Tribunal correctionnel de Paris © LCIA chaque fois, c'était le même scénario. Arme au poing, l'homme pénétrait dans la banque ou la station service dès l'ouverture. Il se faisait remettre de l'argent liquide puis prenait la fuite avec son complice qui l'attendait à l'extérieur sur une moto jaune. L'homme serait Hafid Y, un ancien salarié de Metaleurop licencié à la suite de la fermeture de la fonderie en 2003. Il comparaît avec son oncle à partir de mercredi devant la cour d'assises du Pas-de-Calais pour une série de braquages commis à l'été 2004 dans les environs de Lens.
Hafid Y. est accusé d'avoir attaqué, entre le 16 juin et le 31 juillet, six agences bancaires et deux stations-service de supermarchés. Son oncle, Rachid, l'aurait aidé pour six des huit braquages. Le préjudice total s'élève à 30.000 euros. Les deux hommes, qui ont reconnu les faits lors de l'enquête, sont poursuivis pour vols avec armes. Ils encourent 20 ans de réclusion.
"Le premier braquage suffisait à payer leurs dettes"
Sans passé judiciaire, Hafid Y, 35 ans au moment des faits, est "tombé dans un engrenage" alors qu'il connaissait des difficultés financières, selon son avocate Me Marion Séverin. Après 14 ans de travail à la fonderie de Noyelles-Godault, il a été licencié aux côtés des 830 autres salariés lors de la fermeture du site début 2003. "Ce n'est pas seulement la fermeture brutale de l'usine", estime son avocate: "Les trois dernières années à Metaleurop, il avait déjà connu une chute brutale de ses revenus en passant en CDI" et en ne percevant plus les primes de précarité qu'il avait touchées pendant onze ans. Interpellé peu après le dernier braquage avec son oncle de deux ans son aîné, "il a toujours assumé son geste qu'il regrette", ajoute Me Séverin.
Autant de "circonstances" qui peuvent, selon elle, expliquer la "décision empreinte d'humanité" du juge de la liberté qui ne les avait pas fait incarcérer et s'était contenté d'astreindre les deux hommes à un contrôle judiciaire. Une dizaine de jours plus tard, Yousfi et Rachid Y. étaient pourtant placés en détention provisoire sur décision de la chambre de l'instruction. "Le premier braquage suffisait à payer leurs dettes, la thèse Metaleurop existe mais elle ne peut pas tout justifier", estime pour sa part l'avocat des parties civiles Me Emmanuel Riglaire. Le procès doit durer trois jours.
(D'après agence)
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