Le juge Bernard Borrel © TF1-LCI/DRMe Olivier Morice, avocat de la famille du juge Bernard Borrel, dénonce "une obstruction systématique du parquet dans la recherche de la vérité" après les réquisitions du parquet de Paris, qui a estimé qu'il n'y avait pas lieu, en l'état du dossier, de délivrer des mandats d'arrêt à l'encontre des deux principaux suspects de l'assassinat du juge.
"Le parquet général de Versailles s'était déjà opposé à la délivrance de mandats d'arrêt à l'encontre du procureur et du chef des services secrets de Djibouti. Pourtant, la cour d'appel a délivré ses mandats d'arrêt (pour une éventuelle "subornation de témoins, ndlr)", rappelle l'avocat. "Il y a dans ce dossier des charges accablantes contre les deux personnes mises en cause par le juge d'instruction (deux repris de justice: Awalleh Guelleh et Hamouda Hassan Adouani, ndlr) et Mme Borrel est confiante sur la décision que prendra la juge Sophie Clément, magistrate indépendante qui n'est pas tenue par les réquisitions du parquet", a-t-il conclu.
Que dira la juge Sophie Clément?
La juge d'instruction parisienne Sophie Clément avait transmis jeudi au procureur de la République une demande de réquisition concernant la délivrance de deux mandats d'arrêt visant les deux repris de justice suspectés d'être impliqués dans l'assassinat du juge. Le parquet a pris ses réquisitions le 4 octobre et les a aussitôt transmises à la magistrate qui est libre de les suivre ou non. Pour l'heure, la juge Clément n'a pas encore fait connaître sa décision au parquet.
La magistrate souhaite notamment pouvoir comparer les empreintes génétiques des deux suspects à celles, jusqu'alors inconnues, retrouvées sur le short du magistrat assassiné. Mais les deux hommes sont actuellement en fuite.
Justice "pas excellente" dans ce dossier
Pour le parquet de Paris, la délivrance des deux mandats d'arrêt serait prématurée. Dans ses réquisitions, il note que la juge Clément a mandaté en juillet la gendarmerie pour effectuer des recherches afin d'obtenir l'ADN des deux suspects. Or, ces investigations sont toujours en cours, note le parquet, pour qui il apparaît souhaitable d'attendre le résultat des recherches et la confirmation que l'ADN retrouvé sur le short du juge est bien celui des suspects, avant de délivrer des mandats d'arrêt à leur encontre.
Le procureur de la République de Paris, Jean-Claude Marin, a affirmé mercredi que le parquet n'avait en aucune manière l'intention de faire "obstruction" à l'enquête sur l'assassinat du juge Borrell. "Nous ne sommes pas du tout dans la position de retarder l'enquête (...). On n'est pas là pour protéger des assassins", a expliqué le procureur. "Mme Borrel a le droit de dire que les choses ne vont pas assez vite, de vouloir connaître la vérité sur la mort de son mari", a reconnu le magistrat en concédant que "la justice n'a pas été excellente dans ce dossier". "C'est un crime commis à l'étranger et les conditions d'investigation étaient difficiles", a-t-il justifié.
D'après agence
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