Un an après Outreau, la réforme de la justice entérinée

Par Par D.H. (avec agence), le 24 octobre 2006 à 13h09 , mis à jour le 24 octobre 2006 à 21h33

Jacques Chirac a souhaité mardi que la réforme de la justice "puisse être adoptée avant la fin de la législature".

TF1-LCI :Sorie du Conseil des ministres le 24 octobre 2006Sorie du Conseil des ministres le 24 octobre 2006 © TF1-LCI

Lancée par la commission parlementaire après les dysfonctionnements constatés par le fiasco d'Outreau, la réforme de la justice a été entérinée mardi en Conseil des ministres, prélude à son examen au parlement. Jacques Chirac a souhaité que cet examen au parlement "puisse être rapidement" fait "en vue de son adoption avant la fin de la législature", au printemps 2007. Pour en accélérer l'adoption, Pascal Clément a d'ailleurs demandé au Premier ministre la procédure d'urgence, qui limite à une lecture dans chaque assemblée. Au total, la réforme coûtera 30 millions d'euros et nécessitera l'embauche de 70 magistrats et 102 greffiers.

  • Outreau : Myriam Badaoui libérée aux 2/3 de sa peine

    Myriam Badaoui, figure clé du procès d'Outreau par ses mensonges successifs, a été libérée en septembre alors qu'elle avait été condamnée à 15 ans de détention en 2004 pour viols d'enfants et qu'elle était détenue depuis 2001.

    Publié le 07/11/2011 Outreau : Myriam Badaoui libérée aux 2/3 de sa peine
Plus d'infos

Le texte adopté mardi en Conseil des ministres était amputé de l'une de ses mesures phares : le volet sur la responsabilité des magistrats, qui fait tant débat, est censé figurer dans la réforme, selon Dominique de Villepin, mais il sera réexaminé pour cela par le parlement pour l'améliorer. Faute de temps avant les échéances électorales du printemps prochain, le texte ne se veut que "la première étape de la rénovation de la justice", a reconnu le Garde des Sceaux, Pascal Clément, à l'issue du Conseil des ministres. Une manière de reconnaître que la réforme n'a pas l'envergure souhaitée par la commission parlementaire. La réforme du Conseil supérieur de la magistrature (CSM) a d'ailleurs été totalement retirée.

Le contenu de la réforme

Autre mesure phare qui figure dans le projet de loi entériné par le gouvernement : l'enregistrement audiovisuel des gardes à vue, qui doit permettre de lever tout soupçon de violences policières lors des interrogatoires, voire de trancher toute contestation d'aveux. Pour ménager les susceptibilités policières, amplement relayées Nicolas Sarkozy, une caméra sera aussi placée dans le cabinet du juge d'instruction lors des auditions.

La création de pôles de l'instruction (en instaurant aussi la collégialité lors de l'instruction), qui veut remédier à la solitude des magistrats constatée avec le juge Burgaud, avec une co-saisine dans les affaires les plus lourdes, fait aussi partie de la réforme. Mais tous les tribunaux conserveront un juge d'instruction et les affaires resteront jugées par la juridiction initiale, a promis Pascal Clément, histoire de rassurer les élus ruraux très inquiets devant de possibles fermetures.

Tout justiciable qui s'estimera victime d'un dysfonctionnement pourra saisir le médiateur de la République, pouvant à son tour en référer au Garde des sceaux, qui tranchera. Afin de réduire les détentions provisoires excessives, une audience publique pourra être organisée tous les six mois pour faire le point sur la procédure, si le juge le veut bien. Pour protéger l'accusé, notamment dans les affaires de pédophilie, et éviter aux enfants la douloureuse redite de leur calvaire, les auditions de mineurs victimes seront systématiquement enregistrées.

Par Par D.H. (avec agence) le 24 octobre 2006 à 13:09
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles France
  

5 Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

  • Bidou, le 25/10/2006 à 05h32

    Une fois la réforme votée par l'Assemblée, les juges ne pourront plus commettre de bavure. C'est bien le but de cette réforme, non ? Si bavure il y a, la justice devra assumer, et le juge en particulier.

  • JGH, le 24/10/2006 à 17h48

    C'est hélas une reforme à la va-vite qui ne contentera personne sauf les magistrats qui ont obtenus gain de cause auprès du garde des sceaux pour leur "impunité " et la conservation de leurs "privilèges coporatistes". Les espoirs issus de la comission d'enquête sur Outreau ont été mis sous l'éteignoire...Bref la justice continura de plus belle à produire des "bavures" par manque de moyens et de "responsabilisation". C'est une triste journée pour les droits de l'homme en France. merci de me publier.

  • Michel, le 24/10/2006 à 16h12

    Sarkozy est un âne et un incompétent. Une énième bêtise d'un magistrat et c'est la Police qui trinque. On ne torture pas dans les commissariats, monsieur le ministre. Par contre, un placement en garde à vue qui prenait dix minutes il y a vingt ans prend une demi-journée maintenant. Notification, avis à famille, présence d'avocat, médecin, enregistrements, mise sous scellé... Tout ça au détriment de l'efficacité des enquêtes pour le bonheur des voyous. Les victimes gardent leurs illusions.

  • Vastre, le 24/10/2006 à 16h07

    "Le texte ne contient pas la réforme du CSM, mais devrait, à terme, contenir la responsabilité des juges". Au fait, ce texte contient-il quelque chose ? Le Conseil des Ministres a-t-il vu passer un texte vide ou plein de réformes ?

  • Brice, le 24/10/2006 à 14h06

    Une réforme de la justice, il en fallait une. Dommage qu'elle aille à l'encontre de ce qu'il fallait faire... Les mesures proposées sont démagogiques, et ne changeront rien au problème posé. A quand une véritable indépendance du Parquet et de la Magistrature en général vis-à-vis de l'exécutif ???

Lire tous les commentaires

       Chargement en cours...
      Alertez-nous
        alertez-nous

        Témoin d'un événement ?

        Alertez la rédaction !

        Envoyez une alerte

        A lire aussi
        logAudience