"L'engrenage" qui mène au braquage

le 27 septembre 2006 à 05h00 , mis à jour le 25 septembre 2006 à 19h07

Un ex-salarié de Metaleurop, licencié après la fermeture de la fonderie en 2003, comparaît à partir de mercredi pour des braquages en 2004 près de Lens.

TF1/LCI : Tribunal correctionnel de Paris Tribunal correctionnel de Paris © LCI

A chaque fois, c'était le même scénario. Arme au poing, l'homme pénétrait dans la banque ou la station service dès l'ouverture. Il se faisait remettre de l'argent liquide puis prenait la fuite avec son complice qui l'attendait à l'extérieur sur une moto jaune. L'homme serait Hafid Y, un ancien salarié de Metaleurop licencié à la suite de la fermeture de la fonderie en 2003. Il comparaît avec son oncle à partir de mercredi devant la cour d'assises du Pas-de-Calais pour une série de braquages commis à l'été 2004 dans les environs de Lens.

Hafid Y. est accusé d'avoir attaqué, entre le 16 juin et le 31 juillet, six agences bancaires et deux stations-service de supermarchés. Son oncle, Rachid, l'aurait aidé pour six des huit braquages. Le préjudice total s'élève à 30.000 euros. Les deux hommes, qui ont reconnu les faits lors de l'enquête, sont poursuivis pour vols avec armes. Ils encourent 20 ans de réclusion.

"Le premier braquage suffisait à payer leurs dettes"

Sans passé judiciaire, Hafid Y, 35 ans au moment des faits, est "tombé dans un engrenage" alors qu'il connaissait des difficultés financières, selon son avocate Me Marion Séverin. Après 14 ans de travail à la fonderie de Noyelles-Godault, il a été licencié aux côtés des 830 autres salariés lors de la fermeture du site début 2003. "Ce n'est pas seulement la fermeture brutale de l'usine", estime son avocate: "Les trois dernières années à Metaleurop, il avait déjà connu une chute brutale de ses revenus en passant en CDI" et en ne percevant plus les primes de précarité qu'il avait touchées pendant onze ans. Interpellé peu après le dernier braquage avec son oncle de deux ans son aîné, "il a toujours assumé son geste qu'il regrette", ajoute Me Séverin.

Autant de "circonstances" qui peuvent, selon elle, expliquer la "décision empreinte d'humanité" du juge de la liberté qui ne les avait pas fait incarcérer et s'était contenté d'astreindre les deux hommes à un contrôle judiciaire. Une dizaine de jours plus tard, Yousfi et Rachid Y. étaient pourtant placés en détention provisoire sur décision de la chambre de l'instruction. "Le premier braquage suffisait à payer leurs dettes, la thèse Metaleurop existe mais elle ne peut pas tout justifier", estime pour sa part l'avocat des parties civiles Me Emmanuel Riglaire. Le procès doit durer trois jours.

(D'après agence)

le 27 septembre 2006 à 05:00
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9 Commentaires

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  • Barlet, le 27/09/2006 à 16h18

    Je comprends tt à fait la détresse de ces deux hommes. Quand on voit les petites peines (voire aucune) pr les assassins de la route, je pense que 20 ans pour avoir voler quelques euros à des banques qui sont remboursées illico c'est trop!! Y a pas eu meurtre. C'est de la démesure. Publiez-moi SVP

  • David, le 27/09/2006 à 16h12

    Comme quoi tout est dit quand l'article mentionne le faite que cette personne connaissait des moments difficiles en étant passé en CDI et perdant du coup ces prestations sociales, voila le quotidien de tous les Francais, nous sommes contraints de survivre pour payer le social et ceux qui se pavane aux frais de la princesse !!!

  • Ce sont des criminels, le 27/09/2006 à 14h33

    J'ai beau chercher, je ne vois aucune circonstance atténuante à ces criminels. Il n'est pas question d'engrenage dont ces personnes seraient victimes; ce sont justes deux voyous qui ont préféré voler et violenter des honnêtes gens pour se mettre plein d'argent facile dans les poches plutôt que de se contenter du même traitement que tout le monde. Je suis consterné par l'esprit de cet article qui voudrait faire croire qu'un banal licenciement pourrait mener des gens normaux à commettre des braquages... ALLEZ OUSTE, EN TAULE!!!!

  • JOELLE, le 27/09/2006 à 12h14

    Heureusement que tous les licenciés ne commettent pas des barquages !!!

  • Armand, le 27/09/2006 à 11h20

    Elle est belle notre société capitaliste...

  • Baudron, le 27/09/2006 à 09h02

    Heureusement que les 830 autres salariers ne sont pas devenues des braqueurs.Il existe des cellules de reclacement, et d'autres moyens de s'en sortir, sans etre obliger de braquer des banque.

  • Pierre, le 27/09/2006 à 08h25

    Deux braqueurs multirécidivistes sont arrêtées et relachés immédiatement par le juge des libertés ? C'est tout simplement scandaleux ! Quand Sarko parle de démission et de décisions judiciaires motivées par l'idéologie marxiste, il est encore en dessous de la vérité ...

  • Patrick, le 27/09/2006 à 08h24

    Bonjour la loi doit s'appliquer a tous le monde et s'il avai tue si tous les licencies s'amusent a faire des braquages il n'y aurai plus de places dans les prisons

  • Citoyen, le 27/09/2006 à 07h49

    Décision empreinte d'humanité ! et les victime des braquages ,mon mari a été braqué 2 fois par des hommes cagoulés et armés et je vous assure que le traumatisme est bien réel, à l'époque il n'existait pas de cellule psycologique alors on s'en remet tout seul avec l'amour et le soutien de ses proches, mais dans le cas présent, savoir que sous prétexte qu'il était licencié,on lui trouve des excuses PAS D'ACCORD. Marre de cette société (et de cette justice)qui trouve des circonstance atténuantes à tors et à travers, que tous se comportent en bon citoyen responsable et si on sort du rang, et bien oui, il y a punition.

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