Michel Quesne, condamné en 1999 pour des incestes qu'il a toujours niés, rejugé après intervention de la CEDH © TF1/LCILa même peine qu'en 1999. L'avocat général de la cour d'assises du Maine-et-Loire a requis vendredi 16 ans de réclusion contre Michel Quesne, 65 ans, pour viols sur sa fille Alice Collet. A l'issue de deux jours de procès durant lequel Michel Quesne et Alice Collet, 33 ans, ont campé sur leurs positions, l'avocat général Mireille Cadenat a présenté l'accusé comme un "manipulateur". Battant en brèche ses alibis, elle a demandé que la condamnation soit assortie d'une peine de sûreté, soulignant que "les faits ont duré longtemps". Mireille Cadenat a engagé les jurés à "ne pas écouter les histoires d'erreurs judiciaires" évoquées par les défenseurs de Michel Quesne pour justifier un acquittement. "Alice ne varie pas, elle est permanente dans ses accusations", a-t-elle souligné.
"Je suis fière d'avoir pu l'affronter une nouvelle fois. Je le laisse à ses mensonges", a déclaré Alice Collet peu après le réquisitoire. Pour Me William Bourdon, l'un de ses avocats, il ne fait aucun doute que Michel Quesne est "jugé pour avoir été un serial violeur de sa fille pendant de nombreuses années". Il a lui aussi prévenu le jury contre le fait que la défense allait brandir "l'épouvantail de l'erreur judiciaire".
"Jamais touchée"
Alice Collet a fermement réitéré ses accusations contre son père, "le même manipulateur que j'ai toujours connu". Visiblement émue, la jeune femme a fait vendredi le récit des agressions qu'elle dit avoir subies depuis sa petite enfance. "(...) Il me disait que je ne devais pas le dire et que si je parlais, je perdrais ma mère comme il avait perdu la sienne à 4 ans", dit-elle. A l'âge de 11 ans, il la viole pour la première fois, puis les agressions sexuelles continuent alors qu'elle est au lycée, dit-elle. Elle fait une tentative de suicide en 1989. En 1990, ses parents divorcent. Alice, qui n'a toujours rien dit à ses proches, croit être "enfin tranquille", mais les viols continuent jusqu'en octobre 1993. Elle porte plainte en mars 1994.
"Ce sont des mensonges, je ne t'ai jamais touchée", a protesté Michel Quesne, interpellé par sa fille. "Nous sommes deux à savoir que tout est faux, je ne t'ai jamais violentée". "Elle a manipulé tellement de gens, tellement de choses qu'elle ne peut plus faire machine arrière", a-t-il estimé. Pourquoi un tel acharnement d'une fille contre son père? "Je ne me suis pas assez occupé d'elle, je n'avais pas le temps", a plaidé l'accusé.
"Pas en état de délibérer"
Le procès a été suspendu vendredi soir, et a repris samedi matin à 9h. Vendredi, le président de la cour Pascal Fau, après les plaidoiries de la défense, avait annoncé que le tribunal n'était pas "pas en état de délibérer" pour que ce procès soit "équitable".
Samedi matin, à l'ouverture de la troisième journée de son procès devant la cour d'assises, Michel Quesne a continué de clamer son innocence : "Personne ne veut m'écouter, personne ne veut me croire", a-t-il déclaré depuis son box, le regard fixé sur ses douze jurés. "Le 22 mars 1994, les portes de l'enfer se sont ouvertes devant moi", a poursuivi l'accusé, les traits tirés. "A cause de mensonges, j'ai purgé six ans et deux mois dans l'enfer. Le trou de la prison, c'est une chose abominable", a-t-il conclu.
Michel Quesne, qui comparaît pour viols sur mineur de 15 ans par ascendant, a déjà effectué six ans et demi de prison à la suite d'une première condamnation en 1999 par les assises de la Sarthe. Le verdict a été cassé après une intervention de la Cour européenne des droits de l'homme.
D'après agence
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