Ségolène Royal lors d'une Fête de la Rose à Guingamp, dans les Côtes d'Armor, le 1er octobre 2006 © TF1/LCI"Coïncidence?", se demande Ségolène Royal, qui s'est déclarée "surprise" dimanche par la polémique autour du rôle d'un de ses frères, ancien de la DGSE, dans l'affaire du Rainbow Warrior, se demandant si elle était "justifiée ou si c'est une peau de banane". "Je suis un peu surprise de cette polémique juste au lendemain de ma déclaration de candidature", a déclaré la députée des Deux-Sèvres, en marge d'une Fête de la Rose à Guingamp, dans les Côtes d'Armor.
Un peu plus tôt, c'est son porte-parole, Arnaud Montebourg, qui avait déclaré que la candidate à l'investiture socialiste n'avait "aucune information sur cette histoire", conseillant aux uns et aux autres de s'adresser "au ministère de la Défense".
Le frère cadet de Ségolène Royal, Antoine Royal, avait assuré vendredi dans le Parisien qu'un de leurs frères, Gérard, lui avait affirmé avoir "posé la bombe" sur le Rainbow Warrior, le navire de Greenpeace coulé par des agents français en 1985 à Auckland. Dimanche, un spécialiste, qui a connu les protagonistes français de cette opération, a déclaré, sous couvert d'anonymat, que Gérard Royal n'avait pas posé la bombe.
"Deux genres de terroristes"
"Greenpeace Nouvelle-Zélande a estimé que ces déclarations étaient comme si"on frottait du sel sur la plaie". L'organisation a cependant dit ne nourrir que peu d'espoir sur de nouvelles actions policières. "Il semble qu'il y ait deux genres de terroristes ces jours-ci, les terroristes d'Etat étant ceux qui s'en sortent", a déclaré la directrice exécutive de l'organisation dans le pays, Bunny McDiarmid.
L'organisation a démenti des informations de presse selon lesquelles Greenpeace avait appelé le gouvernement de Nouvelle-Zélande à demander l'extradition de Gérard Royal et à l'inculper de meurtre. "Nous avons déjà essayé l'extradition et cela n'avait servi à rien à l'époque -- et ça le serait maintenant", a déclaré Mme McDiarmid. Selon Antoine Royal, son frère Gérard avait réussi à échapper aux autorités néo-zélandaises, contrairement au faux couple des agents Turenge qui a été interpellé.
Réouverture de l'enquête?
Ces révélations ont conduit la police néo-zélandaise a vouloir réexaminer le dossier du sabotage du navire de Greenpeace coulé en 1985 par des agents français. Une porte-parole de la police a cependant précisé qu'il était encore trop tôt pour dire si ce nouvel examen mènerait à une réouverture de l'enquête ni quelle action éventuelle pourrait être prise.
Dans la nuit du 9 au 10 juillet 1985, le Rainbow Warrior, saboté par des agents secrets français, coulait dans le port néo-zélandais d'Auckland, entraînant la mort d'un photographe qui était à bord du bâtiment. Cette affaire a été l'un des plus gros scandales politico-diplomatiques de la première présidence de François Mitterrand. Le navire avait été coulé par deux mines alors qu'il allait entamer une campagne de protestation contre les essais nucléaires français sur l'atoll de Mururoa, en Polynésie. Deux agents de la DGSE, les "faux époux Turenge" (le commandant Alain Mafart et le capitaine Dominique Prieur), avaient été interpellés peu après par la police néo-zélandaise.
Me Daniel Soulez-Larivière, avocat choisi par la France pour défendre les "faux époux Turenge", a qualifié la mise en cause de Gérard Royal dans cette opération de "non-affaire".
D'après agence
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