Plus de six mois après sa disparition, elle lance un cri d'alarme. Nathalie Barré, la mère de Mathis, un enfant de 8 ans enlevé par son père début septembre et dont on est depuis sans nouvelles, a écrit à l'Elysée pour que des moyens supplémentaires soient donnés à la justice pour retrouver l'enfant. "Je souhaite par cette lettre lancer un appel aux pouvoirs publics et aux autorités politiques pour que des moyens supplémentaires soient mis à la disposition du Parquet de Caen pour retrouver Mathis", écrit Nathalie Barré.
"Les services judiciaires de Caen font leur maximum avec les moyens dont ils disposent mais qui sont insuffisants, c'est une évidence aujourd'hui. J'ai donc écrit à la Présidence de la République pour exposer ces faits et pour demander une aide", écrit Mme Barré qui s'interroge sur la vie même de son enfant: "est-il toujours vivant? Est-il dans une famille? Dans une communauté? Chez une personne qui le séquestre?" "Comment un enfant peut-il continuer à vivre ainsi? Quand la justice aura-t-elle les moyens de mettre fin à son épreuve? J'espère être entendue, j'espère que la voix de Mathis sera entendue: il n'a plus que moi pour crier son nom", conclut sa mère. Le père de l'enfant, Sylvain Jouanneau, a été retrouvé début décembre, mis en examen et écroué à Caen pour "enlèvement de mineurs par ascendant".
Mode de garde pas satisfaisant pour le père
Le 4 septembre, l'homme âgé de 37 ans n'avait pas ramené Mathis à sa mère, dont il était divorcé depuis six ans. Un appel à témoin lancé le 26 septembre avait permis de retrouver sa trace dans l'Hérault et le Gard. Depuis son interpellation, il refuse de dire où se trouve son fils. Il a affirmé que l'enfant était en sécurité chez des tiers et laissé entendre qu'il était à l'étranger. Un nouvel appel à témoin avait été lancé pour tenter de retrouver l'enfant après l'arrestation de son père.
Ce dernier avait lui aussi adressé une lettre à quelques médias début janvier dans laquelle il estimait que le mode de garde de son fils avant septembre n'était pas satisfaisant. Son avocate, Ophélie Minot, indiquait alors qu'il avait été privé de voir son fils entre septembre et décembre 2010. La procureure de la République de Caen, Catherine Denis, a indiqué que le juge d'instruction avait bien eu connaissance de cet appel de la mère, lancé dans plusieurs médias. Le juge n'a en revanche jamais reçu de courrier du père, contrairement à ce qu'avaient écrit certains médias. Devant le juge, il s'est toujours borné à déclarer qu'il ne savait pas où se trouvait son fils. Sylvain Jouanneau a bien un temps été privé de son droit d'hébergement, selon le parquet, mais à la suite d'une punition infligée à son fils et jugée inadaptée.







