© AFP/DRCe mercredi, dès le début de l'audience devant la cour d'assises du Nord à Douai, Tahar Bourahla s'adresse aux proches de la victime : "J'ai fait des mauvaises choses dans ma vie mais je n'ai pas tué Marianne. Je n'ai jamais tué qui que ce soit". Etudiante à l'IUT de Valenciennes, Marianne Listoir, 18 ans, avait disparu le 19 octobre 2002. Dix jours après, notamment grâce au témoignage de la compagne de Tahar Bourahla, son corps avait été retrouvé dans un fossé de Marly, près de Valenciennes. Tuée de nombreux coups de couteau, l'étudiante n'avait pas été violée.
Arrêté le 28 novembre 2002, Bourahala clame depuis son innocence. Et il nie encore à l'audience. Interrogé ce mercredi sur la présence, près du corps de la jeune fille, du couteau qu'il reconnaît être le sien, l'accusé reste flou. Il refuse également de s'exprimer sur le fait que plusieurs jeunes femmes l'ont reconnu formellement. Des jeunes femmes qui, comme Marianne au moment de sa disparition, pensaient se rendre à un rendez-vous pour un emploi, et l'ont croisé près de l'appartement d'une ancienne amie de Tahar Bourahla ou sur le chemin où le corps a été retrouvé.
"Je me suis pris pour un prince, mais j'étais un pauvre con"
"Je ne sais pas. Je ne vais pas inventer une version pour combler le silence", se contente-t-il de répéter au président de la cour, Jean-Paul Beulque, qui l'a invité à déposer à la barre, hors de son box. Mais sa ligne de défense, elle, est claire. "Vous vous posez toujours en victime", lui déclare le président. "Oui, je suis une victime", réagit immédiatement Tahar Bourahla. "Je ne suis pas un assassin, ce n'est pas moi qui devrais être là. En quelle langue faut-il que je vous le dise?"
Volontiers beau parleur, "frimeur", comme lui-même se décrit, M. Bourahla admet des erreurs de jeunesse. Une précédente condamnation pour agression sexuelle? "J'ai merdouillé avec une gonzesse", répond-il, soulignant que sa condamnation à dix mois de prison dont deux ferme avait été plutôt légère. "Je me suis pris pour un prince, mais j'étais un pauvre con. Je m'en suis rendu compte, j'ai changé", assure celui qu'un expert psychiatre présente comme "d'un naturel plutôt ouvert".
Pour l'accusation, en revanche, pas de doute, Tahar Bourahla est bien coupable. Le commissaire Christian Andries, du SRPJ de Lille, chargé de l'enquête en 2002, est venu le rappeler à la barre avec des mots parfois crus. "Vous avez tué Marianne pour le plaisir de la tuer, vous êtes un pervers", assène-t-il à l'accusé. "C'est vous qui m'avez bousillé en garde à vue. J'aurais pu vous avouer n'importe quoi", se rebelle Tahar Bourahla.
D'après agence
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