Léonie Crevel est jugée pour avoir tué sa fille handicapée en 2004 © TF1/LCIDans la droite lignée de la jurisprudence en cours depuis une vingtaine d'années envers les parents meurtriers d'enfants handicapés, les Assises de Seine-Maritime ont condamné mardi Léonie Crevel à deux ans de prison avec sursis. Encore très marquée, souvent aux bords des larmes lors de ces deux jours de procès, cette mère de 80 ans avait tué en 2004 sa fille handicapée de 42 ans afin de "mettre fin à ses souffrances".
Léonie Crevel, qui a expliqué n'avoir pas prémédité son geste, s'est dite "très contente de ne pas aller en prison" après le verdict, que lui a expliqué son avocat Me Jean-François Titus. Celui-ci avait plaidé l'acquittement et a parlé d'une décision "juste". La cour d'assises n'a pas suivi les réquisitions qui réclamaient une peine de cinq ans d'emprisonnement avec sursis. "On ne peut pas légitimer un tel acte quelque soit les circonstances. Elle n'avait pas le droit de tuer sa fille. Ne pas le reconnaître, c'est laisser la porte ouverte à tous les débordements", avait déclaré dans la matinée l'avocate générale.
Léonie Crevel, qui a perdu son mari et trois de ses enfants par maladie, était jugée pour "homicide volontaire sur personne vulnérable" pour avoir provoqué l'étranglement, le 31 juillet 2004 à Tancarville près du Havre, de Florence, l'un de ses huit enfants dont elle s'occupait seule depuis des années. Florence était handicapée à 100%, aveugle, hémiplégique, grabataire, incontinente, ne parlait plus depuis huit ans et enchaînait les douloureuses crise d'épilepsie.
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