Vol Rio-Paris : le rapport du BEA ne convainc pas

le 29 juillet 2011 à 17h15 , mis à jour le 29 juillet 2011 à 20h47

Dossier : Crash du vol Rio-Paris

Le BEA affirme avoir identifié une série de défaillances des pilotes du vol Rio-Paris d'Air France. Mais la compagnie aérienne, un syndicat de pilotes et les familles des victimes réfutent cette seule théorie et mettent en exergue les défaillances techniques de l'Airbus A330.

cockpit avion de ligneCockpit d'un avion de ligne (archives). © TF1/LCI

Dans son dernier rapport dévoilé vendredi, le Bureau d'enquêtes et d'analyse (BEA), qui s'appuie sur l'analyse des données des boîtes noires de l'avion,  relève que les pilotes du vol Rio-Paris auraient commis une série d'erreurs menant au crash de l'airbus A330 d'Air France en 2009. Une théorie qui ne convainc pas la compagnie aérienne, un syndicat de pilotes et les familles  des victimes.
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Plus d'infos

Qu'est-il reproché aux pilotes ? selon le BEA, ces derniers n'ont pas apporté les bonnes réponses aux principaux incidents des dernières minutes du vol : la perte des indicateurs de vitesse, à laquelle ils n'étaient pas entraînés à faire face, et le décrochage de l'appareil. Toujours selon le BEA, ils n'ont pas non plus appliqué la procédure requise après le givrage des sondes Pitot qui a conduit à une perte des indications de vitesse, notant qu'ils n'avaient "pas reçu d'entraînement à haute altitude à la procédure" de réponse à une telle situation.
 
Il n'en faut pas plus à Air France, directement concernée, pour s'insurger : "Rien ne permet à ce stade de remettre en cause les compétences techniques de l'équipage", a  réagi la compagnie dans un communiqué qui met aussi en cause la fiabilité de l'alarme de décrochage de l'Airbus. "Les multiples activations et arrêts intempestifs et trompeurs de l'alarme de décrochage, en contradiction avec l'état de l'avion, ont fortement contribué à la difficulté pour l'équipage d'analyser la situation", estime la compagnie. Précision : c'est le décrochage de l'A330, signifiant que l'avion n'était plus porté par l'air, qui a entraîné sa chute vertigineuse de 11.500 mètres en moins de trois minutes jusqu'à son impact avec la surface de l'eau. Air France estime par ailleurs dans son communiqué que "rien ne permet à ce stade de remettre en cause les compétences techniques de l'équipage" du vol Rio-Paris. Une manière de rétorquer au conseil du BEA en matière de formation des pilotes.

Néanmoins, Air France a annoncé ce vendredi que tous ses pilotes auront achevé en septembre une formation sur simulateurs aux "manoeuvres d'urgence en cas de décrochage" d'un avion, a indiqué vendredi un pilote de la compagnie. Après l'accident du vol Rio-Paris au large du Brésil en juin 2009, "deux séances de simulateur spécifiques" ont été ajoutées à la formation des pilotes, selon Eric Prevot, commandant de bord et porte-parole de la direction des opérations aériennes d'Air France. L'une d'elles concerne "les nouvelles manoeuvres d'urgence en cas de décrochage" entraînant la chute de l'avion.
 

"Dégager les industriels des responsabilités"
 
Autre organisme à monter au créneau, le SNPL, syndicat majoritaire chez les pilotes d'Air France qui insiste sur la responsabilité des sondes de vitesse Pitot, des commandes de vol et de l'alarme de décrochage dans l'accident du vol AF447 Rio-Paris. Il estime que ces dysfonctionnements ont rendu "inopérantes les différentes protections au décrochage censées, d'après le constructeur, être normalement assurées par l'appareil". "Les pilotes se sont alors trouvés confrontés à une situation extrêmement délicate, inattendue et complexe. Une situation totalement inédite pour laquelle le constructeur n'avait jamais prévu de les former, avec peu de temps pour la diagnostiquer", déclare Jean-Louis Barber, président du SNPL France Alpa d'Air France, dans un communiqué.

Enfin, de leur côté, les familles des victimes estiment "très contestable" les conclusions du rapport du BEA. Selon leur avocat, maître Olivier Maurice, c'est "peut-être une façon (...) de dégager les industriels en termes de responsabilité". "S'il n'y avait pas eu les défaillances des sondes Pitot, les pilotes ne se seraient pas retrouvés face à une situation aussi complexe. Donc en ce qui me concerne, je considère que la part des sondes Pitot dans le crash est prépondérante", affirme l'avocat. De l'autre côté de l'Atlantique, au Brésil, c'est la même analyse : les familles brésiliennes des victimes du vol d'Air France "rejettent" le nouveau rapport d'enquête publié vendredi et affirment que la "faille est mécanique et non pas humaine". "Le BEA, chargé de l'enquête technique, a reconnu lui-même des problèmes dans les sondes Pitot. C'est une contradiction de rejeter maintenant la faute sur les pilotes", a précisé le président de l'association qui regroupe ces familles.

le 29 juillet 2011 à 17:15
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19 Commentaires

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  • akj84, le 30/07/2011 à 18h02

    Suite de mon message: Il est évident que la situation de l'équipage est rapidement devenue tres inconfortable et stressante.Cependant les situations de stress feront toujours partie du métier.Il est aussi évident que l'ergonomie Airbus peut etre améliorée.Néanmoins,ce sont les actions aux commandes effectuées et le manque d'analyse qui ont mené l'avion à sa perte.Le reconnaitre ne signifie pas blamer les pilotes(paix à leurs ames) mais identifier les failles en terme de technique,d'ergonomie, mais aussi de formation, de procedures , de facteur humain , de pratique du pilotage en MANUEL. Si Air France comme elle le fait, nie toute défaillance pour elle ou ses pilotes, cela revient à dire "tout va bien chez nous, ne changeons rien!" et on regrettera encore des cas d'accident similaires. J'ai la chance de faire partie de ce corps de métier (coté militaire). Nous essayons d'apprendre beaucoup de nos propres erreurs et de celles des autres. Refuser de reconnaitre ses erreurs comme le font Air France et certains de ses pilotes des qu isl sont mis en cause (A340 à Toronto, AF447 etc..) c'est implicitement ne tirer aucun enseignement et ouvrir la porte à des drames à venir!

  • 11b223, le 30/07/2011 à 17h13

    Il est sûre que la fatigue joue mais ils étaient quand même 3 à bord! Que les 3 soient complètement hors service, ça fait beaucoup. Si vous êtes pilote, vous avez sûrement lu des articles aéronautique sur cet accident? On ne parle pas de la fatigue des pilotes mais des sondes qui sont fortement remises en cause. Il suffit de comparer les avions qui en sont équipés et ceux qui ont un autre modèle. Airfrance et Airbus étaient au courant des disfonctionnements. Allez jeter un coup d'oeil sur les rapports d'Aircaraibes.

  • 11b223, le 30/07/2011 à 17h09

    Vous voler sur airbus?

  • giromaxi, le 30/07/2011 à 16h30

    Je ne critique pas c'est un constat, il n'est pas de moi mais c'est la conclusion d'experts à la suite de plusieurs accidents. La fatigue et la panique entraînent des réactions qui deviennent incohérantes comme cabrer au lieu de piquer en cas de décrochage !... Quant à parler de choses que je ne connais pas on pourrait peut être comparer le nombre de nos heures de vol.....

  • 11b223, le 30/07/2011 à 12h32

    Giromaxi, vous parlez de choses que vous ne connaissez pas!

  • 11b223, le 30/07/2011 à 12h24

    C'est bizarre, je ne peux jamais répondre et argumenter!!!!??

  • 11b223, le 30/07/2011 à 12h15

    Vous parlez de choses qui ne sont pas comparables! Les sondes de cet airbus étaient connues depuis quelques temps pour leur disfonctionement! Un vol d'Aircaraibes, équipé des mêmes sondes, a eu le même problème mais par bonheur et chance, le problème s'est produit de jour, donc avec une visibilité entière. Lorsque vous êtes dans le noir complet, il n'existe plus de vol à vue. Et lorsqu'il n'y a plus de vol à vue, on passe aux instruments mais quand ces derneirs sont en panne et qu'ils sont contradictoires, vous faites comment??? Et à lire que les pilotes ne savent pas réagir en cas de décrochage, je rêve là!!!! Il y a toujours des plus malins ..mais que font-ils dans la vie à part critiquer??? Aussi, les airbus d'autres compagnies, équipés avec des sondes d'une marque différente, n'ont jamais eu ce problème!!

  • giromaxi, le 30/07/2011 à 11h11

    La fatigue est certainement responsable de bien des erreurs ( crash du vol 3407de Continental Airlines le 12/02/2009), comment se fait-il que le commandant de bord aille se coucher au bout d'une heure et demi de vol ?!... Actuellement les pilotes ne sont plus entraînés à sortir un avion d'un décrochage et encore moins d'une vrille "car cela ne doit pas se produire" les calculateurs veillent !...

  • giromaxi, le 30/07/2011 à 10h58

    Le vol 3407 est un vol de Continental Airlines, opéré par la compagnie aérienne régionale Colgan Air entre l'aéroport international Newark Liberty (EWR) dans le New Jersey et l'Aéroport international de Buffalo-Niagara (BUF) dans l'État de New York sur un turbopropulseur Bombardier Dash 8 Q400, qui s'est écrasé le 12 février 2009 sur une maison au nord-est de Clarence dans la banlieue de Buffalo, à environ 9 km de la piste de l'aéroport de destination. Au dernier bilan, l'accident a fait 50 morts : les 4 membres d'équipage et les 45 passagers ainsi qu'une personne qui se trouvait dans la maison. Aucun appel d'urgence de l'équipage n'a été reçu avant l'accident.. Les deux boîtes noires du Dash ont été retrouvées le lendemain matin en fin de matinée. L'enquête a révélé que l'accident a été causé par plusieurs erreurs de l'équipage. Après avoir descendu le train d'atterissage et mis les volets à 10 degrés, l'avion a trop ralenti et l'alarme de décrochage a retenti. Le Commandant a tiré le manche au lieu de le pousser et le train n'a pas été rentré. Ensuite la copilote a rentré les volets ce qui a aggravé la situation puis a rentré le train trop tard. Finalement, l'équipage a perdu le contrôle de l'avion.

  • fliny22, le 30/07/2011 à 08h50

    Il faut bien des responsables et bien sur c'est ceux qui sont plus là......................

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