Vol AF447: un nouvel incident qui pourrait relancer l'enquête

le 06 septembre 2011 à 17h31 , mis à jour le 06 septembre 2011 à 17h40

Dossier : Crash du vol Rio-Paris

Selon Le Figaro.fr, un vol Air France Caracas-Paris a subi fin juillet un incident qui se rapprocherait du scénario qui a mené au crash du Rio-Paris. Le BEA a ouvert une enquête.

Air FranceDes avions de la compagnie Air France/Image d'archives © ABACA

Un nouvel incident sur un vol Air France pourrait éclairer d'un nouveau jour le crash du Rio-Paris. Le Bureau d'Enquêtes et d'Analyses (BEA) a annoncé mardi avoir ouvert une enquête sur un problème survenu fin juillet lors d'un vol de la compagnie française reliant Caracas à Paris. Une déclaration qui confirme une information du figaro.fr, selon qui cet évènement présenterait des similitudes avec l'accident du vol Air France Rio-Paris en 2009, qui reste à ce jour inexpliqué.

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Plus d'infos

 
Selon le quotidien en ligne, qui s'est procuré un rapport d'incident et qui présente en détail l'enquête, l'Airbus A340 ralliant Paris à Caracas volait à son allure de croisière lorsqu'il a traversé une "zone de turbulences sévères," poussant l'avion en survitesse. Le pilote automatique s'est alors déconnecté et l'avion a perdu de la vitesse et pris trop d'altitude, comme sur le vol Rio-Paris, évitant toutefois de justesse le décrochage fatal à ce dernier, rapporte le site du Figaro. Le quotidien cite un proche de l'enquête, qui estime que cet incident "va permettre de comprendre s'il y a un problème sur l'Airbus ou s'il y a bien un problème de formation des équipages au pilotage manuel à haute altitude."

"Pourquoi le pilote automatique s'est désengagé ?"
 
De son côté, le BEA détaille également l'incident sur lequel il est chargé d'enquêter : "Le 21 juillet, un Airbus A340 reliant Caracas à Paris-CDG a traversé une zone de turbulences sévères et non prévue, au nord de l'arc antillais, après 1h30 de vol environ. L'avion, subissant un fort cisaillement de vent, a quitté son altitude de croisière. Après correction de la trajectoire par l'équipage, l'avion s'est posé normalement à Paris-CDG et aucun blessé n'était à déplorer parmi les passagers et l'équipage", précise le BEA.
 
Selon une source proche du dossier, citée par Le Figaro.fr, "aucun défaut de la chaîne anémométrique (sondes de vitesse, ndlr) n'a été constaté et l'avion n'a pas évolué en mode dégradé" comme cela a été le cas lors du Rio-Paris. Néanmoins, selon cette source, cet incident pose un certain nombre de questions : "Pourquoi le pilotage automatique s'est désengagé ? Pourquoi l'Airbus a-t-il pris cette altitude ?" Et "comment sont interprétées les alarmes d'Airbus en zone de turbulences ?" Elément nouveau : cette fois-ci, l'erreur humaine n'est mentionnée à aucun moment.

"Evènements de nature différente"
 
Au-delà de la présentation de son enquête, le BEA reste prudent et ne commente pas l'affirmation du figaro.fr selon laquelle cet incident pourrait permettre une meilleure compréhension du crash du Rio-Paris. Le BEA rappelle en outre que ce vol Caracas-Paris a été opéré par un Airbus A340, alors que l'avion accidenté du Rio-Paris était un A330. Contactée, la compagnie Air France s'est contentée de déclarer  que "l'accident de l'AF447 et cet incident constituent des événements de nature différente".
 
L'A330 d'Air France s'est abîmé au large du Brésil en juin 2009 avec 228 personnes à bord. A ce jour, l'accident reste inexpliqué, le givrage des sondes Thales mesurant la vitesse étant la seule défaillance établie mais les enquêteurs ont toujours dit qu'elle ne pouvait expliquer à elle seule l'accident. Dans leur dernier rapport publié fin juillet, le BEA a par ailleurs pointé une série de défaillances des pilotes. "Rien ne permet à ce stade de remettre en cause les compétences techniques de l'équipage", avait alors réagi Air France, critiquant la fiabilité de l'alarme de décrochage de l'Airbus. La compagnie avait estimé que ses "multiples activations et arrêts intempestifs et trompeurs" ont "fortement" handicapé l'équipage. Le Bureau d'enquêtes et d'analyses (BEA) avait alors jugé "prématurée" une recommandation sur le fonctionnement de l'alarme de décrochage.

le 06 septembre 2011 à 17:31
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13 Commentaires

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  • le_lutin_paris, le 07/09/2011 à 09h54

    Albert75014, je suis d'accord avec vous, mais vous avez quels éléments pour établir une vérité ? Vous n'avez rien, vous ne savez rien. Comment pouvez-vous savoir ce qui s'est passé ?

  • albert75014, le 07/09/2011 à 08h11

    Les experts médicaux ont autorisé la mise sur le marché du Mediator. Les experts ont jugé que le Bugaled Breiz s'était pris dans des filets...Etre expert est une chose. Avoir les mains libres pour dire la vérité en est une autre.

  • le_lutin_paris, le 07/09/2011 à 07h41

    Je suis toujours étonné de voir qu'alors les experts qui ont tous les éléments du dossier entre les mains cherchent encore, alors que vous, internautes qui ne connait rien du dossier à part les quelques éléments fournis par la presse, vous savez déja tout !

  • coucou78000, le 07/09/2011 à 07h40

    Ca m'épatte tous ces spécialistes en aviation qui lisent les news.

  • lucidite, le 07/09/2011 à 06h32

    L'article (qui n'est, à ce stade, qu'un article dans la presse, et non un document scientifique fiable) précise qu'il n'y avait pas de défaillance dans le système anémométrique, donc, oui on sait que cette survitesse était réelle. Si l'avion rencontre une augmentation du vent de face, cela augmente réellement sa vitesse air. Sans compensation, cela entraînerait également une montée. Si cette épisode est suivi immédiatement par un revirement du vent, qui passe à l'arrière (cisaillement) la vitesse air va chuter brusquement.

  • lucidite, le 07/09/2011 à 06h26

    Si l'avion avait grimpé en raison des auto-manettes, cela se serait traduit par une montée à vitesse constante, et non un ralentissement. Un article dans un journal n'est certes pas un document technique fiable, mais si tant est qu'il y ait de vrai dans l'article, le rencontre avec un fort cisaillement de vent pourrait, à lui seul, expliquer la survitesse, la montée, et le ralentissement qui a suivi. C'est la nature même du cisaillement, ou changement brusque de la direction du vent. Rien d'étonnant non plus à ce que l'autopilote se soit désengagé dans ces conditions. La vrai question est plutôt de savoir si l'équipage avait les informations nécessaires et la formation idoine pour réagir, ce qui semble être le cas, vue le dénouement réussi.

  • guppy62, le 07/09/2011 à 02h22

    Ouais...à la différence prés que là il ne s'agit pas d'un avion de tourisme mais d'un Airbus A340 ...!????

  • mouffi23, le 06/09/2011 à 21h42

    L"avion est monté car l'auto-manette (manette des gaz ) est resté engagé et le PA( pilote automatique ) ne contrôlais plus l'altitude. Les deux systèmes sont indépendant.

  • tb83, le 06/09/2011 à 19h29

    L'avion a pris de l'altitude pour stopper la survitesse, ce n'est pas une question à se poser. la bonne question c'est peut-être de savoir si la survitesse était REELLE.

  • claudcouledouce, le 06/09/2011 à 19h09

    Et vous n'avez pas la trouille en montant en voiture ? C'est pourtant beaucoup plus dangereux.

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