Francis Heaulme participe le 3 octobre 2006 à une reconstitution judiciaire à Montigny-les-Metz © TF1-LCILa reconstitution réalisée mardi, vingt ans après les faits, des meurtres de deux garçonnets à Montigny-les-Metz en présence de Francis Heaulme n'a pas donné les résultats escomptés, le tueur en série revenant sur ses précédentes déclarations. "Cette journée s'est déroulée d'une manière assez difficile. M.Heaulme conteste les déclarations qu'il a faites le 9 juin 2006 devant les juges d'instructions", a déclaré le procureur de Metz Joël Guitton à l'issue d'une reconstitution qui s'est déroulée sous une pluie battante pendant une grande partie de la journée.
Durant la reconstitution, Francis Heaulme, qui portait un gilet pare-balles sur son pardessus vert, a été mené successivement sur les lieux du crime à Montigny-les-Metz, puis à Ars-sur-Moselle et à Vaux, avant d'être reconduit à Montigny, sans plus de résultat. Le tueur en série a en effet gardé la bouche fermée, en face des parents des victimes et leurs défenseurs, de son avocat Me Florent Girault, du procureur et des juges d'intruction du tribunal de Metz. Cette opération est un "coup d'épée dans l'eau", a regretté Me Dominique Boh-Petit, avocate de la famille Beckrich. "On a crapahuté pour rien", a-t-elle ajouté en référence à la boue dans laquelle ils ont dû marcher pendant toute cette journée pluvieuse.
"Ca n'a servi à rien. Il y avait peut-être beaucoup trop de monde. Il n'a rien dit", a déclaré Me Patrice Buisson, défenseur du père de Cyril Beining, pour qui le dossier, est un "désastre". Tout le monde était auparavant venu sur les lieux en bus commun, à la grande surprise des familles qui ont dû faire le trajet avec le possible meurtrier de leurs enfants.
"Mon client a décidé de ne participer qu'aux actes qu'il reconnaissait. C'est pourquoi il n'est pas monté sur le talus (où les corps ont été retrouvés). Ses propos étaient parfaitement clairs", a noté Me Girault. Lors du troisième procès de Patrick Dils à Lyon, les gendarmes chargés de l'enquête avaient évoqué "la quasi signature criminelle" de Heaulme pour les meurtres de Montigny.
"Quasi signature criminelle" de Heaulme
Le tueur en série avait reconnu en juin qu'il était monté sur le talus où gisaient les corps des deux enfants. En 2001, des pêcheurs avaient affirmé l'avoir croisé, le visage couvert de sang à Ars-sur-Moselle le jour du crime, et l'avoir ramené à Vaux, en Moselle, deux faits qu'il a niés mardi.
Déjà condamné à six reprises pour meurtre, Heaulme, 47 ans, purge actuellement à Metz une peine de réclusion criminelle à perpétuité. Il a été mis en examen en juin dernier pour le double meurtre d'Alexandre Beckrich et de Cyril Beining, âgés de huit ans en 1986, une affaire pour laquelle Patrick Dils avait été condamné par deux fois avant d'être acquitté par la cour d'assises du Rhône en avril 2002.
Deux escadrons de gendarmes, soit 200 gendarmes avaient été mobilisés, en plus de membres des polices nationale et municipale de Montigny-les-Metz pour mener l'opération. Des gendarmes mobiles munis de boucliers anti-émeutes entouraient constamment le mis en examen.
D'après agence
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