© AFP/Patrick KovarikMulhouse le 20 mai, en pleine crise du contrat première embauche (CPE). Loïc, intermittent du spectacle, et Christelle, étudiante, préparent des banderoles pour les manifestations. Non loin de là, le président Jacques Chirac inaugure le tram de la ville. Parmi les slogans, des phrases anti-CPE mais aussi celle-ci : "Chirac au zoo, libérez les animaux". Les mots choquent un passant qui alerte les autorités. Les deux jeunes sont interpellés et placés en garde à vue par plusieurs agents en civils. Ils n'ont pas eu le temps de déployer leur calicot.
"On ne peut plus critiquer personne, ni Mahomet ni Chirac !"
Mardi, ils comparaissent devant le tribunal correctionnel de Mulhouse (Haut-Rhin) pour "outrages à magistrat". Leur avocat, Me Alain Dreyfus-Schmidt, entend plaider la défense des libertés essentielles, en particulier la liberté d'expression. Il a souligné qu'il allait "demander la relaxe", estimant que "cela devient inquiétant, on ne peut plus critiquer personne, ni Mahomet ni Chirac !" "Dans ce cas, pourquoi ne pas poursuivre les Guignols de l'info et toute la presse satirique ?", s'est-il encore interrogé.
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