Léonie Crevel n'ira pas en prison

Par Par D.H. (avec agence), le 24 octobre 2006 à 18h40 , mis à jour le 24 octobre 2006 à 21h33

Cette mère de 80 ans qui avait tué sa fille handicapée pour "mettre fins à ses souffrances" a été condamnée mardi à deux ans de prison avec sursis.

Léonie Crevel est jugée pour avoir tué sa fille handicapée en 2004Léonie Crevel est jugée pour avoir tué sa fille handicapée en 2004 © TF1/LCI

Dans la droite lignée de la jurisprudence en cours depuis une vingtaine d'années envers les parents meurtriers d'enfants handicapés, les Assises de Seine-Maritime ont condamné mardi Léonie Crevel à deux ans de prison avec sursis. Encore très marquée, souvent aux bords des larmes lors de ces deux jours de procès, cette mère de 80 ans avait tué en 2004 sa fille handicapée de 42 ans afin de "mettre fin à ses souffrances".

Léonie Crevel, qui a expliqué n'avoir pas prémédité son geste, s'est dite "très contente de ne pas aller en prison" après le verdict, que lui a expliqué son avocat Me Jean-François Titus. Celui-ci avait plaidé l'acquittement et a parlé d'une décision "juste". La cour d'assises n'a pas suivi les réquisitions qui réclamaient une peine de cinq ans d'emprisonnement avec sursis. "On ne peut pas légitimer un tel acte quelque soit les circonstances. Elle n'avait pas le droit de tuer sa fille. Ne pas le reconnaître, c'est laisser la porte ouverte à tous les débordements", avait déclaré dans la matinée l'avocate générale.

Léonie Crevel, qui a perdu son mari et trois de ses enfants par maladie, était jugée pour "homicide volontaire sur personne vulnérable" pour avoir provoqué l'étranglement, le 31 juillet 2004 à Tancarville près du Havre, de Florence, l'un de ses huit enfants dont elle s'occupait seule depuis des années. Florence était handicapée à 100%, aveugle, hémiplégique, grabataire, incontinente, ne parlait plus depuis huit ans et enchaînait les douloureuses crise d'épilepsie.

Par Par D.H. (avec agence) le 24 octobre 2006 à 18:40
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles France
  

53 Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

  • Caths, le 26/10/2006 à 01h07

    L'euthanasie est un mot absent du code pénal. A chacun son éthique, sur ce problème douloureux, et malheureusement trop présent dans notre société. Notre société n'est pas hypocrite mais manque de moyens humains et financiers pour soulager les patients et leur famille dans leur souffrance au quotidien. L'avocate générale, à mon sens, a mené à bien son verdict avec la plus grande humanité et en gardant à l'esprit un éventuel débordement.

  • Daniel, le 25/10/2006 à 20h24

    Toute la détresse,les peines endurées se lisent sur ce pauvre visage.Tout cela sans que personne ne pose au moins une seule fois la main sur son épaule durant ce calvaire.J'ai honte du peu que fait ma France pour SES humbles.

  • Helenou, le 25/10/2006 à 16h05

    à mathieu d'antibes Comment pouvez-vous parler de cette manière !! C'est honteux de dire des choses pareilles d'une femme dont vous ne savez rien. J'ai honte pour vous.

  • Lent Pêcheur 2, le 25/10/2006 à 13h32

    Léonie CREVEL purge sa peine depuis 42ans!La double sanction est contraire au droit Français et pourtant elle vit avec la souffrance de sa fille et ce qu'elle a dû faire pour l'abréger...Il était donc bien inutile de l'envoyer en prison et les deux années sursitaires sur son casier judiciaire à son âge sont "heureusement" symboliques. Cette mère ne sera pas éternelle et qui d'autre qu'elle aurait pu prendre soin de sa fille dont elle assumait seule la charge? MADAME vous avez toute mon estime et mon respect et FELICITATIONS à votre avocat ainsi qu'aux forces de police qu'on voit vous soutenir à votre sortie du Palais de Justice,avec tant de sympathie.

  • Nat, le 25/10/2006 à 13h23

    Messieurs les biens penseurs, Avez vous déjà une personne qui vous est proche ds cet état là ? Non. Moi si. Alors ceesez de critiqué une mère qui ne supportait plus de voir son enfant ds cet état là.

  • Meline, le 25/10/2006 à 11h30

    Grabataire, aveugle, épileptique, 80 ans pour la vielle dame. Que de souffrances. Non il ne faut pas légaliser l'eutanasie(quoi que !) mais franchement voir les gens souffrir. Assez. Courage Leonie et meilleure vie à toi.

  • GUY, le 25/10/2006 à 09h45

    "de mon point de vue un acte de haine et non un acte d'amour" C'est horrible de dire cela d'un femme qui a élevé avec affection et tendresse sa fille handicapée pendant 42 ANS. Quand une loi sur l'euthanasie ? D'après ce que j'ai lu, de parents se trouvant dans le même cas, avec des enfants handicapés, je ne crois pas que cela généraliserait l'euthanasie. Elle a bénéficié du sursis, c'est la moindre des choses, lorsque l'on voit de quelle façon la justice est rendue dans les banlieues. Là, il n'y a pas eu assez de morts pour que l'on prenne en considération la violence.

  • Valerie, le 25/10/2006 à 09h33

    Je pense qu'elle mérite tout de même sa peine car "etrangler" est un acte violent et elle aurait pu trouver une maniere plus douce de soulager sa fille. Mais dans cette histoire le coupable est l'etat. Aujourd'hui il n'y a pas assez de places pour prendre en charge toutes les personnes souffrant de ces handicaps tres lourds et lorqu'il y en a on demande à la famille de debourser pas moins de 2000 euros par mois (sans aides biens sur). En gros on dit à ses familles de se "demerder". J'admire ces familles qui s'occupent d'un handicapé tres lourd ( tetraplegique, grabataire...)mais elles n'ont pas vraiment le choix. Ce qui est scandaleux c'est qu'un chien dans cet etat on le pique alors qu'un etre humain...

  • Marie-line, le 25/10/2006 à 09h21

    Ne comprend pas qui veut, cette femme, à bout de souffle, n'en pouvais plus à 80ans, quel courage! la loi sur l'euthanasie devrait être représentée au parlement et votée. Maintenir cette jeune fille en vie, alors qu'elle est handicapée lourde, c'est terrible!

  • Mathieu, le 25/10/2006 à 09h10

    On entend l'accusée annoncer qu'elle est "contente de ne pas aller en prison", son avocat parler de l'hypocrisie de la société... Personne ne peut être certain des motivations de cette femme, il est si facile di dire qu'un tel geste fut pour abréger les souffrances de sa fille. Personne n'a pensé qu'un tel geste pouvait avoir été commis juste parceque cette femme en avait assez de s'occuper d'une fille en état végétatif??? En ce qui me concerne, j'ai compris le message, si je veux "abréger les souffrances " de quelqu'un, j'attendrai d'être vieux pour le faire en toute impunité.

Lire tous les commentaires

       Chargement en cours...
      Alertez-nous
        alertez-nous

        Témoin d'un événement ?

        Alertez la rédaction !

        Envoyez une alerte

        A lire aussi
        logAudience