Clearstream : article du Monde daté du jeudi 21 septembre 2006 © TF1/LCIL'information a été révélée par Le Monde dans son édition de jeudi : dès juillet 2004, la DGSE (Direction générale de la sécurité extérieure) avait évoqué dans une note interne "une tentative de manipulation de la justice française." Cette note de la DGSE, dont on ignore le ou les destinataires, aurait, selon le quotidien, été rédigée au lendemain de la parution dans Le Point d'un article qui mentionnait pour la première fois l'existence de listings bancaires en parlant d'une affaire d'Etat. C'est à cette même période que Dominique de Villepin, alors ministre de l'Intérieur, commandait une enquête sur l'authenticité de ces mêmes listings à la DST (Direction de la surveillance du territoire).
"Le service a obtenu des listes de comptes enregistrés chez Clearstream, transmises par Imad Lahoud sous la forme de deux CD-ROM. Ce listing est identique à celui que le 'Corbeau' a envoyé aux magistrats du pôle financier", constate la DGSE dans sa note en expliquant que "l'analyse de ces données incite à privilégier l'hypothèse d'une tentative de manipulation de la justice française par un 'corbeau'." Pour les services secrets français, "cette manoeuvre s'appuierait sur des liens imaginaires entre certains comptes et leurs soi-disant titulaires figurant dans les courriers anonymes."
La manipulation démontrée en décembre 2005
Le juge financier Renaud Van Ruymbeke avait reçu en mai et juin 2004 des lettres anonymes accompagnées de CD-ROM évoquant des transferts occultes sur des comptes de Clearstream et citant des noms de personnalités, dont Nicolas Sarkozy, qui en aurait bénéficié. Il ne devait parvenir à démontrer la manipulation, après retour de commissions rogatoires internationales, qu'en décembre 2005.
Les juges Jean-Marie d'Huy et Henri Pons, chargés de l'enquête, ouverte en septembre 2004, sur cette manipulation, ont depuis lors identifié l'auteur des envois anonymes, l'ancien vice-président d'EADS, Jean-Louis Gergorin. Ce dernier a été mis en examen en juin 2006 pour "dénonciations calomnieuses" par les deux magistrats tout comme Imad Lahoud, ex-informaticien d'EADS, soupçonné d'avoir falsifié les fameux listings. (D'après agence)
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