Habib Mezaoui est jugé pour le sanglant braquage d'une banque à Cergy en 2001 © DRIl risque la perpétuité ou... l'internement psychiatrique. Habib Mezaoui, l'auteur présumé du braquage sanglant d'une Caisse d'épargne de Cergy comparaît depuis lundi devant les Assises du Val-d'Oise pour "vols avec violences ayant entraîné la mort" et "séquestration d'otages". Habib Mezaoui est accusé d'avoir le 11 août 2001 en début de matinée, alors qu'il était déguisé en femme, pris en otages employés et clients de la Caisse d'épargne du centre commercial des Trois Fontaines de Cergy, avant d'abattre par balles le directeur et un conseiller financier. Une échappée sanglante avait suivi au cours de laquelle un homme avait été tué et six personnes blessées. Le malfaiteur présumé avait ensuite disparu dans une base de loisirs et regagné son domicile en taxi. Plusieurs témoignages, dont celui du chauffeur de taxi, avaient permis son arrestation par le Raid le lendemain.
Le hold-up meurtrier, filmé par les caméras de télévision postées devant l'agence, avait suscité l'émoi dans toute la France dans un contexte marqué par une hausse générale de la délinquance et l'augmentation des vols à main armée, notamment en région parisienne. Quelque mille personnes s'étaient rassemblées devant la caisse d'épargne pour rendre hommage aux victimes du braquage.
Les "dysfonctionnements" de la police
Déterminé, Mezaoui n'avait pas hésité à sauter par une fenêtre du troisième étage moins de 48 heures après son arrestation, pour tenter d'échapper à la police judiciaire qui l'interrogeait à Cergy. Français d'origine tchadienne, il avait travaillé pendant quelques mois à la Caisse d'épargne des Trois Fontaines, avant d'en être licencié pour avoir détourné des comptes de clients.
Habib Mezaoui est jugé alors que deux des trois expertises psychiatriques réalisées depuis les faits notent "une abolition" partielle ou totale de son "discernement" et concluent que l'auteur présumé n'est "pas accessible à une sanction pénale". Un rapport du directeur départemental de la sécurité publique du Val-d'Oise avait pointé quelques jours après les faits des "dysfonctionnements" des services de police. Un haut responsable de la police regrettait ainsi que la police judiciaire n'ait pas demandé à temps l'intervention du Raid. Le verdict est attendu vendredi.
(D'après agence)
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