Le Rainbow Warrior coulé en 1985 © TF1/LCI "Je pense que le gouvernement français en réfèrera à la décision de 1991 (de clore le dossier, ndlr) en disant : minute, cela a été réglé il y a longtemps". Après les révélations sur l'implication directe du frère de Ségolène Royal dans l'affaire du Rainbow Warrior en 1985, le Premier ministre néo-zélandaise, Helen Clark, a jugé lundi qu'une demande d'extradition ne devrait probablement pas intervenir, même si la police a dit vouloir "réexaminer" certains aspects du dossier.
"Pour que la Nouvelle-Zélande poursuive une affaire comme celle-ci via Interpol, il faut bien sûr obtenir une certaine coopération à l'autre bout", a-t-elle déclaré à la télévision. Or "si la Nouvelle-Zélande s'aventurait maintenant à rouvrir le dossier, il est probable que le gouvernement français estimerait que nous agissons à l'encontre de nos engagements précédents". En effet, "la France a été tenue pour responsable de ses actions au niveau du droit international", avec la condamnation des faux époux Turenge, mais les poursuites engagées par la Nouvelle-Zélande contre d'autres agents avaient été abandonnées par Wellington fin 1991 après des menaces de Paris de représailles commerciales.
Pilote ou poseur de bombe ?
Cette intervention télévisée fait suite aux affirmations dans le Parisien (vendredi) du frère cadet de Ségolène Royal, Antoine. Selon lui, son frère Gérard lui avait révélé avoir "posé la bombe" sur le bateau coulé le 10 juillet 1985 par des agents français dans le port Néo-zélandais d'Auckland, tuant un militant de Greenpeace.
L'appartenance de Gérard Royal, ancien nageur de combat, à la DGSE ainsi que son implication dans l'opération contre le Rainbow Warrior avaient été révélées par l'Express dès 1995, mais seulement en tant que pilote du canot pneumatique utilisé pour approcher le navire. Deux agents français, Alain Mafart et Dominique Prieur, les faux époux Turenge, avaient reconnu avoir posé les deux charges explosives sur le navire et condamnés par la Nouvelle-Zélande à 10 ans de prison pour homicide involontaire.
Affaire de famille ?
Le ministre des Affaires étrangères Philippe Douste-Blazy a demandé lundi de "laisser travailler la justice", car "il n'y a rien de pire que des petites phrases sur des dossiers aussi lourds". Une référence à toutes les réactions qu'a suscité cette nouvelle révélation. Invité du grand Jury RTL-Le Figaro-LCI dimanche soir, Dominique Srauss-Kahn a estimé "malvenues" ces révélations dans la campagne. Et quand bien même ces informations se révèleraient vraies, il a jugé qu'on n'était "pas responsable de ce que fait son frère, son père ou sa soeur".
Pour Laurent Fabius, également candidat à l'investiture PS pour 2007, cette affaire dénote d'une "politique nauséabonde (...) pour mettre en cause Mme Royal alors qu'elle est candidate à la candidature, et peut-être pour me mettre en cause aussi alors que je suis candidat". Laurent Fabius était en effet Premier ministre au moment des faits. La polémique est une "affaire de famille" interne au PS, selon le président du groupe UMP à l'Assemblée nationale. Il ne s'agit "certainement pas" d'une manoeuvre de la droite, a affirmé Bernard Accoyer sur France 2, alors que la veille Ségolène Royal s'est déclarée "un peu surprise" que cette polémique éclate "au lendemain de (s)a déclaration de candidature".
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