L'abolition de la peine de mort a 25 ans

le 17 septembre 2006 à 21h06 , mis à jour le 20 septembre 2006 à 08h27

Votée il y a 25 ans, l'abolition de la peine de mort ne fait plus débat en France, l'opinion publique est dans l'ensemble hostile à son rétablissement.

Justice Picto Vignette bleue © INTERNE

18 septembre 1981 : 363 députés votent l'abolition de la peine capitale, conformément à l'engagement pris pendant la campagne par le nouveau président socialiste, François Mitterrand. "J'ai l'honneur, au nom du gouvernement de la République, de demander à l'Assemblée nationale l'abolition de la peine de mort en France", avait déclaré la veille le Garde des Sceaux Robert Badinter, avocat et militant inlassable de cette cause.

L'abolition, votée à une large majorité (seuls 117 députés s'y opposèrent), rencontrait cependant l'hostilité de l'opinion publique. 62 % des Français se disaient favorables à la peine de mort, selon une enquête de 1981 menée par la Sofres. Deux ans plus tard, un sondage de l'Ifop montrait que 59 % des personnes interrogées souhaitaient son rétablissement.

FN et MPF pour le rétablissement

Lentement mais inexorablement, les deux décennies écoulées ont montré "une évolution durable, continue de l'opinion vers l'abolitionnisme", selon Jérôme Sainte-Marie, de l'institut BVA. En avril 2006, le baromètre politique de l'Ifop pour le Centre d'étude de la vie politique française (Cevipof) relevait que les partisans du rétablissement de la peine de mort n'étaient plus que 38 %, alors qu'ils étaient 44 % en 1998.

Jérôme Fourquet, de l'Ifop, constate qu'"en 1998 comme aujourd'hui, seul l'électorat Front national est nettement favorable au rétablissement. Tous les autres sont contre". Le président du FN Jean-Marie Le Pen est, avec celui du Mouvement pour la France Philippe de Villiers, le seul à réclamer un référendum pour rétablir la peine capitale. Mais "Villiers et Le Pen sont marginaux : l'immense majorité des élus politiques est opposée à la peine de mort", souligne Michel Taube, le porte-parole d'Ensemble contre la peine de mort (ECPM).

"Une génération" pour ancrer l'abolition

Pour Robert Badinter, ces résultats ne sont pas une surprise: "je pensais en effet qu'il fallait une génération" pour ancrer l'abolition dans l'opinion. Pour l'ancien ministre, dont les discours sur la question viennent d'être publiés en recueil (Contre la peine de mort, Fayard), le combat se situe désormais sur le terrain de "l'abolition universelle" : 119 Etats de l'ONU sur 199 sont aujourd'hui abolitionnistes. Jacques Chirac, qui avait voté l'abolition en 1981, s'est prononcé en janvier pour inscrire celle-ci dans la Constitution française.

Il reste que, pour Michel Taube, "il n'y a que les juristes pour penser que les lois sont inscrites dans du marbre et du coup sont immuables". Son association ECPM milite pour un travail pédagogique inlassable auprès de l'opinion "pour expliquer les raisons pour lesquelles on a aboli la peine de mort afin de mieux garantir l'impossibilité de revenir en arrière".

D'après AFP

le 17 septembre 2006 à 21:06
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11 Commentaires

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  • L'embrigadement contre, le 18/09/2006 à 10h12

    Le débat sur la peine de mort restera dans les mémoires comme étant le premier sujet dans l'histoire où les medias de l'audiovisuel se sont permis de mener campagne et d'embrigader l'opinion au mépris de l'impartialité et de la plus élémentaire déontologie. Aujourd'hui, la peine de mort existe toujours puisque d'innocentes victimes continuent de se faire régulièrement assassiner par des déséquilibrés et des terroristes; ce sont les innocents qui sont condamnés à mort pendant que leurs bourreaux coulent des jours paisibles...

  • Silvio, le 18/09/2006 à 10h12

    Si ton oeil gauche te fait pécher, retire le et jette le loin de toi, si ton bras droit te fait pécher, coupe le et jette le loin de toi. Alors, pourquoi que si ton voisin tue ou commet des crimes tels le viol, l'assassinat et autres ne pas le mettre hors d'état de nuire?

  • Michel, le 18/09/2006 à 10h01

    Et la peine de mort pour les victimes, on l'abolit quand ?? Comme d habitude, on nous matraque les oreilles avec le politiquement correct ... A l'époque, on promettait une véritable "perpette" pour mettre hors circuit les grands criminels. Elle n'a jamais existé et les vris fauves de notre société se retrouve dehors après 20 ou 30 ans. Voir l'emblématique P. HENRY, le protégé de BADINTER. L'injustice n'est pas d'appliquer la peine de mort, même si ceci reste un drame humain, mais d'être incapable de protéger la société de ses éléments les plus dangereux, ceci au détriment des plus faibles (vieillards enfants etc...) merci de publier pour une fois.

  • Eb, le 18/09/2006 à 09h52

    On pronne les droits de l'homme et l'anti peine de mort mais que pense une mère à laqu'elle on a tué son enfant, la jeune femme ou l'ado qui a été violé lorsqu'il entendra que le coupable ressort et souvent récidive ?

  • Maret, le 18/09/2006 à 09h51

    Tous ceux qui sont pour le rétablissement de la peine de mort se garde bien de dire qu'il faudrait sortir de l'Union Européen pour la rétablir

  • CQFD, le 18/09/2006 à 09h41

    Que l'on fasse un référendum sur le rétablissement de la peine de mort pour les assassins d'enfants et les terroristes. Nos "élites" savent très bien quels seront les résultats ! Sur de tels sujets, c'est à la nation de s'exprimer, pas aux "philosophages" de salon.

  • Pierre GRAND, le 18/09/2006 à 09h06

    Que de clichés dans votre article... Je ne suis pas de droite et pour la peine de mort, au moins pour les pires horreurs commises, quand tout doute est levé. Dans ces cas extrêmes, expliquez aux familles des victimes comment on revient en arrière alors. Et laisser pourrir quelqu'un entre quatre murs est bien plus cruel.

  • Alicia, le 18/09/2006 à 08h00

    Il y a des fois ou l on se dit que la peine de mort devrait toujours etre en application l affaire jourdain dans le pas de calais; Dutroux ....

  • Melinda, le 18/09/2006 à 07h58

    Cette abolition est tout à l'honneur de la France. Il a été prouvé que la criminalité est en baisse dans les pays qui ont aboli la peine de mort (c'est le cas en France), donc la peine de mort n'est pas dissuasive. D'autre part, une société civilisée ne peut considérer que tuer est un déli impardonnable, et, en réponse à ce délit… tuer la personne qui l'a commise! C'est un non-sens total. Merci de me publier

  • Pmvallez, le 18/09/2006 à 07h18

    Il est archi-faux de dire que la majorité des français est satisfaite de l'abolition de la peine de mort, ce que veulent les français c'est se promener, jour et nuit, librement sans risque de se faire "égorger" c'est loin d'être le cas partout sur le territoire !!!!!!

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