Image d'archives © TF1Forts de la décision du tribunal administratif de Toulouse le 6 juin dernier, quelque 1200 anciens déportés et descendants de déportés ont déposé auprès de la SNCF des demandes d'indemnisation qui pourraient aboutir à des requêtes en justice. Car la SNCF a indiqué qu'elle n'entendait pas répondre à ces demandes. Déjà sept requêtes en réparation du préjudice moral ont d'ailleurs été introduites devant les tribunaux administratifs de Lyon, Orléans, Montpellier, Marseille, Amiens et Toulouse.
L'information, révélée par challenges.fr a été confirmée par le député Vert Alain Lipietz. Il est en effet au courant du dossier : sa famille, en tant que descendante d'un déporté transféré en mai 1944 vers le camp de Drancy, a obtenu la première décision de justice condamnant la SNCF et l'Etat à 62.000 euros de dommages et intérêts pour leur rôle dans la déportation de juifs.
Des résistants aux côtés des demandeurs
De son côté la SNCF, qui a fait appel, s'est toujours défendue d'être responsable de ces faits durant la Seconde guerre mondiale, arguant du fait que ses wagons étaient "réquisitionnés" et que la société "agissait sous la contrainte". "La SNCF ne peut pas endosser une responsabilité qui n'est pas la sienne", explique son directeur général, Guillaume Pépy. Réponse d'Alain Lipietz, qui va envoyer dans quelques jours un dossier de 80 pages à la SNCF : la société nationale n'a pas produit "l'ordre de réquisition" dont elle se prévaut et il n'y a pas prescription.
En attendant la suite du dossier Lipietz, l'avocat Avi Bitton s'occupe de quelque 400 dossiers, dont "la moitié" sont des survivants de la Shoah. Il explique que "le fait nouveau, c'est qu'il y a des résistants qui nous ont rejoints dans notre action".
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