La révolte d'un avocat

le 10 octobre 2006 à 21h14 , mis à jour le 11 octobre 2006 à 20h48

Le parquet de Paris estime "prématuré" de délivrer des mandats d'arrêt. L'avocat de la famille Borrel dénonce "une obstruction systématique dans la recherche de la vérité".

TF1-LCI/DR Le juge Bernard BorrelLe juge Bernard Borrel © TF1-LCI/DR

Me Olivier Morice, avocat de la famille du juge Bernard Borrel, dénonce "une obstruction systématique du parquet dans la recherche de la vérité" après les réquisitions du parquet de Paris, qui a estimé qu'il n'y avait pas lieu, en l'état du dossier, de délivrer des mandats d'arrêt à l'encontre des deux principaux suspects de l'assassinat du juge.

"Le parquet général de Versailles s'était déjà opposé à la délivrance de mandats d'arrêt à l'encontre du procureur et du chef des services secrets de Djibouti. Pourtant, la cour d'appel a délivré ses mandats d'arrêt (pour une éventuelle "subornation de témoins, ndlr)", rappelle l'avocat. "Il y a dans ce dossier des charges accablantes contre les deux personnes mises en cause par le juge d'instruction (deux repris de justice: Awalleh Guelleh et Hamouda Hassan Adouani, ndlr) et Mme Borrel est confiante sur la décision que prendra la juge Sophie Clément, magistrate indépendante qui n'est pas tenue par les réquisitions du parquet", a-t-il conclu.

Que dira la juge Sophie Clément?

La juge d'instruction parisienne Sophie Clément avait transmis jeudi au procureur de la République une demande de réquisition concernant la délivrance de deux mandats d'arrêt visant les deux repris de justice suspectés d'être impliqués dans l'assassinat du juge. Le parquet a pris ses réquisitions le 4 octobre et les a aussitôt transmises à la magistrate qui est libre de les suivre ou non. Pour l'heure, la juge Clément n'a pas encore fait connaître sa décision au parquet.

La magistrate souhaite notamment pouvoir comparer les empreintes génétiques des deux suspects à celles, jusqu'alors inconnues, retrouvées sur le short du magistrat assassiné. Mais les deux hommes sont actuellement en fuite.

Justice "pas excellente" dans ce dossier

Pour le parquet de Paris, la délivrance des deux mandats d'arrêt serait prématurée. Dans ses réquisitions, il note que la juge Clément a mandaté en juillet la gendarmerie pour effectuer des recherches afin d'obtenir l'ADN des deux suspects. Or, ces investigations sont toujours en cours, note le parquet, pour qui il apparaît souhaitable d'attendre le résultat des recherches et la confirmation que l'ADN retrouvé sur le short du juge est bien celui des suspects, avant de délivrer des mandats d'arrêt à leur encontre.

Le procureur de la République de Paris, Jean-Claude Marin, a affirmé mercredi que le parquet n'avait en aucune manière l'intention de faire "obstruction" à l'enquête sur l'assassinat du juge Borrell. "Nous ne sommes pas du tout dans la position de retarder l'enquête (...). On n'est pas là pour protéger des assassins", a expliqué le procureur. "Mme Borrel a le droit de dire que les choses ne vont pas assez vite, de vouloir connaître la vérité sur la mort de son mari", a reconnu le magistrat en concédant que "la justice n'a pas été excellente dans ce dossier". "C'est un crime commis à l'étranger et les conditions d'investigation étaient difficiles", a-t-il justifié.

D'après agence

le 10 octobre 2006 à 21:14
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6 Commentaires

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  • Farfadet, le 11/10/2006 à 18h19

    Une pensée émue pour Mme Elisabeth borrel.....

  • Ségo, le 11/10/2006 à 14h21

    Il me paraît évident qu'il y a des informations que nous (et meme la presse,surement) ne possédons pas et que les intérêts de réseaux surpuissants sont en jeu et ont pris le dessus sur ce crime crapuleux.Il y a là volonté évidente de cacher la vérité et de protéger les criminels.Seuls les services secrets détiennent la vérité et le pouvoir.Tout cela est bien sombre pour nous pauvres gens d'en bas...

  • Bidou, le 11/10/2006 à 10h32

    Une affaire pourrie politiquement comme celle-ci ne peut déboucher que devant des instances internationales. La laisser en France, c'est un peu comme si on demandait à Poutine de faire une enquête objective sur la mort de la journaliste russe.

  • Pierre, le 11/10/2006 à 08h41

    Et on ose parler d'independance de la justice alors que toute cette affaire est pilotee (et donc etouffee) par la chancellerie. Ca suffit ces magouilles nauseabondes

  • Vastre, le 11/10/2006 à 05h05

    Je ne comprends pas pourquoi TF1 s'entête à placer dans la rubrique "justice" une affaire éminemment politique. On a bien compris que le juge Borel a été sacrifié sur l'autel des bonnes relations avec une ancienne colonie française. Celà ne grandit ni l'Etat français ni ses dirigeants, mais les nécessités de la politique étrangère justifient la mort de quelques citoyens. On retiendra de cette affaire que la justice est à la botte du pouvoir politique, contrairement à ce que celui-ci prétend.

  • Vastre, le 11/10/2006 à 04h45

    La guerre interne des magistrats français leur enlève toute crédibilité. Le monde entier juge très durement notre justice. Mérite-t-elle autre chose ?

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