Image d'archives © TF1Henri Le Bras, 64 ans, est soupçonné d'avoir imposé des relations sexuelles à un garçon, né en 1983, entre 1995 et 1998, alors qu'il était prêtre à Fontainebleau puis à Moret-sur-Loing. Il comparaît à huis-clos, devant la Cour d'assises de Seine-et-Marne, mardi et mercredi à Melun, avec pour la première fois partie civile, un représentant de l'Eglise en la personne de l'évêque de Meaux.
Le prêtre avait reconnu des fellations et sodomies lors de ses premières auditions devant les enquêteurs et le juge d'instruction, affirmant que le jeune garçon était consentant, avant de se rétracter et de ne plus reconnaître que des attouchements. Il a versé au jeune homme d'importantes sommes d'argent -- entre 150 et 190.000 francs, soit l'intégralité de ses économies plus un emprunt de 50.000 francs -- à partir de 1999, voulant ainsi, affirme le jeune homme, acheter son silence. La victime présumée n'en a pas moins fini par se rendre au commissariat pour le dénoncer en décembre 2000.
"Coup médiatique"
Ce procès revêt une dimension particulière pour l'Eglise de France. L'évêque de Meaux, Mgr Albert-Marie de Monléon, "a décidé de se porter partie civile afin que l'Eglise puisse se trouver sur le banc des victimes", avait expliqué le mois dernier son avocat, Me Pierre-Olivier Sur. "Il veut montrer ainsi que l'Eglise est à côté de ceux qui souffrent, cela ne veut pas dire non plus qu'il est là pour accuser le prêtre, la partie civile n'est pas là pour poursuivre", avait-il fait valoir.
Me Guy Aurenche, avocat du curé, dénonce cette décision, "d'ailleurs juridiquement sans doute irrecevable", selon lui. "Le diocèse a tort de s'engager judiciairement aux côtés de ceux et celles qui, avant la décision, estiment que le prêtre est fautif", a-t-il estimé. Me Yann Jaslet, avocat du garçon aujourd'hui âgé de 23 ans, voit pour sa part dans cette décision un "coup médiatique". "C'est il y a cinq ans que ce garçon avait besoin de l'Eglise, pas aujourd'hui. Or en cinq ans il n'y a pas eu le moindre contact entre les autorités religieuses et mon client". L'un des enjeux du procès sera d'établir la culpabilité du prêtre alors que celui-ci entend continuer de nier les accusations qui sont portées contre lui.
(D'après agence)
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