Un an requis contre les "mariés de Bègles"

le 29 septembre 2006 à 21h23 , mis à jour le 29 septembre 2006 à 21h54

Bertrand Charpentier et Stéphane Chapin sont jugés pour avoir falsifié plusieurs chèques d'une retraitée qui les avait hébergés. La décision a été mise en délibéré au 13 octobre.

TF1/LCI : Bertrand Charpentier et Stéphane Chapin, les "mariés homos de Bègles" lors de leur procès pour falsification de chèquesBertrand Charpentier et Stéphane Chapin, les "mariés homos de Bègles" lors de leur procès pour falsification de chèques © TF1/LCI

Un an de prison, éventuellement assorti d'un sursis, a été requis à l'encontre des "mariés" homosexuels de Bègles jugés vendredi à Bordeaux pour "falsification et usage de chèques falsifiés", "abus de faiblesses" et "fraude à la caisse d'allocations familiales". La décision a été mise en délibéré au 13 octobre. Le procureur de la République, Frédéric Clot, a estimé que "sur l'image de leur notoriété, ils se sont crus tout permis. Les droits des minorités sexuelles ne doivent pas s'exprimer à l'insu d'autres minorités, les personnes âgées".

Bertrand Charpentier et Stéphane Chapin, qui avaient été unis le 5 juin 2004, lors d'une cérémonie très médiatisée, par le maire de Bègles Noël Mamère (mariage annulé ensuite par la cour d'appel de Bordeaux), sont prévenus d'avoir falsifié plusieurs chèques d'une retraitée de 80 ans, qui les a hébergés en 2004 à Saint-Aubin-du-Médoc avant leur prétendu mariage, notamment pour financer les 1000 euros de leurs costumes. Au total, 2500 euros de chèques ont été signés et 1500 euros de dettes ont été contractés auprès des commerçants de la commune.

Pique à l'adresse de Noël Mamère

La justice reproche également à Bertrand Chapin d'avoir perçu de manière indue des prestations d'aide au logement alors que les deux hommes étaient logés à titre gratuit par Mathilde Baquey, qui s'est constituée partie civile et était présente à l'audience. L'avocate de Mme Baquey, Me Marie-Françoise Lasserre, a réclamé la restitution de l'argent utilisé par les deux homosexuels, estimant que "si le premier magistrat de Bègles n'avait pas célébré ce mariage, nous n'en serions pas là".

L'avocate de la défense, Me Monique Guedon, a demandé la relaxe, jugeant que les délits n'étaient pas constitués et que les deux homosexuels avaient largement participé aux dépenses quotidiennes de Mme Baquey. "Je trouve très déplacé de faire le rapprochement entre la cause que défendaient les prévenus en 2004 et les délits qui leur sont reprochés", a-t-elle dit à des journalistes à l'issue de l'audience.

D'après agence

le 29 septembre 2006 à 21:23
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