Michel Quesne, condamné le 21 octobre 2006 à 17 ans de réclusion criminelle pour viols sur sa fille © TF1-LCIC'est un verdict plus lourd que le précédent que les Assises de Maine-et-Loire ont prononcé samedi envers Michel Quesne. Condamné en 1999 par la cour d'assises de la Sarthe à 16 ans de prison pour viols sur sa fille lorsqu'elle était mineure puis majeure (peine ensuite annulée pour vice de forme par la cour de cassation sur intervention de la CEDH), l'homme de 65 ans est cette fois condamné à 17 ans de réclusion criminelle. Le jury, composé de plus de femmes que lors du premier procès, a été plus sévère aussi que les réquisitions. L'avocate général avait en effet demandé vendredi la même peine qu'en 1999, soit 16 ans de réclusion. Le condamné va faire appel.
Cette condamnation était en outre accompagnée d'un mandat de dépôt, Michel Quesne a donc été emmené en prison aussitôt le verdict prononcé. Il a déjà subi une parti de sa peine puisqu'il avait passé six ans et demi en prison à la suite de sa première condamnation avant d'être libéré en 2005. Il a aussi été condamné à 10 ans de perte de droits civiques et de famille, et sera inscrit sur le fichier des délinquants sexuels.
"Je suis heureuse", a affirmé à l'issue du procès sa fille de 33 ans, dont le récit poignant des agressions qu'elle a subies depuis sa petite enfance a visiblement ému le jury qui ne disposait d'aucune preuve concrète des faits. "C'est du soulagement, c'est important" a encore dit Alice Collet, tout en peinant à trouver ses mots au terme de deux jours de procès difficile durant lequel Michel Quesne et Alice Collet ont campé sur leurs positions. La défense avait plaidé l'acquittement, soulignant "l'absence de toute preuve objective" dans une affaire où "c'est parole contre parole". Madame Carcenat, épouse de Michel Quesne, s'est redite persuadée à la fin du procès de l'innocence de son mari.
Il a toujours nié
L'avocate général avait présenté l'accusé comme un "manipulateur". Battant en brèche ses alibis, elle avait demandé que la condamnation soit assortie d'une peine de sûreté, soulignant que "les faits ont duré longtemps". "Alice ne varie pas, elle est permanente dans ses accusations", avait-elle souligné.
A l'âge de 11 ans, Michel Quesne a violé sa fille pour la première fois, puis les agressions sexuelles ont continué alors qu'elle était au lycée, selon le récit d'Alice Collet. Elle a fait une tentative de suicide en 1989. En 1990, ses parents ont divorcé. Alice, qui n'avait alors toujours rien dit à ses proches, croyait être "enfin tranquille", mais les viols ont continué jusqu'en octobre 1993. Elle a porté plainte en mars 1994.
"Ce sont des mensonges, je ne t'ai jamais touchée", a protesté Michel Quesne lors de ce nouveau procès. "Nous sommes deux à savoir que tout est faux, je ne t'ai jamais violentée". "Elle a manipulé tellement de gens, tellement de choses qu'elle ne peut plus faire machine arrière", a-t-il estimé. Pourquoi un tel acharnement d'une fille contre son père? "Je ne me suis pas assez occupé d'elle, je n'avais pas le temps", a plaidé l'accusé.
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