement, le sinistre n'a eu aucune conséquence sur l'environnement, selon EDF. Il a néanmoins été spectaculaire. L'incendie, qui s'est déclenché pour une raison inconnue, samedi vers 15 heures, au niveau du transformateur d'une unité à l'arrêt de la centrale nucléaire du Tricastin, dans la Drôme, a laissé s'échapper de gros panaches noirs de fumée, suscitant l'inquiétude des riverains qui ont été nombreux à appeler les pompiers. Les flammes ont été rapidement maîtrisées et il n'y a pas eu de blessés ; dans son communiqué, EDF a souligné que le sinistre "s'est déroulé dans la partie non nucléaire des installations et n'a aucune conséquence radiologique sur l'environnement et la population".
Mais la centrale du Tricastin est une centrale ancienne : elle fonctionne depuis une trentaine d'années. L'Autorité de sûreté nucléaire avait approuvé la prolongation de son exploitation en décembre dernier pour "dix années supplémentaires" en échange d'aménagements pour qu'elle corresponde aux exigences de sécurité appliquées aux centrales les plus récentes. Et après la catastrophe de Fukushima, elle a annoncé jeudi dernier avoir imposé 32 nouvelles exigences de sécurité à EDF pour la poursuite de cette exploitation, tirant ainsi directement les leçons de la catastrophe japonaise.
Les leçons de Fukushima
Les prescriptions dévoilées jeudi "couvrent la totalité des opérations d'exploitation et renforcent notamment le niveau d'exigence applicable en matière de protection du site vis-à-vis des risques d'agressions externes d'origine naturelle (inondation, séisme, incendie)", souligne le communiqué. Ainsi, l'Autorité demande à l'opérateur EDF d'effectuer d'ici fin 2014 des travaux de protection du site contre des risques d'inondation, et cinq prescriptions concernent les risques sismiques.
Mais l'ASN tire plus largement les leçons des incidents en série qui ont abouti à la fusion du coeur de plusieurs réacteurs de la centrale japonaise de Fukushima en mars dernier: prendre des mesures pour éviter une explosion d'hydrogène dans l'enceinte de confinement du réacteur et améliorer le système de refroidissement de la piscine où est entreposé le combustible usé du réacteur. Elle demande aussi de nouveaux contrôles de la zone de la cuve du réacteur n° 1 du Tricastin "dont les défauts sont connus et surveillés". Ces 32 prescriptions pourront encore être complétées d'autres une fois connus les résultats de l'audit de sûreté de toutes les installations nucléaires lancé par l'ASN après Fukushima, souligne le communiqué.
La France compte au total 34 réacteurs de 900 MW ayant en moyenne environ 28 ans. En juillet 2009, l'ASN avait donné un feu vert de principe à une prolongation jusqu'à 40 ans de l'exploitation des réacteurs nucléaires de 900 mégawatts, sous réserve d'une évaluation au cas par cas. Le cas du réacteur 1 de la centrale de Fessenheim, la plus ancienne encore en activité avec 33 ans de fonctionnement, est en cours d'examen.
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