Clearstream : Villepin a-t-il détruit un document de la DST?

le 02 octobre 2006 à 17h29 , mis à jour le 02 octobre 2006 à 18h39

Dans un livre qui paraît mercredi, le journaliste du Monde Hervé Gattegno affirme que Dominique de Villepin a cherché à protéger Jean-Louis Gergorin.

TF1-LCI (Public Sénat) Dominique de Villepin, à l'Assemblée nationale le 7 septembreTF1-LCI (Public Sénat) Dominique de Villepin, à l'Assemblée nationale le 7 septembre © TF1-LCI (Public Sénat)

Nouveau rebondissement dans l'affaire Clearstream. Le journaliste Hervé Gattegno affirme, dans un livre à paraître mercredi (L'irresponsable, Stock Raison), que Dominique de Villepin a détruit à l'automne 2004, lorsqu'il était ministre de l'Intérieur, un rapport de la DST accusant Jean-Louis Gergorin d'être l'auteur de la manipulation dans cette affaire.

Selon le journaliste du Monde, des "notes de contact" de la Direction de la surveillance du territoire, établies auprès de sources, ont désigné Jean-Louis Gergorin, ami de Dominique de Villepin et l'un des dirigeants du groupe d'aéronautique et de défense EADS, comme étant l'auteur de la manipulation. Le Premier ministre aurait détruit les informations recueillies par la DST à l'aide d'un broyeur en présence du responsable de ce service, Pierre de Bousquet de Florian, affirme le journaliste.

Dans un communiqué publié lundi, Pierre de Bousquet de Florian "s'inscrit en faux" contre l'affirmation du journaliste. "Non seulement, il n'y a jamais eu de 'rapport' de la DST sur cette affaire, mais l'ensemble des documents produits par mon service et déclassifiés a été transmis aux juges d'instruction en charge du dossier", assure-t-il.

"Allégations sans fondement"

Jean-Louis Gergorin a reconnu avoir envoyé à la justice en mai et juin 2004 des courriers anonymes répertoriant des comptes occultes à la société luxembourgeoise Clearstream, où apparaissaient faussement les noms de plusieurs personnalités politiques, dont Nicolas Sarkozy. Mis en examen le 1er juin, il plaide la bonne foi en laissant entendre que les informations qu'il a transmises ne sont pas fausses, car, selon lui, elles ont été obtenues au moyen d'une pénétration informatique du système Clearstream.

Un ex-salarié d'EADS, Imad Lahoud, soupçonné d'avoir falsifié les listes de comptes avant qu'elles ne soient envoyées, a été mis en examen en juin. Le nom de Dominique de Villepin a été cité à plusieurs reprises dans l'affaire, notamment dans les témoignages de Jean-Louis Gergorin et dans les notes du général Philippe Rondot, "super espion" du ministère de la Défense, que le Premier ministre avait chargé en janvier 2004, alors qu'il était ministre des Affaires étrangères, d'enquêter sur les listings de comptes.

Le juge financier Jean-Marie d'Huy est saisi depuis septembre 2004 d'une information judiciaire pour "dénonciation calomnieuse". Son collègue Henri Pons l'a rejoint ultérieurement et l'enquête a été élargie en 2006 à des faits de "faux et usage de faux". Selon plusieurs sources proches du dossier, une audition de Dominique de Villepin comme témoin devant les juges paraît plausible. Lundi, Matignon a qualifié "d'allégations sans fondement" les affirmations d'Hervé Gattegno.

D'après agence

le 02 octobre 2006 à 17:29
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