Marchés publics : onze prévenus en appel

le 17 octobre 2006 à 10h46 , mis à jour le 17 octobre 2006 à 14h30

Ce dossier, l'un des plus grands scandales politico-financiers des années 1990, implique des proches du président Chirac.

[Expiré] [Expiré] Michel Roussin, ex-directeur de cabinet de Jacques Chirac © AFP/Pierre Andrieu

C'est un dossier emblématique des dérives du financement des partis politiques dans les années 1990. L'affaire des marchés publics d'Ile-de-France revient depuis mardi en appel devant la justice à Paris. Principales figures de ce nouveau procès où doivent comparaître onze personnes : Michel Roussin, 67 ans, ex-bras droit de Jacques Chirac à la mairie de Paris, et Louise-Yvonne Casetta, 63 ans, accusée d'avoir été la trésorière occulte du RPR, ancêtre de l'UMP.

Reconnus coupables de complicité et recel de corruption, ils avaient été condamnés, le premier à quatre ans d'emprisonnement avec sursis et 50.000 euros d'amende, et la seconde à 20 mois de prison avec sursis et 10.000 euros d'amende. Les autres mis en cause contestant le jugement de première instance rendu le 26 octobre 2005 sont principalement des chefs d'entreprise, ainsi qu'un ancien élu écologiste, François Donzel, qui avait été le seul condamné à de la prison ferme (trois ans de prison dont deux avec sursis).

Les "chaises vides"

Selon l'accusation, les entreprises qui se voyaient attribuer des marchés de construction des lycées d'Ile-de-France au début des années 1990 devaient reverser 2% de leurs montants aux partis --RPR, PS, Parti républicain-- la plus grosse part (1,2%) du "racket" revenant au RPR, alors dirigé par Jacques Chirac. Au total, une cinquantaine de personnes avaient été renvoyées devant le tribunal correctionnel, et en grande majorité les condamnés ont renoncé à faire appel, comme l'ex-patron du conseil régional Michel Giraud, l'ex-trésorier du Parti républicain Jean-Pierre Thomas et Gérard Peybernès, ancien président de l'association nationale de financement du PS.

Il devrait aussi y avoir durant le procès le thème récurrent des "chaises vides". Dès le premier procès, les avocats regrettaient l'absence de poursuites contre les dirigeants de partis politiques ayant tiré profit de méthodes de financement illégales. "Cela fait partie de l'hypocrisie qui a entouré tout ce procès", dit l'avocat de Michel Roussin, Me Pierre Haïk, ajoutant que son client n'avait aucun "intérêt personnel" à agir de manière frauduleuse. "Les sommes d'argent sont allées dans les caisses des partis", insiste-t-il. Le procès doit s'étaler sur cinq semaines, jusqu'au 22 novembre, à raison de deux jours d'audience par semaine en moyenne.

le 17 octobre 2006 à 10:46
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