Pierre Bédier, un ex-ministre en correctionnelle

le 25 septembre 2006 à 11h43 , mis à jour le 25 septembre 2006 à 14h30

L'ancien secrétaire d'Etat UMP, jugé depuis lundi, est soupçonné d'abus de biens sociaux et de corruption passive avec deux autres élus des Yvelines.

A gauche, Pierre Bédier au Pôle financier, en janvier 2004. archives TF1/LCIA gauche, Pierre Bédier au Pôle financier, en janvier 2004 © TF1/LCI

Les trois élus UMP sont soupçonnés d'avoir perçu des pots-de-vin de la part d'une société de nettoyage industriel. L'ex-secrétaire d'Etat Pierre Bédier, ancien maire de Mantes-la-Jolie et actuel président du conseil général des Yvelines est jugé depuis lundi devant le tribunal correctionnel de Paris. A ses côtés, deux autres prévenus : Jacques Masdeu-Arus, le député-maire de Poissy et Gilles Forray, son premier adjoint.

Entre 1998 et 2001, les trois hommes auraient touché de l'argent de la part de la société Ainett, bénéficiaire de marchés à Poissy et à Mantes. Le patron de boîte Michel Delfau, décédé en juillet 2005 d'un cancer, avait été mis en examen en 2003 notamment pour "abus de biens sociaux".

Argent liquide

Cette affaire démarre par un divorce. En décembre 2001, l'épouse de Michel Delfau révèle dans un courrier adressé au procureur de la République de Paris que son mari a effectué d'importants retraits en espèces au sein des sociétés pour en faire bénéficier Pierre Bédier, Jacques Masdeu-Arus et Gilles Forray.

Menées par la brigade financière et le juge Philippe Courroye, les investigations montrent qu'entre 1998 et 2001 le total des retraits de fonds s'élève à 1.297.035 francs (197.731 euros). Pierre Bédier, dont plusieurs témoignages attestent qu'il a perçu, alors qu'il était maire de Mantes-la-Jolie, des sommes en argent liquide, conteste, de même que ses co-prévenus, les remises de fonds.

Un appartement au Maroc

Mais l'instruction montre que des rendez-vous dans des restaurants étaient organisés entre Michel Delfau et Pierre Bédier au cours desquels des enveloppes auraient été remises. Chaque rencontre était précédée d'un retrait de fonds par Michel Delfau : 50.000 francs (7622 euros) le 28 juillet 2000 et la même somme les 20 février, 14 mars et 12 août 2001.

Pierre Bédier, l'ex-secrétaire d'Etat aux Prisons du gouvernement Raffarin avait dû démissionner au moment de sa mise en examen en janvier 2004. Gilles Forray aurait perçu des sommes de l'ordre de 5000 francs mensuels (762 euros). Il aurait aussi profité d'un prêt non remboursé d'environ 400.000 euros au préjudice d'une des sociétés du groupe Delfau. Il aurait également bénéficié de l'achat en avril 2002 d'un appartement à Marrakech financé par l'entrepreneur. Sa compagne, Chantal Guerroult, est décédée en septembre 2003 à l'issue de sa garde à vue, à la suite d'une ingestion massive de médicaments. Une mort qui planera sur le procès qui doit durer jusqu'au 25 octobre.

                                                                                  (Avec agence)

le 25 septembre 2006 à 11:43
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7 Commentaires

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  • Pol75, le 22/04/2009 à 01h39

    La il est toujours député ...

  • Franck, le 25/09/2006 à 19h20

    De toute facon entre innocent est coupable la peine ne differe pas pour des politiques. Au pire quelques mois de sursis, une pseudo inégibilité et au bout de quelque mois on recommence...Alors Mr Sarkozi a quand le karcher pour nos chers politiques !

  • Vastre, le 25/09/2006 à 17h34

    Patience : Monsieur Bédier n'a pas encore été déclaré coupable. Il est encore présumé innocent et il faut attendre la décision de la justice pour se forger une opinion.

  • Alain, le 25/09/2006 à 16h07

    Un occasion pour les juges de montrer qu'ils ne sont pas laxistes et punissent sévèrement les déliquants !

  • Christophe, le 25/09/2006 à 15h53

    ça devient une habitude à l'UMP... Rassurez vous messieurs, Chirac use volontier du droit de grâce pour les députés UMP...

  • Pascal, le 25/09/2006 à 13h48

    Moi je dis qu'un élu qui est reconnu coupable de prises illégales d'intérêts doit être inéligible à VIE ! et hop... ça fera de la place pour ceux qui sont honnêtes.

  • Candide, le 25/09/2006 à 13h47

    Voler une viennoiserie c'est condamnable ! Pour reprendre ce vieux proverbe "qui vole un oeuf vole un boeuf..-cité bien souvent sur votre site- "On peut supposer qu'ayant volé un "boeuf " la condamnation sera proportionnelle !sinon les voyous ne comprendraient pas .

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