Vol de tableaux en Corse: la version du gardien intrigue

le 22 février 2011 à 10h00 , mis à jour le 22 février 2011 à 12h01

La police tente de comprendre comment quatre tableaux ont pu disparaitre du musée des Beaux-Arts d'Ajaccio. La version du gardien semble ne pas convaincre les enquêteurs.

[Expiré] [Expiré] tableaux volés Ajaccio © AFP

Le mystère planait toujours sur le Palais Fesch-Musée des Beaux-Arts d'Ajaccio, après la rocambolesque disparition de quatre tableaux par le gardien de nuit. Ce gardien s'était rendu au commissariat de police d'Ajaccio samedi 19 février pour se "constituer prisonnier", selon ses termes, après s'être emparé de quatre tableaux d'une valeur inestimable, avant que ces oeuvres ne disparaissent dans la nature. Il a été mis en examen lundi pour vol commis en bande organisée et tentative de vol en bande organisée.

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Les investigations menées depuis la disparition de ces trois tableaux et d'une oeuvre de Nicolas Poussin décrochés par le gardien samedi vers 6h, laissent supposer que l'homme n'a pas agi seul, et les investigations s'orientent vers la recherche de complices. Le gardien a raconté aux policiers du commissariat, en présence d'une  équipe de télévision convoquée à cet effet, avoir volé les tableaux pour obtenir du préfet de Corse et du maire d'Ajaccio un logement alors qu'il faisait l'objet d'une procédure d'expulsion. Il a ensuite accompagné les enquêteurs près d'un château à l'abandon sur les hauteurs de la ville, où était stationnée sa voiture dans laquelle il avait  affirmé avoir déposé les oeuvres. Mais les policiers n'ont rien trouvé à l'intérieur du véhicule dont des vitres avaient été brisées.
 
Etonnant fric-frac
 
Selon Corse-Matin, la police se penche sur le "trou" de plusieurs heures entre les vols, le départ du gardien par l'issue de secours et la découverte de la disparition des quatre tableaux. Les bandes videos du musée ainsi que les fait et gestes effectués par les deux gardiens présents cette nuit-là vont être analysés avec minutie. Le système de sécurité est neuf et ultra-moderne, selon le conservateur, puisque l'édifice situé dans une rue piétonnière du cœur historique d'Ajaccio a été entièrement modernisé et réorganisé.
 
La personnalité du gardien semble aussi intriguer les enquêteurs. Selon Corse-Matin, depuis quelques mois, il avait quelques problèmes familiaux, financiers et psychologiques. Et sa version, écrit Corse-Matin, n'aurait pas convaincu la police. "Le fait qu'Antoine Mocellini ait garé sa voiture dans laquelle se seraient trouvés les tableaux pris en otages à des kilomètres du centre-ville pour revenir à pied ne leur semble pas crédible. Pas plus que l'étonnant fric-frac de cette même voiture par des voleurs à la roulotte opportunistes qui se seraient emparés des oeuvres d'art comme on embarque un autoradio", conclut Corse-Matin.

Appel à témoins

Deux jours après la disparition des tableaux, les enquêteurs craignent qu'ils n'aient déjà été transportés hors de Corse, en dépit des affirmations des experts selon lesquels de telles oeuvres, répertoriées dans le monde entier, ne sont pas négociables. La police judiciaire et l'Office central de lutte contre le trafic de biens culturels ont fait diffuser un appel à témoins.

Datant des XIVe, XVe, XVIe et XVIIe siècles, ces oeuvres (une "Pentecôte"  de Mariotto di Nardo, une "Vierge à l'enfant" de Bellini, une autre d'un  anonyme ombrien et "Midas à la source du fleuve Pactole" de Poussin) sont des  pièces majeures des collections du Palais Fesch, qui abrite la deuxième collection de peinture italienne après celle du Louvre, à Paris. Un cinquième tableau, "L'homme au gant" du Titien, qui a été déplacé, a pu faire en outre l'objet d'une tentative de vol.

le 22 février 2011 à 10:00
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