Francis Heaulme participe le 3 octobre 2006 à une reconstitution judiciaire à Montigny-les-Metz © TF1-LCILa reconstitution se déroule en présence des familles d'Alexandre Beckrich et de Cyril Beyning, les deux petites victimes de huit ans retrouvées massacrées en 1986 à Montigny-les-Metz en Moselle, mais sans les journalistes pour ne pas perturber la scène. Ce mardi matin, depuis 10h, sous une pluie battante, Francis Heaulme, vêtu d'un gilet pare-balle, participe à une reconstitution judiciaire des faits avec le parquet et sous la surveillance de 250 gendarmes. Cette reconstitution, qui sera filmée de bout en bout, pourrait "durer toute la journée", selon le procureur de Metz, Joël.
Après l'acquittement en 2002 de Patrick Dils, Francis Heaulme qui était présent sur les lieux au moment des faits et a été mis en examen en juin dernier pour ce double meurtre, a toujours contesté en être l'auteur, reconnaissant seulement avoir vu les deux corps. "Nous plaçons la personne mise en examen sur le terrain. Il nous décrira ce qu'il a fait, vu (le jour du crime). A partir de là, nous le suivrons", a poursuivi le procureur de Metz.
Les parties civiles espèrent trouver la vérité
L'opération sera réalisée "dans les mêmes conditions qu'à l'époque", la SNCF replaçant des wagons sur les lieux "selon le même plan qu'il y a vingt ans", selon l'avocat d'une des parties civiles. La reconstitution se terminera à Ars-sur-Moselle, où Francis Heaulme sera confronté à deux pêcheurs qui ont dit l'y avoir vu le soir du drame, la démarche peu assurée, le visage en sang.
Mais même les familles des victimes sont sceptiques : si elles espèrent déceler dans les réactions du tueur en série, âgé de 47 ans, des indices de culpabilité, elles ne veulent pas "d'un assassin de substitution" et n'ont toujours pas digéré l'acquittement de Patrick Dils. La grand-mère d'Alexandre affirme même : "notre conviction reste inébranlable".
Francis Heaulme purge à Metz une peine de réclusion criminelle à perpétuité et a déjà été condamné à six reprises pour meurtre. Les gendarmes chargés de l'enquête avaient évoqué lors du troisième procès de Patrick Dils à Lyon "la quasi signature criminelle" de Heaulme pour les meurtres de Montigny.
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