Quatre mois de prison pour un vol de viennoiseries

le 18 octobre 2006 à 21h05 , mis à jour le 18 octobre 2006 à 21h29

Quatre jeunes hommes ont été condamnés mercredi par le tribunal de Grenoble à 4 mois de prison, dont 3 avec sursis, pour un vol dans une boulangerie.

Palais de Justice Procès DroitImage d'archives © TF1

Les viennoiseries leur ont coûté cher. Le tribunal correctionnel de Grenoble a condamné mercredi quatre jeunes hommes à une peine de quatre mois de prison dont trois avec sursis pour un vol dans une boulangerie, filmé par des caméras de surveillance. La peine a été assortie d'une obligation de travailler. "Le tribunal a le sentiment que si vous étiez occupés à travailler dans la journée, vous n'auriez pas commis ces faits", a déclaré le président du tribunal avant d'ajouter que comme ils avaient fait 26 jours de préventive, ils sortiraient de prison dans quatre jours.

Les quatre prévenus, tous déjà condamnés plusieurs fois dont deux très lourdement, avaient refusé d'être jugés en comparution directe le 22 septembre. Ils avaient été placés en détention provisoire à la demande du parquet estimant qu'il y avait un risque de pressions contre les témoins et de rétorsion sur le boulanger. Un cinquième jeune homme, laissé en liberté, a écopé de quatre mois de prison avec sursis.

"Les commerces ferment"

Le procureur de la République, Christophe Vivet, avait réclamé contre les 4 principaux prévenus des peines de prison allant de 4 mois, dont deux mois avec sursis, à 8 mois de prison ferme. "Ces réquisitions ne sont pas prises en fonction des objets volés, des viennoiseries d'un montant inférieur à 50 euros, mais à cause des circonstances et des conséquences sur la vie d'un quartier", a-t-il dit, en l'occurrence le quartier HLM de la Villeneuve à Grenoble"les commerces ferment pour cause de délinquance les uns après les autres".

Le film non-sonore, projeté à l'audience, montre les jeunes gens se présentant à 6h30 le 17 septembre à la boulangerie après une fête, se servant dans les rayons, l'un gesticulant et frappant le comptoir, un autre renversant du coca qu'il juge tiède sur la main d'un boulanger. Il n'y a pas de coups, mais la peur de la vendeuse et du boulanger face à ces hommes sont palpables.

"Pression morale"

La vendeuse a refusé de témoigner. Le boulanger a refusé de signer sa déclaration par peur des représailles mais le procureur a lu sa déclaration initiale : "C'est la pression morale que ces jeunes exercent sur la totalité de mes employés qui n'est plus tolérable".

Les jeunes gens ont majoritairement reconnu les vols, expliqué qu'ils avaient bu mais estimé leur présence dans le box des accusés disproportionnée par rapport au délit. "On n'a pas attaqué la banque de France", a dit l'un d'eux. Les avocats de la défense ont ramené l'affaire à une histoire d'incivilités. L'un d'entre-eux, Claude Coutaz, a estimé que "le ministère public fais(ait) le jeu du délire sécuritaire actuel".

D'après agence

le 18 octobre 2006 à 21:05
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